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Douala, Cameroun
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Liberté de la presse
Mutations dans le collimateur de la police
Thierry Ndong


Des policiers s’improvisent en censeurs dans une rédaction de Yaoundé.



La police camerounaise confond-elle volontairement ses cibles? La question mérite d’être posée. Dans la matinée de mardi, une quinzaine d’éléments de la division provinciale de la police judiciaire pour le Centre a fait irruption au siège du journal Mutations, avec pour mission d’interpeller Haman Mana et Léger Ntiga. Le directeur de publication du quotidien privé et son collaborateur ont été successivement conduits au commissariat central, à la division provinciale de la police judiciaire et au service provincial de la Sûreté nationale pour le Centre.

Les deux journalistes ont été entendus par les commissaires divisionnaires Jean Joël Ondo et Roger Alexis Cham pour « trouble à la l’ordre public » . Les gros bonnets qualifient “d’acte de sabotage” la publication, dans l’édition de Mutations de ce mardi, d’une enquête sur le malaise qui prévaut actuellement dans la police camerounaise. “Vous êtes montés par des policiers mécontents. Mais votre plan a échoué”, ont déclaré en substance les collaborateurs de Minlo’o Medjo. A l’occasion, ils ne manqueront pas d’exprimer tout le mécontentement de leur patron par rapport à cet article de presse. Les deux hommes de presse ont ensuite été libérés en milieu de journée, non sans avoir été intimidés par des flics apparemment très ébranlés par la mise à nu des pratiques qui ont cours dans leur milieu.

Comme désormais de coutume, la confrérie s’est mobilisée pour dénoncer “avec la dernière énergie cet énième acte d’intimidation qui instruit davantage sur l’insécurité dans laquelle travaillent les journalistes camerounais. Le Club des journalistes solidaires du Cameroun saisit d’ailleurs cette occasion pour une mise au point: “les hommes en tenue ne sauraient ne sauraient se substituer au rédacteur-en-chef d’un journal, pour apprécier le choix des textes à publier. De plus, la protection des sources d’information demeure un principe sacré, et devra donc cesser d’être un objet de chantage permanent ou de persécution politique.”

Cet acte survient alors que les journalistes de la presse dite privée, accrédités pour la couverture des assises de la 71ème Assemblée générale de l’Organisation internationale de police criminelle (dont les travaux ont débuté depuis lundi dernier dans la capitale camerounaise), ont été interdits d’accès dans la salle de conférence du Palais des congrès.


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