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Douala, Cameroun
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Trois questions à...Guillaume Ekambi Dibonguè
“C’est une évolution positive”
Propos recueillis par Jacques Doo Bell

Pour le politologue, enseignant à l’Université de Douala, la création de la Cour pénale internationale doit être rentabilisée.

Le Messager : Qu’est-ce que la Cour pénale internationale?
Ekambi Dibonguè : La Cour pénale internationale est l’aboutissement d’un long processus historique qui a amené l’humanité à rechercher les voies et moyens permettant de contrôler et de sanctionner les conduites déviantes des hommes politiques tant sur le plan intérieur qu’extérieur.
Ce processus était conjoncturel quand l’humanité se trouvait confrontée à l’exigence de rendre justice dans les cas particulièrement criards de violation des droits humains par les dirigeants politiques. C’était le cas de Nuremberg avec les criminels de guerre nazis, c’est le cas de nos jours avec le Tribunal pénal international pour la Yougoslavie qui juge Milosevic et du Tribunal pénal international pour le Rwanda qui juge les génocidaires rwandais à Arusha en Tanzanie. La quête finale était de pouvoir rendre permanente une institution universelle pour sanctionner en tout lieu et à tout moment les conduites déviantes.

L.M : Quel impact peut avoir la Cpi sur l’Afrique et le Cameroun?
E.D : D’abord, il faut saluer cette évolution extrêmement positive du droit et de la politique sur le plan international qui, outrepassant les frontières a daigné transcender le principe sacro-saint de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats pour sacraliser le respect des droits humains.
Ensuite, il faut éviter que cette institution ait une démarche sélective qui épargnerait les hommes politiques puissants pour s’agiter autour des plus faibles. Chaque fois que la Cpi devra formaliser les chefs d’accusation. La compétence de la Cpi ne peut s’exercer sur les dirigeants africains que si elle a l’appui des puissances étrangères. Il s’agit de savoir si pour l’Afrique, il y a adéquation entre l’accusation portée par l’opinion publique nationale et les milieux étrangers. De là dépend l’action de la Cpi en terre africaine.
L’humanité étant en quête de sanction des hommes politiques autour des violations des Droits de l’homme, il est de bon ton que la Cpi récupère les prérogatives des autres tribunaux existant pour plus d’autorité. Toutefois, cette cour part avec un lourd handicap tant que sa création n’a pas été ratifié par les Etats-Unis qui ont soutenu Nuremberg, La Haye, Arusha. Or, pour être crédible, la Cpi a des moyens et de l’autorité.

 


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