![]() |
Dir. de
Publication - Publisher : Pius NJAWE Douala, Cameroun |
| A Weekly Electronic Publication of the GMM Group - Hebdo electronique publié par le groupe GMM |
|
Fantomatique
Jean-Jacques Ekindi ne veut pas mourir Depuis
sa fracassante démission du Rdpc où il était quand
même président de la grande et prestigieuse section départementale
du Wouri en 1991, Jean-Jacques Ekindi, président fondateur du Mouvement
progressiste demeure dans le collimateur de ses anciens camarades. Mais
A 41 ans, le brillant polytechnicien, diplômé aussi de lécole des mines dArles, était promis à un bel avenir. Surtout quil passait à tort ou à raison pour un fer au feu pour le parti au pouvoir face à une opposition naissante et dont la légion la plus importante était le Social democratic Front du très populiste Ni John Fru Ndi. LUpc, sortant de la clandestinité tentait lui aussi de se donner une nouvelle jeunesse. LUndp de Samuel Eboua se consolidait avec une brochette de hauts fonctionnaires et hommes daffaires qui nentendaient pas marcher avec Paul Biya pour des raisons diverses. Me Yondo Mandengue Black venait de payer en 1990 le tribu de louverture démocratique inspiré par le vent dEst. Cest dans cette effervescence que le président départemental du Rdpc du Wouri qui avait pourtant, sous linspiration de feu Luc Loé, alors gouverneur de province, dit-on, pris la tête dune marche pour condamner linitiative de Me Yondo et de ses compagnons. Lorsque Jean-Jacques commence à hanter les milieux de lopposition, il nest pas accueilli à bras ouverts. Son passé de contestataire qui lui vaudra un séjour dans les tristes geôles de la brigade mixte mobile de Jean Fochivé ne lui attirera pas de circonstances atténuantes. Mais pour ses proches, lhomme avait mûri la réflexion, sa décision aussi. Le 21 mai 1991, le président de la section pilote de Rdpc passe à lennemi, crée le Mouvement progressiste (Mp) et se fait chasseur du lion lors de la présidentielle de 1992. Mais ses attaques personnelles contre un veuf qui aurait sacrifié son épouse pour les besoins de la cause lui aliènent quelques sympathies. Commence alors pour lui une longue traversée de désert. Il y laisse tout son saint frusquin. Mais ne manque pas de ressources à chaque échéance politique pour solliciter les suffrages de ses concitoyens tant aux législatives quaux municipales. En 1996, il obtient 4 sièges aux municipales. Pour beaucoup, Jean-Jacques Ekindi est un homme fini. On a du mal à le reconnaître dans les rues grouillantes de Douala, battant la semelle de ses babouches sur les trottoirs poussiéreux, la tête à labri dun chapeau de paille à larges bords. Cest encore dans la même attitude quon la vu récemment dans les rues de Douala distribuant sa profession de foi : son programme de maire et parlementaire. Je me suis présenté à vous tel que je suis, avant que je ne vous expose les thèmes de ma campagne électorale et ce que je veux pour ma ville et mon pays dit-il à ses concitoyennes et concitoyens. Un message en 4 temps Un message dont on aurait pu mesurer la portée dans un environnement socio-politique et électoral normal. Malheureusement noyé dans le flot de Charters et des votes multiples qui anéantissent la raison dêtre des consultations populaires. Contraire-ment aux assertions de ses détracteurs, ce nest pas parce que Jean-Jacques Ekindi aura marché contre les Bamiléké en 1996 quil naura pas été maire de Douala Ier ou quil ne sera peut-être pas élu député. Cest tout simplement parce que le pouvoir a du mal à tolérer à la tête de la communauté sawa quelquun qui nest ni une fabrication du régime ni nen a la caution, lonction. On lui préfère des individus sans culture politique, des distributeurs de riz, de sardine, de billets de banque occasionnels, des vendeurs dillusion, Cest ainsi quil faut comprendre la sortie de Françoise Foning le 8 juin 2002 lors du lancement de la campagne du Rdpc. Comme à laccoutumée, la volubile présidente de la section Rdpc Wouri V et tête de liste aux législatives et municipales de Wouri Est a expressément demandé à ses frères Duala de ne pas se tromper, de voter utile. Pour elle, très naturellement, le bon choix cétait Edouard Etondè Ekoto. Le candidat qui semble faire le plus peur au Rdpc cest le polytechnicien Jean-Jacques Ekindi. Le même jour dans la matinée, il lançait lui aussi sa campagne par un cérémonial peu ordinaire pour une élection. Accompagné de son épouse et dun carré de fidèles, Jean-Jacques Ekindi a fait le tour des caveaux de son père Joël Diyoh Ekindi, des grands chefs des cantons Deido, Akwa et Bell ainsi que celui de lancien maire de Douala IIe Fampou David-Dagobert. Le candidat du Mp aux législatives à Wouri-centre et aux municipales à Douala Ier a présenté ce cérémonial comme une veillée darmes destinée à lui donner de la contenance avant les joutes électorales. Lonction des patriotes défunts On retiendra de cette tournée des caveaux royaux quun seul lui aura été accessible. Celui de Rudolf Douala Manga à quelques mètres de lancien Palais de Justice de Bonanjo. Celui-là même qui fut pendu par ladministration coloniale allemande en 1918. A Bonatène comme à Bonélèkè, Jean-Jacques et les siens ont trouvé chaînes et cadenas à lentrée des mausolées de Epée Ekwalla EyoumEbellè et de Dika Mpondo. Ce nest pas quon a refusé laccès de ces lieux au candidat Jean-Jacques Ekindi. Il a avoué au Messager quil na formulé aucune demande en direction des chefferies traditionnelles concernées. Cétait pour moi une opération personnelle qui entre en droite ligne de nos traditions, a-t-il confié au Messager. Mais, il nest pas évident quune telle demande aurait pu être reçue favorablement quand on connaît lengagement des chefs traditionnels sawa derrière le Rdpc. Ceux-là même qui avaient intronisé Ebenezer Njoh Mouellè alors Sg du Rdpc sous le bongongui ba Bèlè à Bonabéri et qui ont reçu Paul Biya dans les eaux aujourdhui polluées du Mbanya. Mais Jean-Jacques se montre plutôt tolérant envers ces monarques dévalués, instrumentalisés par lEtat et le Rdpc qui en ont fait les auxiliaires de ladministration. Encore que beaucoup dentre eux ont des préoccupations de subsistance au quotidien et ont besoin du secours du régime et daffiches pour survivre. Devant le mausolée de Douala Manga, le candidat du Mp a tenu les propos suivants : Toi qui as tout sacrifié, jusquà ta vie, pour la liberté de ce pays, voici donc ton sabre à terre. Il faut des mains fortes pour le ramasser. Dans les mêmes circonstances que David a combattu et terrassé Goliath, me voici donc avec la même détermination pour affronter les puissances multiformes Au cimetière du bois des singes et devant la dalle nue qui attend la pierre tombale du regretté Fampou David-Dagobert le patriote qui a combattu le bon combat, Jean-Jacques Ekindi a rappelé que le défunt lui avait dit de prendre la mairie de Douala Ier car il ne voyait personne à ce moment susceptible de le faire avec bonheur. Le railleur comme le qualifie Mme Foning qui narrive pas à prononcer le mot traître vient une fois de plus voir sa détermination se heurter sur le rouleau compresseur des fraudes du Rdpc. Il en tire les leçons : Interloqués par ce résultat hors norme, nous avons pris le temps de réfléchir, dinterroger tous les procès-verbaux, dinterroger les électeurs et dévaluer dun il critique lensemble du processus électoral depuis la convocation du corps électoral jusquau dépouillement. Nous avons été saisis de vertige en découvrant non seulement lampleur de la fraude, mais également la sophistication du système, car il sagit dun véritable système dans lequel le Rdpc, ladministration et lOnel sont des acteurs de premier plan. Pour lavenir, le président du Mp estime que : La balle est dans le camp du président de la République, Monsieur Paul Biya, garant de la constitution, et premier responsable de la concorde nationale et de la paix civile dans notre pays. Il est essentiel que le président de la République veille tout particulièrement à ne pas se faire déborder par Monsieur Paul Biya, président national du Rdpc, quil ne se laisse pas assourdir par les bruyants cris de victoire des thuriféraires de son parti. La situation que traverse le pays est très critique et pourrait nous conduire à la catastrophe. Le pire est possible Jean-Jacques Ekindi voit le Cameroun en roue libre sur une crête escarpée, sans parlement depuis le 17 mai 2002. Il exprime ses appréhensions : que le pays sembrase dans ce contexte-là, le pire devient possible et dès lors, le chaos nest plus loin. Sur la base de ce que nous avons vu à Douala Ier, si les mêmes méthodes et techniques ont été utilisées dans lensemble du pays, lopposition, écartée sans vergogne et illégalement des mairies et de lassemblée nationale ne peut accepter ce coup de force du Rdpc pour nombre de raison au rang desquelles : 1. Le refus catégorique de voir le pays évoluer inexorablement par des techniques mafieuses vers un régime politique à la fois de parti unique et de parti-Etat. 2. Le rejet ferme et sans appel de la tentative de confiscation par le Rdpc de lespace politique nationale. La volonté du Rdpc de dépasser lhégémonie pour attendre le monopole de lexpression politique dans le pays tout entier à lexception dune ou deux poches est inacceptable. 3. Le viol constant et systématique de toutes les lois et règles, fussent-elles constitutionnelles par le Rdpc a fini par convaincre lopinion en général et les partis politiques en particulier que cest exposer le Cameroun aux périls du totalitarisme le plus abject que de prendre le risque de permettre que siège cette assemblée monocolore à lassaut de laquelle se sont lancés des hommes de sac et de corde. Ce qui leur a été demandé pendant toute la campagne, ce nétait pas délaborer, de convaincre, mais de trafiquer, dintimider, de corrompre et de frauder, forcément, leur prétendue victoire ne peut être que celle de la fraude, de la corruption et de lachat des consciences. Lopposition reste lespoir Après avoir peint ce sombre tableau, Jean-Jacques Ekindi estime que lopposition patriotique et démocratique reste le seul espoir pour sauver le Cameroun et, pour ce faire, elle doit serrer les rangs pour livrer bataille. Pour le Mp et son leader, des élections frauduleuses doivent être annulées et si le Rdpc prend devant les Camerounais et devant le monde, la responsabilité dassumer toutes les conséquences qui pourraient survenir en maintenant ces députés et ces conseillers élus frauduleusement, il lassumera devant le Cameroun et devant lhistoire. Dans tous les cas de figure, il faut que le président Biya négocie avec les partis politiques pour assurer la transition en attendant lorganisation de nouvelles élections qui ne seront plus exclusivement confiées à ladministration qui a montré son incapacité à sémanciper de la tutelle du Rdpc. Cette négociation nous semble extrêmement urgente car, de toute évidence, le temps presse et si nous de lopposition navons aucun signal clair du pouvoir, nous passerons à laction, la survie démocratique du Cameroun est malheureusement à ce prix. Voilà dix ans que lopposition montre quotidiennement combien elle est responsable et combien elle aime notre pays. Il ne faut pas la pousser à bout. Il faut annuler ces élections, négocier, et réconcilier les Camerounais, cest encore possible. Il va sans dire que devant larrogance du président national du Rdpc et de ses camarades, de plus en plus méprisants devant une opposition en proie à des querelles de leadership, les injonctions de Jean-Jacques Ekindi ne seront que celles du prophète qui annonce lapocalypse à une bande dimpénitents jouisseurs. Quitte à ce que la barque chavire. Dans un canton de Douala, la devise dégage des relents de piraterie. Le Rdpc ne voit pas moins la gestion du pays sous le même prisme. |
copyrights messager@wagne.net