Dir. de Publication - Publisher
: Pius NJAWE
Douala, Cameroun
A Weekly
Electronic Publication of the GMM Group - Hebdo
electronique publié par le groupe GMM
Le ridicule
ne tue plus T.N.
L’intervention de Joseph Aoudou, loin de rassurer,
est venue en rajouter à la confusion. La sortie
du ministre sur l’augmentation des tarifs de vente d’électricité
a surpris. Ce qu’il considère comme un ajustement
statutaire des prix par Aes Sonel a bien défrayé
la chronique la semaine dernière. L’on a encore
en mémoire la fameuse passe d’armes entre les
directions générales de l’Arsel et de
Aes Sonel au sujet de cette augmentation. Le communiqué
y relatif, publié par Pierre Ndouga Hell, le
directeur général de l’Arsel, atteste
assez de l’ampleur de la divergence de vues. La surprise
est d’autant grande qu’aucune hausse des tarifs (quelle
que soit sa nature) n’avait été envisagée
à l’annonce des délestages, en fin d’année
dernière.
Par ailleurs, la confirmation d’un retour à la
normale des ravitaillements du pays en produits pétroliers
laisse sans voix. Jusqu’à ce jour, l’approvisionnement
en produits pétroliers est problématique.
Malgré l’annonce tonitruante - et récurrente-
de l’arrivée d’une importante cargaison de produits
pétroliers, la crise énergétique
couve. Elle persiste. Le pétrole lampant est
devenu aujourd’hui un produit de luxe, visible sporadiquement.
Il s’achète par conséquent à prix
d’or : 500 à 800Fcfa le litre, selon qu’on est
en ville ou en campagne.
Une pénurie qui dément Jean Baptiste Nguini
Effa. Le patron de la Société camerounaise
de dépôts des produits pétroliers,
le 13 janvier dernier, annonçait la fin des tensions
(minimisant la pénurie) dans l’approvisionnement
desdits produits à la fin du mois de janvier.
Malgré l’utilisation des stocks stratégiques
qui restent par ailleurs à garantir selon
Joseph Aoudou- et le débarquement des bateaux
de pétrole, à la mi-janvier, la situation
reste des plus préoccupantes. Et la précarité
a fini par gagner les autres types de produits. Les
tentatives d’assurance données par le directeur
général de la Caisse de stabilisation
des prix des hydro - carbures laissent de marbre. Chaque
consommateur essaie, dans la mesure du possible, de
procéder à des enlèvements massifs,
selon l’expression consacrée. Dans le secteur
gazier, la situation n’est guère enviable. L’approvisionnement
à dose homéopathique est de rigueur. Alors
que les autorités en charge de cette question
ont décrété la fin des pénuries.
Le rapport accuse
Les mesures conservatoires prises par le gouvernement,
sur la base du rapport d’un comité ad hoc chargé
d’enquêter sur les carburants à fortes
odeurs, distribués en novembre dernier, démontre
assez de la mafia à laquelle se livre l’ensemble
des acteurs de la filière. En effet, la pourriture
gangrène toute la filière : des membres
en charge des analyses des produits et des adjudications
des marchés jusqu’aux personnalités prenant
part aux dépouillements des offres dans les différents
secteurs, en passant par les prestataires de services.
Ici, les intérêts particuliers ont fini
par prendre le pas sur l’intérêt général.
Dans un tel contexte, la gestion prévisionnelle
des stocks ou l’anticipation des solutions efficaces
en cas de crise (comme c’est actuellement le cas) sont
relégués au second plan. Dès lors,
seul un remède de cheval s’impose. Notamment
le limogeage des différents responsables des
secteurs des mines, de l’eau et de l’énergie,
et la mise sur pied d’une commission spéciale
capable de trouver efficacement des solutions urgentes
aux problèmes qui se posent. En attendant, bien
sûr, la réorganisation de fond en comble
des secteurs. Le mal est plus profond qu’il n’y paraît.
A bon entendeur…