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Publication - Publisher : Pius NJAWE Douala, Cameroun |
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Léclairage Le coup dEtat qui vient dêtre déjoué de justesse au Venezuela, rappelle de façon brutale à tous ceux qui avaient tendance à oublier les notions darrière cour et de pré carré, quaucun dirigeant politique ne peut se maintenir à la tête dun Etat, sil entreprend de sattaquer systématiquement aux intérêts établis des puissances tutélaires. Hugo Chavez qui a été renversé puis réinstallé
dans son fauteuil, nest pas seulement un chef dEtat atypique
dans larrière cour latino américain, il constitue
depuis longtemps une menace grave, précise, et certaine contre
les intérêts des Etats-unis dans la région. Son action,
ses déclarations et ses sorties internationales, ont pris lallure
et la signification dun défi voire dune provocation
à lendroit de la Grande Amérique. Le cas de Hugo Chavez, rappelle, dans des termes complètement identiques, celui de Pascal Lissouba, lancien Président du Congo Brazzaville démocratiquement élu qui fut renversé par un certain Sassou Nguesso sur les injonctions de la France. Sans doute plus tourné vers une vision romanesque de lexercice du pouvoir que mu par une lecture pratique de la complexité des enjeux quil intègre, Lissouba se laissa aller dans la croyance selon laquelle il pouvait retoucher les contrats dexploration et dexploitation pétrolières de son pays, y compris en trouvant de nouveaux partenaires en dehors du giron français. Ce sont sans doute les données de base de la coopération entre les grandes puissances qui ont changé, et non les principes essentiels dappropriation et de domination concertée et contrôlée des espaces géographiques. En effet, le président vénézuélien qui en dépit de léchec du coup dEtat revient vraiment de loin, passe pour un populiste irréaliste. Chavez constitue incontestablement un caillou dans la chaussure américaine en Amérique latine et centrale. Sa chute est depuis longtemps programmée comme une urgence par les responsables diplomatiques les plus avisés dans le monde. Les plus renseignés pensent dailleurs que le coup dEtat qui vient dêtre déjoué aurait dû intervenir plus tôt, neut été lirruption de la tragédie du 11 septembre. Ce que cet événement porte plus loin comme message, cest la démonstration de la résolution de la Maison Blanche à frapper fort et sans aucune gêne, tous ceux qui voudront résister à son hégémonie. La presse internationale sempresse à cet effet de relever que Chavez navait démontré que très peu de compassion après les attentats du 11 septembre, et par ailleurs, ne sest pas associé ouvertement au vaste programme de lutte contre le terrorisme. Si le coup de force manqué au Venezuela semble encore plus important, cest par rapport à lévolution générale du monde dans les cinq ou dix prochaines années. Les américains qui ont maintenant positionné des troupes actives en situation de combat dans une dizaine de pays périphériques à travers le monde, donnent clairement limpression de ne pas craindre le risque dune confrontation généralisée. Washington en faisant le choix de la force partout, reconstitue ou réactive petit à petit toutes ses bases jadis éparpillées sur plus de 350 sites et dans toutes les régions de la planète. Quelles seront les conséquences à terme ? Au Congo Brazzaville, le régime de Sassou nest rien dautre que la volonté des barbouzes de la françafrique parisienne. Les médias occidentaux qui se félicitent vite de larrivée de ces mercenaires quils qualifient de recours utiles, feignent dignorer le cycle de dangers et de troubles qui se profile à lhorizon. Léchec au Venezuela pourrait amorcer un mouvement de reflux défavorable aux Etats - unis. Lunion européenne et la suite de ce que lon appelle bailleurs de fonds ou partenaires de développement, ont très vite salué « le retour de la paix à Brazzaville », allant jusquà dire même que lélection de Sassou Nguesso a été honnête. Or tout le monde voit ce qui se passe sur place depuis quelques jours. Une partie importante de la population a repris les armes pour contester le pouvoir dun homme qui a renversé par la force, un président démocratiquement élu. Au Venezuela, on veut nous faire croire que le coup de force des militaires a été voulu par le peuple. Les liesses populaires après léchec du coup constituent un vibrant démenti. Pourquoi ne renverse-t-on pas, en dehors du processus électoral, un Président de pays occidental lorsquil ségare avec autant dinconsistance que Bush au Proche orient? Lenseignement fondamental cest que si les aspirants révolutionnaires dAfrique ou dailleurs ne prennent pas la précaution de bien maîtriser la géopolitique des réseaux dinfluence des grandes puissances, ils courent le risque de finir comme Lissouba et Chavez. Il faudrait donc penser à concevoir un niveau acceptable de compromis entre les idéaux nationalistes dune part, et les exigences de la géopolitique internationale dautre part. |
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