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Publication - Publisher : Pius NJAWE Douala, Cameroun |
| A Weekly Electronic Publication of the GMM Group - Hebdo electronique publié par le groupe GMM |
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Jean-Paul
Ngoupandé, ancien Premier ministre Rca Sur la RCA Jétais tapi quelque part dans un quartier de Bangui alors quune tentative avortée de coup dEtat militaire, qui sest déroulée dans la nuit du 27 au 28 mai 2001 et qui a été revendiquée par lancien président de la République, le général André Kolingba, a déclenché une réaction virulente de celui qui a failli en être la victime, lactuel numéro un centrafricain, Ange-Félix Patassé. La garde présidentielle, appuyée par les élément loyalistes de larmée centrafricaine bombarde au mortier et au lance-roquettes les quartiers supposés abriter les rebelles. Les dégâts humains et matériels sont énormes. Des exécutions sommaires et des règlements de comptes dans les quartiers ajoutent à lhorreur des violences. Ainsi donc, quatre ans après les mutineries de 1996 et 1997, qui ont mis à mal le pays de Barthémémy Boganda, et qui ont nécessité lintervention militaire de la France, puis de lAfrique francophone et enfin de lOnu, la Centrafrique replonge dans le chaos, victime de la logique de haine tribale dans laquelle elle est enfermée, depuis vingt ans. Le 3 mars 1982, Ange Patassé, président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (Mlpc), principal parti dopposition à lépoque, est accusé davoir fomenté un coup dEtat contre le régime du général Kolingba: il est contraint à lexil au Togo, où il demeurera jusquen octobre 1992. A Bangui ses maisons et celles de ses proches sont dynamitées. De lextérieur, il suscite une guérilla dans le Nord, à la frontière du Tchad. La riposte du régime du général Kolingba nest pas tendre : des villages sont brûlés, rasés dans la région de Markounda et de Paoua. A loccasion du retour au multipartisme, Ange Patassé peut revenir dexil en 1992. Il gagne les élections pluralistes de 1993. Kolingba, président en exercice ayant organisé ces élections, narrive quen quatrième position. On le croit alors politiquement fini. Comment a-t-il pu remonter la pente au point de redevenir la challenger du président Patassé en 1999? La France nest pas du reste. Elle est sur la sellette à Bangui, accusée dêtre derrière le coup dEtat manqué de lancien président Kolingba. On a retrouvé au domicile de ce dernier, après sa fuite, des caisses darmes et de munitions fournies par Paris et destinées, selon les étiquettes, à la gendarmerie nationale. La résidence de lambassadeur de France étant proche de cette de lancien chef dEtat, sur les bords de lOubangui, les autorités ont vite établi la relation. Du pouvoir à lopposition Le Premier ministère, cest un poste très difficile. Parce quun Premier ministre joue essentiellement le rôle de lampiste. Et puis lorsque cest terminé on vous dit au revoir. Ce nest pas un poste très gai. Je suis en quête dune autre expérience à travers un tel parcours qui me permet davoir un regard sur diverses facettes de la réalité. Je pense que cela ma été très utile de commencer par une carrière universitaire, et dêtre appelé dans le gouvernement avec son volet diplomatique. Lorsquon se retrouve ensuite dans lopposition, on sait de quoi on parle; ce quon critique et ce quon ne doit pas critiquer parce quon sait plus ou moins le pourquoi et le comment de plusieurs choses qui arrivent ou qui narrivent pas. A mon avis, cest un parcours normal comme on en trouve souvent. Il ny a rien de bizarre. Le seul intérêt, cest quon parvienne à accumuler une certaine expérience qui soit profitable dans la gestion des hommes. Des relations France-Afrique Les relations franco-africaines, cétait dabord une certaine complicité entre des élites formées dans le même moule intellectuel: luniversité française. Jusquà la fin des années soixante, lessentiel des diplômés africains de niveau universitaire était formé en France. Ce flux était loccasion dun double brassage : dune part, la rencontre des futures élites dirigeantes dAfrique francophone avec leurs homologues françaises, dans les mêmes universités, suivant le même cursus, avec le même moule de formation et donc des modes de pensée et des comportements intellectuels identiques. Larrivée de François Mitterrand au pouvoir en mai 1981 nest ni la simple continuation de la politique gaulliste de relations privilégiées avec lAfrique, ni une rupture radicale avec cette dernière. Dans les semaines et les mois qui ont suivi le printemps rose, la tonalité des discours et un certain nombre de décisions symboliques pouvaient accréditer la thèse de la rupture. Un jeune et bouillant ministre tiers-mondiste, Jean-Pierre Cot, sinstallait rue Monsieur. Ses premières déclarations ont fait trembler plus dun dinosaure africain. Ses sorties sur le continent, au sens propre et figuré, donnaient souvent lieu à des incidents qui traduisaient la méfiance réciproque entre ce ministre atypique, visiblement mal à laise dans sa fréquentation des inamovibles présidents africains, lesquels supportaient difficilement que lon bousculât leurs bonnes vieilles habitudes. Apparemment donc, le 10 mai 1981 pouvait passer pour être le début dune nouvelle ère dans les relations de la France avec ses anciennes possessions africaines. Avec le recul, on comprend aujourdhui quen réalité le nouveau pouvoir français comportait en son sein au moins trois tendances, qui pendant les deux septennats de François Mitterrand ont cohabité en occupant tour à tour une position dominante en fonction de lévolution des rapports de force: le courant tiers-mondiste qui sest manifesté au départ mais qui a été rapidement désavoué; ensuite la tendance que lon peut qualifier de néo-foccartienne, sorte de compromis entre la nécessité de lévolution et le besoin de sauvegarde des acquis du passé gaulliste; enfin la troisième orientation, qui est bien plus quun courant : cest en réalité la véritable rupture, une tendance lourde, de caractère historique, qui revêt les habits de banalisation, mais qui est bien plus que la simple refonte de la carte de la coopération française en Afrique. Le procès de la France en Afrique Mettons les choses au point. Oui, le colonialisme a commis des crimes; il a déstructuré nos sociétés. Les colons ont imposé des cultures de rente que nous traînons encore aujourdhui. Le colonialisme est à lorigine de la balkanisation de lAfrique, notamment sa partie francophone. Lenseignement colonial nétait pas adapté, il a nié nos cultures, notre passé, parce quil voulait nous assimiler. Le colonialisme na pas toujours été tendre avec nous. Les colons ne sont pas tout à fait partis en 1960. Ils ont continué de contrôler nos pays par lintermédiaire dhommes à eux, quils ont installés, le plus souvent à la suite de coups dEtat militaires, à la tête de nos pays. Ils ont fermé les yeux lorsque ces dictateurs embastillaient et liquidaient les démocrates africains, quand ils ne les ont pas directement aidés à le faire. Pendant la guerre froide, il nous ont conseillé et soutenu les partis uniques et la confiscation des libertés, avant de nous conseiller la démocratie en 1990, après la chute du mur de Berlin, quand Moscou ne menaçait plus les intérêts de lOccident. Ils ont conseillé lajustement structurel, qui na rien résolu et qui a même aggravé notre endettement. Ils nous ont jetés dans les bras du Fmi et de la Banque mondiale, parce quils étaient fatigués dassurer nos fins de mois. Ils ont dévalué le franc Cfa, parce quils en avaient assez de subventionner, à travers leur monnaie, les dépenses folles de nos princes et de nos élites, ainsi que leurs placements privés dans des comptes numérotés en Suisse ou dans dautres paradis fiscaux. LAfrique vue de Paris LAfrique fait peur. LAfrique fait fuir. Voici ce quécrivaient déjà, il y a sept ans, Antoine Glaser et Stephen Smith : LAfrique éternelle? Non. Hier le continent de la joie innocente, de lexubérance et de la vitalité, lAfrique est aujourdhui une terre mal famée, une zone de guerre, de chaos et dépidémies. En lespace dune grosse décennie, la perception du Noir a changé du tout au tout: du nègre noceur, à la blanche dentition rieuse, et de la Venus callipyge, aux beaux seins nus, on est passé au porteur de maladie mortelle, à la femme piège, aux ombres squelettiques achevées par les malheurs quils portaient : le Sida, le choléra, la fièvre jaune, la famine et, par-dessus le marché, des guerres tribales auxquelles personne ne comprend rien. Le divorce Cest que vis-à-vis de nous, le monde développé est passé de la pitié à lindifférence. Heureux les peuples dont les crimes soulèvent encore lindignation. Ils peuvent se consoler dappartenir encore à lespèce humaine commune. Pour le moment, ce sont surtout les autres qui sinterrogent et sinquiètent. A travers ce livre, LAfrique sans la France, jai pensé susciter un débat en Afrique. Je suis parti du constat de la marginalisation de notre continent. Depuis la chute du mur de Berlin, la réalité dominante dorganisation du monde tant au plan économique que sur dautres plans, cest la mondialisation ou chacun est jaugé à laune de ce quil représente dans léconomie mondiale. Or le problème de notre continent ou plus exactement de sa partie subsaharienne qui fait presque 700 millions dhabitants en 2002, et qui ne représente que 1,6% à peine de léconomie mondiale. Et sur les 1,6%, la moitié est de lAfrique du Sud. Autrement dit, lAfrique aujourdhui ne pèse en rien, ne représente rien dans le jeu économique mondial. Lenjeu africain du XXIe siècle est de faire que lAfrique identifie les blocages qui ont abouti à sa marginalisation. Il nen a pas toujours été ainsi. Je me rappelle quen 1960 nous représentions 9% du commerce mondial qui correspondait un peu à notre poids démocratique. Aujourdhui où nous pesons, lAfrique subsaharienne, au moins 11% de la population mondiale mais économiquement nous ne représentons que 1,6%. Cest donc face à cette situation que jinterpelle les Africains en leur disant de ne pas nous faire dillusions. Car personne ne nous fera de cadeaux. Le monde tel quil est fait aujourdhui, cest cela. Cest un monde sans pitié, qui ne fait pas dans le sentiment, où la règle cest défendre ses intérêts, chacun de son côté. Cessons de pleurnicher, de nous lamenter; prenons nos problèmes à bras le corps. Le moment est sans doute venu dassumer à notre tour, dans la douleur, les devoirs de lindépendance, maintenant que les Blancs sen vont, pour reprendre le titre du livre de Pierre Messmer. Nos accusations, nos gesticulations et nos jérémiades ny peuvent rien: ils sen vont, et sans état dâme. Ils nont plus rien à faire là, puisquil ny a rien à faire. De lUnion Africaine Le vrai défi organisationnel qui attend lAfrique cest celui du regroupement. Pris individuellement, chacun de nos pays est trop faible face à la machine du rouleau compresseur de la mondialisation. Il faut quon se regroupe. Mais, il faut le faire en tirant les leçons du passé. On ne construit pas une maison en commençant par le toit mais plutôt par la fondation. Et pour moi, la fondation, ce sont les sous-régions doù doit partir lintégration sur la base des projets concrets et communs à lexemple de cette route bitumée Douala-Bangui qui est un enjeu considérable dintégration. Il faut donc dabord que les 5 sous-régions fassent des efforts dintégration, de coordination de leurs politiques dinfrastructures et le rôle de linstance qui sappelle encore Oua, et qui sappellera Union africaine sera de coordonner tout cela. De lavenir de lAfrique Contrairement à ce que les afro-pessimistes disent, je ne crois pas que lAfrique soit maudite. Leffort que nous devons faire, cest de comprendre que ce ne sont pas les autres qui viendront construire notre continent, mais cest nous-mêmes. Mettons-nous daccord sur les règles de jeu politique en privilégiant le dialogue démocratique; mettons-nous daccord sur les règles de gestion de nos Etats en sappuyant sur la rigueur, la transparence; mettons lEtat de droit en première position de nos préoccupations pour stabiliser nos pays; faisons de la formation un objectif prioritaire pour des besoins de ressources humaines. ujourdhui, ce qui fait la différence ce nest pas le fait de posséder de nombreuses ressources naturelles, mais cest avoir la meilleure qualité des ressources humaines. Lavenir de nos pays est une affaire trop sérieuse pour être
laissé entre les mains des seuls politiciens, la dernière
décennie ayant confirmé quils étaient dans
leur majorité davantage mus par la soif du pouvoir que par les
intérêts fondamentaux des peuples. Démocratie de la
faim et du ventre oblige! Le monde développé est passé de la pitié
à lindifférence. Heureux les peuples dont les crimes
soulèvent encore lindignation. Ils peuvent se consoler dappartenir
encore à lespèce humaine commune. Bio Express Nom : Ngoupandé
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