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Publication - Publisher : Pius NJAWE Douala, Cameroun |
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Festival
Katé Pour la circonstance, la demeure du prince Alexandre Doualla Bell -servant généralement de toilettes publiques aux badauds- est recouverte de chaux blanche. Dans la grande cour se dresse une arène formée de 63 torches de bambou (Katé en douala). Cà et là, quelques jeunes gens à la peau noircie, métamorphosé dans des vêtements faits en toile de jute, recouverts dherbes et de morceaux de tissu multicolores, crachent le feu à tout vent. Ce sont les fontélés, larmée de feu. Le prince René Bell, père spirituel du katé, fait son entrée, accompagné du secrétaire général de la jeunesse sawa, Kouoh Songuè, ainsi que du chef Ndoumbè Moïse de Bonendalè I et des personnalités de la ville telles que Jean-Jacques Ekindi. Dans un coin jusquici dans lombre, une cinquantaine de jeunes forment une haie dhonneur. Les torches quils brandissent diffusent une lueur douce. Le prince René Bell et sa suite sy engagent. Les manifestations sont lancées par le prince René Bell himself, par lallumage dune torche géante de plus de deux mètres, faite de branchages et de feuillage. Beau lutteur noir Sons et rythmes des tambours. Les jeunes filles du Bolo ba besombè, groupe de chant et de danse du canton Bell, esquissent lessèwè. Lassistance autour des danseurs se délecte du spectacle. Pas pour longtemps. Bien vite, les Besua, lutteurs traditionnels, investissent le cercle de torches ardentes. Ils sont dix et sobservent. A tour de rôle, ils sempoignent deux à deux. Les perdants se retirent et les gagnants continuent jusquau combat final. Elolongué Epanya Yondo ne croyait pas si bien décrire la scène dans son poème , Beau lutteur noir: Tu avances tênki-tênki, comme loiseau hypnotisé par le regard du serpent minute [...] Entends-tu la clameur qui monte, esa! esa! esa! esa! écrit-il. Ce soir au parc des princes, le lutteur aux reins ceints dun pagne savance vers son adversaire au pas de danse, au son des tambours. Tous les deux bandent leurs muscles. Soudain, ils sempoignent dans un corps à corps où les bras et les jambes semmêlent. Le principe de la victoire? Etaler son adversaire dos contre sol. Les torses des athlètes luisent de sueur sous la lueur des torches. Au final un seul lemportera, sous larbitrage des professionnels de la lutte que sont Olivier Mbella, champion de lutte du Ngondo en 1997, et Christian Mbodi, double champion national de lutte gréco-romaine et quadruple champion du Ngondo qui sera détrôné en 1997. Héritage culturel Esanja minam (la corbeille des bénédictions) est la pièce de théâtre qui clôture lessentiel du festival ce soir. Elle relate lhistoire dun ancêtre qui voit ses enfants dilapider lhéritage quil leur a laissé. On brade les terres et autres richesses. Les enfants à venir sont ainsi spoliés de tout héritage. Il ne nous reste plus rien se lamentent les acteurs, exprimant par leur voix le désarroi de la jeunesse actuelle. Sa résolution aussi: le Sawa cosmopolite par nous se construit, clament-ils fermement. Car il reste tout de même quelque chose à cette jeunesse, peut-être lessentiel: la tradition, que le Katé se charge de leur transmettre. A Suivre Mercredi, 17 avril Jeudi, 18 avril Vendredi 19 avril Samedi, 20 avril |
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