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Publication - Publisher : Pius NJAWE Douala, Cameroun |
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Arsel Le pays est dans le noir. Aes-Sonel dicte sa loi. L’agence de régulation prend la défense des intérêts de la société d’électricité. Contre les consommateurs. Rien n’a véritablement changé, dans le secteur de l’électricité au Cameroun, malgré la création de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel) par la loi n° 98/022 du 24 septembre 1998 et la privatisation de la Sonel le 18 juillet 2001. La situation, à l’observation, aurait même empiré. La qualité du service offert en matière d’électricité, contre toute attente, a pris un sérieux coup depuis l’arrivée de la multinationale américaine Aes-Sirocco. Aujourd’hui par exemple, la capitale Yaoundé vit un cauchemar avec des délestages. La ville de Douala quant à elle est au régime depuis décembre dernier. Ces coupures intempestives d’énergie électrique s’accompagnent, c’est le cas de la signaler, de conséquences néfastes: les appareils électro-ménagers sont abîmés, on assiste à des incendies ici et là, les élèves n’arrivent plus à étudier leurs leçons, les malfrats multiplient les cambriolages dans les domiciles, etc. Sans compter que la privation intempestive d’électricité cause un énorme manque-à-gagner aux opérateurs économiques, alors même que les tarifs d’énergie électrique devront aller croissants sur une période de cinq ans. Officiellement, Aes-Sonel justifie ces innombrables coupures d’énergie électrique par les décrues et le renouvellement des installations. Seulement, le programme de délestage auquel elle procède se déroule dans le mépris total des usagers. Dans une mise en demeure adressée le 14 mars au directeur général de Aes-Sonel, l’association pour la protection des consommateurs et de l’environnement (Approce) que dirige Me Jean de Dieu Momo dénonce ce mépris. “Des quartiers se retrouvent plongés dans le noir tous les jours de la semaine pendant que d’autres ne connaissent aucun délestage. A titre indicatif, depuis le 6 mars 2002, le quartier Ndogbong (Douala) est privé de lumière toute la nuit alors que de par le programme annoncé de délestage pour la période du 1er au 15 mars 2002, ce quartier ne devrait subir aucune interruption d’énergie électrique les 02, 06, 09, 12 et 15 mars 2002. Presque toute la ville de Douala a subi une coupure de lumière une bonne partie de la nuit du 13 mars 2002. Cette attitude hautement frustrante crée un déséquilibre et une injustice entre les consommateurs et en définitive dépourvoit de son intérêt ce délestage imposé dont on ne maîtrise pas les contours ni l’issue”, note l’Approce qui rappelle à juste titre que “la tolérance du consommateur vis-à-vis du délestage ne doit pas s’analyser en une renonciation à revendiquer les droits attachés à sa qualité de consommateur”. Noir
Cet impressionnant tableau noir n’émeut pas outre mesure le régulateur du secteur de l’électricité. L’Agence de Régulation du Secteur de l’Electricité ne trouve que des circonstances atténuantes au seul opérateur de ce secteur des services. Elle monte d’ailleurs régulièrement au créneau pour défendre l’Aes-Sonel. On a encore en mémoire l’épisode de la dernière hausse des prix, intervenue dans un contexte délicat à savoir le lancement des délestages sur toute l’étendue du territoire national. D’où la perplexité avec laquelle les missions et l’objet de l’Arsel sont perçus. La problématique de son action réside justement des difficultés de concilier les obligations du cahier (Etat-Aes-Sonel) et les intérêts du consommateur. Cette double sollicitation ne va pas sans problèmes. Les consommateurs se plaignent de l’attitude jugée moins regardante à l’égard de l’Arsel. Bien plus, l’Arsel ne s’assure pas efficacement du respect de la régulation en vigueur. En effet, la réorganisation du secteur de l’électricité prévoit plusieurs prestations de service : la production de l’énergie électrique, son transport, et sa distribution. Chaque opérateur du secteur doit travailler dans un créneau précis; et le mélange des genres n’est pas toléré. Or l’Aes-Sonel continue imperturbable d’assurer les prestations dans ces différents domaines. Et ce, au vu et au su de tous.
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