Dir. de Publication - Publisher
: Pius NJAWE
Douala, Cameroun
A Weekly
Electronic Publication of the GMM Group - Hebdo
electronique publié par le groupe GMM
Programme
économique et financier triennal
Le gouvernement
en état de crise Richard TOUNA
Le Premier ministre a tenu mercredi 5 mars un conseil
de cabinet. Pour mettre ses ministres en ordre de bataille.
Une réunion cruciale est prévue avec les
bailleurs de fonds le 14 mars.
Yaoundé vit à l'heure du Fmi et de la
Banque Mondiale. Edouard Maciejewski, le chef de la
mission de la 4e revue du programme économique
et financier est arrivé au Cameroun jeudi.
Il trouve un gouvernement entièrement mobilisé
pour l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative
Ppte. Depuis le 27 février, les experts camerounais
en charge du dossier ont perdu le sommeil. Tant la délégation
venue de Washington cherche à comprendre les
raisons des blocages qui retardent le bouclage de l'élaboration
du Document de Stratégie de Réduction
de la Pauvreté (Dsrp) et la mise en œuvre des
réformes structurelles comme la création
des nouvelles institutions. Des sources proches du dossier
ont confirmé au Messager jeudi que le projet
de loi sur la Chambre des comptes sera acheminé
à l'Assemblée nationale au cours de cette
session. Bien plus, le gouvernement aura une réunion
avec les bailleurs de fonds le vendredi 14 mars pour
une dernière évaluation du Dsrp avant
son acheminement à la fin du mois aux conseils
d'administration du Fmi et de la Banque Mondiale.
Il subsiste cependant encore des divergences entre les
experts camerounais et ceux du Fmi sur le cadrage macro-économique
de ce document. Le Fmi semble ne pas comprendre
les projections de croissance formulées par l'équipe
camerounaise qui s'appuie sur la capacité des
Camerounais à produire la richesse. "A moyen
terme, il s'agira de rechercher une croissance du Pib
réel d'au moins 6 % à partir de 2004/2005,
ce qui permettra une augmentation du Pib réel
par tête d'environ 3 à 4 %, minimum requis
pour une réduction sensible de la pauvreté
dans un pays où le taux de croissance démographique
est de 2,9 %. Pour soutenir ce niveau de croissance,
des mesures sont prises pour porter le taux d'investissement
de 18 % de Pib en 1999/2000 à 19,8 % en 2003/2004
et le taux d'épargne intérieure à
19 % du Pib, au cours de la même période".
Ce point 114 du Dsrp est donc en débat. La concertation
du 14 mars sera l'occasion d'aplanir les divergences.
Ce devra être l'occasion pour le Cameroun de démontrer
qu'il est maître de la conception de ce Dsrp.
Conjurer les démons de l'attentisme
Peter Mafany Musongè qui doit envoyer une nouvelle
lettre d'intention au Fmi à la fin de ce mois
a convoqué mercredi 5 mars (10 mois après
le dernier conseil qui date du 29 mai 2002), un conseil
de cabinet pour engager son gouvernement à se
mobiliser pour la nécessaire atteinte du point
d'achèvement de l'initiative Ppte à l'horizon
de mars 2004. Une préoccupation devenue obsessionnelle
pour un gouvernement dont les balbutiements dans le
pilotage de certaines réformes ont fini par laisser
prospérer des doutes sur sa capacité à
conduire le programme. Paul Biya qui ne souhaite pas
laisser l'impression qu'il est agi de Washington, a
donné quitus à Musongè de rappeler
ses troupes à l'ordre au moment où
des rumeurs tenaces incitent à la formation d'un
nouveau gouvernement. Le conseil de cabinet de mercredi
dernier vient, comme pour conjurer cette perspective
de réajustement de l'équipe gouvernementale,
en réinstallant Musongè dans sa légitimité
de capitaine d'une équipe qui ne brille pas toujours
par sa cohésion. D'où le rappel par Musongè
à ses ministres des principes essentiels qui
régissent le travail gouvernemental à
savoir "le respect du caractère collégial
et hiérarchisé du Gouvernement, la solidarité
gouvernementale, l'obligation d'informer la haute hiérarchie
du gouvernement et de l'Etat et l'opinion publique".
Un travail d'information que le gouvernement s'est engagé
à entreprendre, de concert avec le Fmi et la
Banque Mondiale, en allant expliquer, aux députés
au cours de cette session parlementaire, les enjeux
d'un programme économique et financier dont les
retombées auprès des populations, sous
forme de projets Ppte restent un serpent de mer.
Il a été demandé à Meva'a
Meboutou de débloquer les fonds pour l'exécution
effective de ces projets, pour rendre l'espoir…