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Dir. de
Publication - Publisher : Pius NJAWE Douala, Cameroun |
| A Weekly Electronic Publication of the GMM Group - Hebdo electronique publié par le groupe GMM |
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Témoignage Sournoisement, de nombreuses personnes se
sont lancées dans la pratique d'amaroli. Sans l'avis du corps médical.
Même si elles affirment que leur expérience est fructueuse,
les professionnels de la santé restent réservés par
rapport à cette thérapie. Omer M. Otabela affirme par exemple : "quand ma grand-mère qui a environ 80 ans aujourd'hui était mordue par un serpent au champ, elle buvait systématiquement ses propres urines. Ces urines devaient ralentir la progression du venin vers le coeur et lui permettre ainsi d'atteindre l'hôpital sans risque". Comme Omer, Serge Ngambo a vécu aussi une expérience d'utilisation de l'urine dans sa tendre enfance. "Un jour, je suis allé au champ et par mégarde, mon frère m'a coupé au pied avec une machette. La blessure était large. Il m'a porté au dos et quand on est arrivé à la maison, mon père m'a demandé d'uriner et c'est avec ces urines qu'on a lavé ma plaie", raconte-t-il. Maux divers Aujourd'hui, les gens utilisent l'urine pour soigner des maux de toutes sortes. Pour M. Koagne, "on l'utilise pour les séropositifs. C'est l'une de mes soeurs qui me l'a conseillée en fin août lors de la réunion familiale au village. Elle demandait de prendre un verre chaque matin. J'ai aussi dit à la personne et elle m'a dit qu'elle se sent mieux". L'avis n'est pas partagé par Solange W, séropositive, qui ne croit pas que ce traitement fait évoluer le séropositif vers la guérison. "Je prends ça depuis et je sens toujours la maladie", affirme-t-elle. Mais il semble que ceux qui sont dans la situation de Solange ne sont pas nombreux. Car, les personnes rencontrées, victimes du Hiv, croient dur comme fer que l'urine améliore leur état de santé. Réalité ou simple effet placebo? Les spécialistes nous le diront. En attendant, des séropositifs au Hiv continuent de boire leur urine. Il n'y a pas que les séropositifs pour pratiquer l'urinothérapie. Les Camerounais l'utilisent aussi pour soigner leur plaie, traiter le mal d'estomac, la stérilité, les ulcères, etc. Même si beaucoup ne veulent pas parler publiquement de leur maladie, ils acceptent quand même d'évoquer amaroli. Pour Emile W, "c'est un peu personnel. Tout le monde consomme en cachette. Mais il faut du courage. Ce qui est bien, c'est que ça (l'urine) traite un peu de tout. Pour moi, j'ai utilisé pour soigner les hémorroïdes. Je suis guéri. Je ne peux pas conseiller ça à quelqu'un puisque c'est une décision personnelle". Mais tout le monde n'a pas eu le courage d'Emile. C'est le cas de G. Gisèle. "J'ai essayé mais je n'ai pas pu", affirme-t-elle. Points de vue opposés Si les patients sont presque tous unanimes qu'amaroli agit en leur faveur, les professionnels de la santé, eux, ne s'entendent pas toujours sur les vertus de cette thérapie. Selon le Dr. Robert F. Dongmo, naturopathe à Yaoundé, amaroli ne présente pas de danger connu chez le malade. "J'ai déjà conseillé, dit-il, à certains de mes patients d'en prendre. Je l'ai demandé à des sidéens et séropositifs désespérés et aussi pour certains cas de stérilité. Car l'urine de certaines femmes est riche en hormones à certains moments. J'ai également prescrit cela pour des ulcères et des plaies inguérissables. Dans ce dernier cas, je nettoie simplement la plaie avec l'urine. Et d'une manière générale, les résultats sont satisfaisants. Cet optimisme de naturopathe n'est pas toujours partagé par les médecins et les pharmaciens classiques. Mme Bian Chantal, docteur en pharmacie à Douala, reste très
prudente. "Je ne peux émettre un avis décisif qu'après
avoir profondément étudié cette thérapie.
Il ne suffit pas de dire, mais encore il faut le prouver scientifiquement.
Je suis cartésien et je crois que pour qu'on admette que amaroli
est un médicament, il faut qu'on procède par la méthode
expérimentale comme tous les autres médicaments homologués.
Mais je sais qu'il y a beaucoup de principes actifs dans l'urine. Toutefois,
il faut tenir compte du fait que le processus de guérison du malade
dépend aussi de son état d'esprit. Il suffit parfois de
croire simplement en l'efficacité d'un médicament pour être
guéri". En l'état actuel des connaissances de Mme Bian
sur le sujet, elle préfère donc s'abstenir de tout jugement
mais promet de faire, une prochaine fois, une contribution critique sur
cette pratique. |
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