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Dir. de Publication - Publisher
: Pius NJAWE Douala, Cameroun |
| A Weekly Electronic Publication of the GMM Group - Hebdo electronique publié par le groupe GMM |
| CAMEROUN
L’Editorial de Pius N. NJAWÉ Indépendance Ni John Fru Ndi et le Social Democratic Front (Sdf) qui poursuivent Pius N. Njawé en justice, cela ressemble à une plaisanterie de mauvais goût. Et pourtant cest bel et bien le cas depuis la semaine dernière, lorsquune citation directe nous a été servie, à notre collaborateur Jean-François Channon et à moi-même, à la requête du Chairman, de Me Mbami et du Sdf, pour comparaître devant le tribunal correctionnel de Yaoundé le 17 octobre prochain, pour « injure, fausses nouvelles, diffamation et dénonciation calomnieuse ».
Le prétexte pris, à savoir la non vérification par nos soins des propos de Sani Alhadji, nous paraît dautant plus fallacieux que nous navons jamais demandé à Fru Ndi ni à quelquun dautre, parce que cela ne correspond à aucune exigence professionnelle, de fournir les preuves de ses allégations dans une interview quil nous aurait accordée. Parce quil y a, en effet, une différence entre une interview et un article ou un commentaire de journaliste, lesquels impliquent une investigation préalable assortie de preuves irréfutables. Que donc Fru Ndi nous dise si une seule fois nous avons exigé de lui des preuves, ou si nous avons un jour différé la publication dune de ses interviewes, pour vérifier préalablement auprès de Biya ou de ses collaborateurs la véracité des accusations, gravissimes jusquà un passé récent, quil portait contre le locataire dEtoudi et son régime. La vérité, cest que le président du Social Democratic Front et son parti supportent mal la liberté de ton qui est la nôtre, dans un contexte politique où tous ceux qui ne sont pas daccord avec soi sont contre soi. La cabale contre Le Messager et ses dirigeants a commencé en effet au sein du Sdf depuis la fameuse affaire de « petits partis » il y a quelques années, pour saggraver avec les négociations nocturnes entreprises entre le Rdpc et ce parti au lendemain de lélection présidentielle doctobre 1997, lesquelles négociations furent dénoncées par notre journal qui avait surpris les représentants des deux camps en pleine messe basse dans une église de Yaoundé à lheure de Nicodème. La boucle a ainsi été bouclée avec la condamnation, par Le Messager, de la gestion catastrophique, voire maffieuse, que le Sdf a faite de la mascarade électorale du 30 juin dernier ; on na pas du tout apprécié, dans lentourage du Chairman, nos vives critiques sur les positions et les tergiversations du parti dans des situations qui commandaient à notre sens, et dans lintérêt supérieur du peuple camerounais, une fermeté à nulle autre pareille. La menace dun procès fusait donc déjà dans lair, bien avant linterview de Sani Alhadji, et Me Mbami sétait même permis de nous la brandir au cours dune discussion. Comme Paul Biya qui a souvent cru devoir saccrocher sur des broutilles pour se venger de nos « crimes majeurs », Fru Ndi semble avoir trouvé en linterview de Sani un beau subterfuge pour fustiger les crimes de lèse-leader de lopposition (!) que nous aurions souvent commis à son endroit, sans doute en raison du caractère juridiquement inattaquable de nos informations. Revoici donc Le Messager devant la barre ; non plus poursuivi par le
pouvoir et/ou ses suppôts officiels et officieux, mais par un parti
politique jusque-là considéré par de nombreux Camerounais
comme porteur de leurs espérances pour une société
de libertés, de démocratie et de transparence. Revoici Le
Messager renouant avec le prétoire, poursuivi par des individus
qui, parce quils tutoient désormais le diable ou dînent
avec lui, semblent avoir oublié trop vite celui qui les a sortis
du néant pour en faire des roitelets. Et si cest Biya qui,
incapable de nous réduire au silence malgré deux décennies
de répression infructueuse, avait fini par trouver en Fru Ndi et
le Sdf des alliés pour accomplir cette sale besogne ? Simple hypothèse
décole, simple spéculation de journaliste
Dautant
quil ne sagit nullement de prétendre que nous sommes
à labri de poursuites de la part de tout citoyen qui se sentirait
abusé par nous ; mais de grâce, que lon attende au
moins de nous prendre pour des délits que nous aurions commis.
Encore que dans le cas despèce, il est à craindre,
pour nos adversaires, que le procès qui souvre le 17 octobre
sarrête au niveau de la procédure
En tout état de cause, quils se le tiennent pour dit : doù quils viennent, mille procès ne nous feront pas peur, mille condamnations ne nous feront pas taire. Si celui que vient dintenter contre nous le Sdf et ses dirigeants est une honte pour ce parti qui se veut démocratique en ignorant les principes démocratiques au nombre desquels la tolérance et la transparence, il a au moins un mérite : celui dapporter un cinglant démenti à tous ceux, heureusement moins nombreux, qui continuent à prétendre que Le Messager est un « journal proche dune certaine opposition radicale incarnée par le Sdf et des lobbies qui la soutiennent » (dixit François Soudan). Cest une preuve, sil en était encore besoin, que Le Messager est et demeure sinon le seul, du moins lun des trop rares journaux indépendants que compte ce pays. Cela nous honore. Et nous rassure quant à nos choix éditoriaux. |
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