Dir. de Publication - Publisher
: Pius NJAWE
Douala, Cameroun
A Weekly
Electronic Publication of the GMM Group - Hebdo
electronique publié par le groupe GMM
Kora 2003
Duel Cameroun-Congo
à Sun City Danielle NOMBA
Belle bataille en perspective
en Afrique centrale.
Une fois n’est pas coutume, le Cameroun sera assez
bien représenté à l’édition
2003 des Kora, en Afrique du Sud. Cette année,
le pays de Manu Dibango compte cinq représentants
pour le moment Pour trois catégories sur la vingtaine
que comptent les Kora: meilleur artiste de l’Afrique
centrale, meilleur groupe espoir d’Afrique et meilleur
vidéo clip africain (en attendant de connaître
les nominés dans les catégories Prix spécial
du jury, Révélation de l’année,
Meilleur vidéo clip, Diaspora, Meilleur artiste
africain de la diaspora - femmes , Meilleur artiste
africain de la diaspora-hommes).
Alors que Douleur est le seul Camerounais mis en compétition
dans la catégorie meilleur vidéo clip
africain, ses compatriotes et lui se taillent 4 nominés
sur les 10 en lice pour le meilleur artiste de l’Afrique
centrale. Leurs atouts sont, pour beaucoup, indéniables.
Pour faire la fête, côté musique
populaire, d’ambiance, Papa Zoe (Totale ambiance), Douleur
(Gloire aux femmes) et Edgar Yonkeu (Allo allo)
devraient donner le change. Papa Zoe, avec son premier
album solo, a su conquérir une bonne frange de
Camerounais et d’Africains, de manière plutôt
aisée pour un coup d’essai. Car papa Zoe est
loin d’être un novice. Lui a roulé sa bosse
avec bon nombre de chanteurs camerounais a mûri
son art; au point que certains n’hésitent pas
à le présenter comme celui qui reprendra
le flambeau du défunt Kotto Bass. Ne lui donnait-il
pas déjà la réplique, de son vivant?
Quant à Douleur, “mambo mese ma dodi» (tout
est au beau fixe) pour lui. En une vingtaine d’années
de carrière, de son propre aveu, il n’a jamais
connu le rayonnement auquel il goutte depuis Armaggeddon.
Le dernier Camerounais de la catégorie, et pas
le moindre, apparaît comme le trouble-fête
de la bande. Un chanteur de jazz au milieu du makossa
ambiant des autres. Mais Gino Sitson (qui décolle
au Cameroun avec Vocal deliria) n’est pas un enfant
de chœur (même si sa musique consiste essentiellement
en des exercices vocaux formidables). Pas si populaire
que cela en Afrique, Gino Sitson est pourtant un chanteur
accompli, et peut-être le meilleur des Camerounais
de Sun City. Aux Kora, il pourrait bien démontrer
qu’il n’est pas classé parmi les dix meilleurs
disques de jazz, par le New York Times, pour rien.
La réplique qui vient du Congo
Les challengers des Camerounais, pour la catégorie
du meilleur artiste d’Afrique centrale, viennent quasi-exclusivement
du Congo démocratique. Et ne sont pas des moindres.
En tête de liste, apparaît Pierrette Adams
dont la réputation n’est plus à établir.
Mais pourra-t-elle anesthésier ses concurrents?
Là c’est une autre affaire, et il n’est pas dit
que ses compatriotes lui feront la part belle. Werrason
n’a pas dit son mot. Pas plus que les phénix
qui renaissent de leurs cendres. Mbilia Bell et Bozi
Boziana sont de ceux-là. La première a,
avec elle, toute la maturité et l’expérience
que confère une vie passée dans la musique,
avec succès.
On pourrait également les classer dans la catégorie
de vieux chevaux de retour, même si elles connaissent
moins de succès international avec leurs dernières
galettes que les précédentes. Quand on
s’appelle Tshala Muana et Yondo Sister, on a toujours
plus d’un tour dans son sac. Dans sa gibecière
pour les Kora, Tshala a mis Malu, et Yondo pas
moins que le Fbi. La reine du mutuashi a beau avoir
la couronne peu reluisante en ce moment, elle n’est
est pas moins reine. Alors…
Aux Kora, tout ne se joue pas dans la catégorie
du meilleur artiste de l’Afrique centrale pour les Camerounais.
Si l’on peut se permettre de ne pas se faire trop d’illusions
sur Douleur pour le meilleur vidéo-clip africain,
il n’en est pas de même pour Macase. Nominée
pour le meilleur groupe africain, la bande à
Corry est loin d’être négligeable. Sa musique,
essentiellement métissage de rythmes et de langues
aussi bien camerounais que d’autres pays d’Afrique,
est un bijou qui devrait briller de tout son éclat
à Sun City. Les dés sont jetés,
au Cameroun de tirer son épingle du jeu.