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Dir. de
Publication - Publisher : Pius NJAWE Douala, Cameroun |
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Déçu
par le marché On y déterre les caféiers pour cultiver les bananes. Comme tous les matins, le vieux Essoube, la soixantaine largement entamée,
arpente la ruelle sinueuse et cahoteuse qui mène à sa plantation
située dans les confins du quartier 8. Dans un porte-tout qu’il
traîne sans grande peine, sont rangées des jeunes pousses
de bananes-plantains. De temps en temps, il esquisse un sourire narquois
pour répondre aux salutations des passants qui lui adressent un
“ Bonjour Café man ”. Pourtant, l’homme ne se reconnaît plus
dans ce pseudonyme. ”Je ne suis plus l’homme du café. Le café
m’a déçu. Vous verrez que dans ma plantation, j’ai déjà
déterré plus de la moitié de mes caféiers”,
fulmine-t-il. Des paroles plutôt extraordinaires venant de ce planteur
de café connu et respecté dans la ville de Nkongsamba
et propriétaire de 15 ha. Vigoureusement frappé par la chute
des prix et la désorganisation du secteur, il s’est lancé
dans la culture des bananes plantains, délaissant ainsi le café
qui lui a pourtant donné sa réputation. “On m’a
surnommé ainsi parce que j’étais un très grand
planteur de café. Ensuite, mon champ était très bien
entretenu ce qui m’attirait beaucoup d’admiration de la population ”. Sa
vaste plantation de café est aujourd’hui un melting pot de produits
vivriers. Des centaines de plants de caféiers arrachés s’amoncellent
dans un recoin, destinés au bois de chauffage. ”Quand le prix
du café a commencé à baisser à partir de 1987,
nous avons cru que c’était juste pour quelques temps. Nous ne nous
sommes pas découragés, nous avons continué de planter
le café, d’entretenir nos champs. C’est aujourd’hui que nous comprenons
que nous perdions notre temps, notre énergie mais surtout l’argent
que nous dépensions pour acheter l’engrais ”. Cette réflexion
entièrement partagée par les planteurs du Moungo justifie
le recul qui s’y observe au sujet de la culture du café. Pendant
la période glorieuse de cette culture en effet, plus de 80% de la
population du département du Moungo, ne vivait que de la culture
du café qui était alors vendu à prix d’or”. Moi je
vendais un sac de café à 40.000 f cfa et même plus!
A l’heure actuelle, le même sac me revient à 6.500 f cfa.
Sans compter qu’il faut acheter un sac d’engrais à 10.000 f cfa
”dit avec nostalgie Matiké planteur à Nkongsoung . Grand désordre
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