Dir. de Publication - Publisher
: Pius NJAWE
Douala, Cameroun
A Weekly
Electronic Publication of the GMM Group - Hebdo
electronique publié par le groupe GMM
La Presby
en lambeaux
Comme des
porcs autour de la mangeoire Jacques Doo Bell
Les jeunes Camerounais qui
roulent pour Paul Biya, président de la République
dans le cadre d'une association dénommée
Presby se chamaillent entre eux. La scission est si
grande que, l'on s'achemine vers l'éclatement.
Si ce n'est déjà pas le cas.
Philémon Ntyam Ntyam qui se présente
comme le fondateur et le président national de
la Presby (Jeunesse du président Biya) a donné
mercredi dernier 22 janvier un point de presse dans
un hôtel de Douala. Il s'agissait pour lui de
rappeler à l'assistance qu'il reste et demeure
le président national de ce mouvement qu'il a
créé le 20 janvier 1996 à Yaoundé
au plus fort d'un mouvement d'humeur dans le campus
universitaire.
Contrairement au motif annoncé dans les lettres
d'invitations adressées aux organes d'information,
à savoir "les préparatifs de la 37e fête
nationale de la jeunesse", le point de presse de Philémon
Ntyam Ntyam s'est vite révélé être
une riposte par rapport à une décision
prise le 17 janvier 2003 au cours d'une "réunion
extraordinaire d'urgence siégeant en lieu et
place du Conseil national inopérant" et qui l'a
débarqué de la Presby. Tout feu, tout
flamme, celui qui s'accroche comme un naufragé
sur une bouée de sauvetage vidait tout son saoul
sur les flibustiers qui veulent le débarquer
d'un strapontin qui, de l'avis de ses adversaires serait
son seul moyen de vivre. Pour lui "Alexis Nkoomoya et
sa bande" qui ont pris les commandes de la Presby à
l'issue de la réunion du 17 janvier à
Yaoundé ne sont que "de vulgaires faussaires
confondus et désavoués par les autorités
administratives et actuellement recherchés par
les forces de maintien de l'ordre".
De leur côté des partisans d'Alexis Nkomoya
égrènent allègrement le chapelet
des raisons qui ont motivé leur démarche
: "le non-respect des statuts, la caducité de
ces derniers, la gestion floue et unilatérale
du mouvement par son président national (Ndlr
: Philémon Ntyam Ntyam), la léthargie
des organes nationaux (conseil national, assemblée
générale, bureau national) et des organes
décentralisés, des multiples malversations
financières, arnaques, trafic d'influence du
président national qui ferait actuellement l'objet
d'un avis de recherche, le détournement des biens
alloués au mouvement par M. Ntyam Ntyam", etc.
Ces motifs et bien d'autres qui n'en finissent pas d'en
ajouter à l'image très sale du régime
ont donc déterminé une frange de la Presby
à sauver la barque en éjectant le président
qui a choisi Douala pour crier sa détresse et
jeter l'opprobre sur ses potes. Pour lui la réunion
qui l'a démis était anti-statutaire, c'est
pourquoi tout cela n'est que pipeaux. Seul le conseil
national peut le démettre, selon lui. Encore
que ce conseil national doit être appuyé
par une cinquantaine d'autres membres statutaires, 850
autres personnalités et d'autres instances encore.
En fait le point de presse donné à Douala
par Philémon Ntyam Ntyam était le deuxième
acte d'un feuilleton qui promet en péripéties
si Paul Biya n'arrête pas vite la fureur de ses
polissons qui flairent la présidentielle et ses
retombées dans l'escarcelle de ceux qui votent
pour lui et qui sont les pourvoyeurs des charters. D'ores
et déjà, pour ses 70 ans le 13 février
prochain, certaines entreprises sont interpellées
à contribuer pour au moins 20 millions de francs
chacune. Ce qui fait dire à certains que les
querelles dans la Presby ne sont que celles des larrons
en foire. Gare à vos caisses!