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Dr.
Djakbara Mara Lewa
"Il faut qu'on me le démontre"
Propos recueillis par A.T.D
Diplômé de l'école
de médecine de Lvov en Ukraine en 1982, le chirurgien Djakbara
dirige le Centre médical de Sic-Cacao Barré à Douala.
Pour lui, l'urinothérapie est une nouveauté. D'emblée,
il n'y croit pas et en appelle à la prudence pour éviter
des conséquences néfastes liées à une telle
pratique.
Docteur, on parle beaucoup ces derniers temps du traitement par l'urine.
Que répondez-vous si on vous demandait banalement : "qu'est-ce
que l'urine?".
L'urine est un liquide organique excrémentiel de couleur jaune
ambré sécrété par les reins et composé
essentiellement d'eau, du plasma qui évacue les déchets
que l'organisme rejette et qui passent par le sang, suite à des
réactions biochimiques. Il peut avoir différentes concentrations
compte tenu de l'état de l'organisme.
Y a-t-il parmi les constituants de l'urine des éléments
nuisibles à l'organisme si on en boit?
Dans l'urine, il y a de l'urée, l'acide urique, la créantine,
le sodium, le potassium, le chloride, les phosphates, les sulfates, etc.
Certaines vitamines contiennent des sels minéraux qui constituent
aussi l'urine. Et dans certaines perfusions, le potassium permet d'équilibrer
le milieu. Mais il y a des limites parce qu'en toute chose, il y a la
notion de dose.
En clair, l'urine peut-elle être considérée comme
un poison?
En principe, l'organisme rejette à travers l'urine ce qui n'est
plus utilisable, des déchets comme on dit souvent. Mais en toute
chose il y a, comme je l'ai dit, une question de dose. Tout peut devenir
un poison si on exagère.
Avez-vous déjà entendu parler de l'urinothérapie?
J'en ai entendu parler, mais de façon fortuite. C'est l'un de mes
patients qui m'a mis au courant. Il m'a dit qu'on lui en avait parlé
et qu'il était déjà en train de suivre ce traitement.
Quand il était venu me voir ce jour-là, il n'avait que le
paludisme.
Quelle a été votre réaction?
C'était une surprise. Comme il était déjà
en train de suivre son traitement, je l'ai laissé faire. Il m'a
dit que son état s'améliorait. Qu'est-ce que je pouvais
encore dire?
Que pensez-vous alors de ses déclarations?
Il est très tôt pour me prononcer. Nous respectons une certaine
éthique qui voudrait qu'on ne prescrive aux malades que des médicaments
conventionnés et régulièrement homologués
par le ministère de la Santé publique. Je ne peux donc pas
conseiller cela à quelqu'un. Et puis, en tant que médecin,
je veux d'abord qu'on me démontre que cette affaire peut soigner.
Pour le moment, je ne suis pas d'accord avec cela. En tout cas, on attend
la réaction officielle du ministère de la Santé publique.
Vous n'y croyez pas encore. Pourtant, les gens disent que dans nos
sociétés traditionnelles, on utilisait les urines pour traiter
certaines pathologies
Ces gens-là c'est qui? Personnellement, je n'ai jamais entendu
parler de ça dans mon village. Ce serait une révolution,
si on l'adopte.
L'urinothérapie est-elle une menace pour la profession de médecin
ou de pharmacien?
Je ne le pense pas. On a toujours découvert de nouveaux médicaments
sans que ça ne menace la profession de qui que ce soit. S'il arrivait
même que ce traitement soit accepté au Cameroun, il y aurait
toujours quelqu'un aux côtés du patient pour le guider. Peut-être
que c'est la pharmacie classique qui en prendrait un coup.
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