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Zimbabwe
Entre 2000 et 2001, les expropriations de fermiers blancs ont entraîné la mort de 40 personnes, en majorité... des Noirs. Par ailleurs, au Zimbabwe, les fermiers blancs emploient actuellement 750.000 ouvriers agricoles (en majorité noirs), qui font vivre environ 1,6 million de personnes. Pour le journaliste zimbabwéen Basildon Peta, le problème ne se situe donc pas en termes de Blancs ou de Noirs : en fait, les nés libres, cette génération de citadins noirs auxquels son gouvernement a donné la meilleure éducation dAfrique, sont plus nombreux à quitter le Zimbabwe que les Blancs, souligne-t-il. Il poursuit en tentant de voir dans lacharnement du président Mugabe envers les Blancs un règlement de comptes personnels : en 1966, Mugabe, alors en prison, apprenait par sa femme que son fils était mort du paludisme. Il supplia les autorités coloniales de le laisser enterrer son enfant, mais elles refusèrent ; une attitude qui le meurtrit à jamais. 2. Redistribution clientéliste des terres Le gouvernement de Robert Mugabe confisque plus de 4 millions dhectares de terres à partir de 1980. Au départ, les autorités dHarare sont aidées dans leur tâche par le Royaume-Uni qui investit 72 millions deuros avant de cesser ses versements affirmant que les terres ne sont pas redistribuées aux Zimbabwéens les plus pauvres. Lactiviste Margaret Dongo confirme : 270 des 400 propriétés achetées par le gouvernement zimbabwéen avec largent des compensations britanniques ont été redistribuées entre les membres de lélite de la Zanu-Pf, le parti du président Mugabe. Nouvelle désillusion avec le programme de redistribution de 1992 qui ne bénéficie quà quelques centaines de dignitaires du régime, dont le président de lAssemblée nationale et le ministre de la Défense... Certes, 5.000 fermes appartenant aux ex-colons britanniques sont passées aux mains de propriétaires noirs ces deux dernières années, mais à en croire plusieurs observateurs, le nouveau programme de redistribution des terres amorcé en 2000 ne serait pas différent de ses prédécesseurs : la plupart des fermes saisies ont été données à des officiers de larmée et à des fidèles du parti au pouvoir, insiste, début septembre, le journal sud-africain The Mail and Guardian. 3. La famine menace En mars 2002, le journaliste zimbabwéen Basildon Peta décrivait dans son pays une situation peu enviable. Après loccupation de plus de 1.500 exploitations agricoles en 2000, 400 entreprises manufacturières ont dû fermer leurs portes lan dernier (...). Selon le Programme alimentaire mondial, 1,8 million de tonnes de nourriture seront bientôt nécessaires dici à la prochaine récolte en 2003 pour venir à bout des graves problèmes de santé qui menacent près de 14 millions de personnes en Afrique australe, du fait de la pénurie alimentaire qui sévit dans la région. Rien quau Zimbabwe, les autorités dHarare estiment que 7,8 millions de personnes risquent dêtre touchées par la famine. La réforme agraire et les expropriations des fermiers blancs portent-ils à eux seuls la responsabilité du drame qui se prépare ? Le journaliste sud-africain George Monbiot ny croit pas. Selon lui, la plupart des fermiers blancs cultivent du tabac, tandis que 70% du maïs -laliment de base au Zimbabwé- produit par le pays lest par les petits exploitants noirs. Dautres jugent cependant suicidaire de se passer de ressources vitales -les exploitations agricoles représentent 42% des devises du pays- en ces temps de vaches maigres. La décision dordonner à près de 3.000 fermiers blancs darrêter de cultiver et de quitter leurs fermes en août 2002 est une renonciation complète de la responsabilité de lEtat de nourrir la population dans cette situation de crise alimentaire aiguë, dénonce le Mouvement pour le changement démocratique, principal parti dopposition. Quel Zimbabwe demain ? Après la réélection contestée de Mugabe en mars 2002, le pays a été suspendu pour un an du Commonwealth. Aujourdhui, le président zimbabwéen dénonce régulièrement les ingérence occidentales, mais il oublie que dans les années 60 et 70, le régime proche de lapartheid de Ian Smith, contre lequel il se battait, subissait de fortes pressions de la part de ce même Commonwealth... Le Zimbabwe pourrait donc avoir intérêt à sortir de son isolationnisme. Ainsi, lOccident se retrouverait obligé de reconnaître sa responsabilité dans les injustices de la terre et forcé daider au financement dun programme enfin juste de redistribution au Zimbabwe. Un vaste programme qui ferait la part belle aux petits exploitants de bonne volonté, parmi lesquels, pourquoi pas, quelques fermiers blancs, eux qui sont de plus en plus nombreux à émigrer vers le Mozambique, la Zambie, ou lOuganda, des pays qui ont un besoin évident de gens capables de produire de la nourriture quelle que soit leur couleur de peau, ironise The Zimbabwe Independent. |
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