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Porto Alegre II :
Le forum de l'espoir
Roger A. TAAKAM
Quelque 50 000 personnes ont pris part au deuxième Forum Social Mondial (FSM) qui s'est déroulé du 31 janvier au 5 février dernier, à Porto Alegre au Brésil. Parmi elles, près de 200 représentants de la société civile africaine qui, avec les antiglobali-sationnistes d'autres continents, ont planté des jalons pour l'avènement d'un monde meilleur.
Les anti-mondialisation n'ont pas abdiqué. Comptant sur la fibre révolutionnaire de salariés, paysans, écologistes, consommateurs Porto Alegre combine aujourd'hui plusieurs courants socio-politiques et économiques. Tous d'horizons divers. Ces derniers remettent en cause la mondialisation néolibérale. Les contestataires de la nouvelle donne économique mondiale s'insurgent contre la montée des inégalités sociales entre le Nord et le Sud, sans oublier l'unilatéralisme et l'hégémonie des Etats-Unis. C'est la raison pour laquelle un second forum social mondial, Porto Alegre II, s'est tenu courant février au Brésil. Avec pour thème de discussion choisi " vers un monde meilleur ".
Des résistances aux propositions
Déjà, Porto Alegre I, en 2001, est parti de la prise de conscience de l'état du monde, des conséquences désastreuses de la mondialisation réellement existante. Porto Alegre II, en 2002, a été marqué par le passage des résistances aux propositions et alternatives. Il s'agit d'actes concrets, de références essentielles d'une nouvelle politique planétaire: respect de la dignité et de la personnalité d'autrui, indivisibilité des droits civils, socio-économiques et culturels, refus de discrimination... Les participants ont suggéré en outre, une citoyenneté qui combine la démocratie représentative et le contrôle des pouvoirs
Un second courant d'idées s'affirme quant à lui à travers le foisonnement des résolutions à caractère socio-économique. Les ateliers d'assises ont examiné, avec un intérêt particulier, les utopies et les possibilités d'accès à l'eau potable et aux transports, le droit à l'énergie, la préservation de l'environnement pour l'équilibre de l'écosystème des générations futures Porto Alegre II entrevoit en outre, la lutte contre la criminalité et l'impunité, l'annulation de la dette et surtout la réforme des institutions financières internationales Les super puissances monétaires imposent de plus en plus aux Etats aux économies fragiles, des programmes d'ajustement sévères et dont les retombées néfastes ne sont durement ressenties qu'au niveau des masses populaires les plus nombreuses. La conséquence est la prolifération de la misère sociale.
Défi de la pauvreté
Dans une partie de l'Europe et en Amérique Latine, la réponse à cette mondialisation implique la régulation publique. On y retrouve donc naturellement des internationalistes ou courants politiques remettant en cause la mondialisation néolibérale. Cependant que pour d'autres, le cas de la Grande- Bretagne et une partie de l'Asie, la réponse à cette mondialisation est celle du renforcement du pouvoir des pauvres. Raison pour laquelle on y retrouve des tenants de l'autonomie locale et ceux de la libéralisation des pauvres. La déviation possible est l'influence du marché capitaliste. Pour un dernier groupe, comme on a pu le constater à Durban, en Afrique du Sud, la réplique à cette mondialisation est celle de la lutte contre le racisme et les dominations. C'est la position des anti-impérialistes et des populistes ; la déviation possible reste uniquement celle des intégristes.
Enfin, un dernier volet du débat a porté sur les alliances entre
les institutions locales, les associations et les mouvements sociaux, à
travers des démarches participatives autour des politiques foncières
de lutte contre la ségrégation spatiale, l'égalité
d'accès aux services locaux fondamentaux et aux logements. Une série
de mesures et perspectives d'avenir qui permettent désormais d'affirmer
que le forum social mondial est en train de relever le défi de la pauvreté
et de la marginalisation en relançant le débat contre la mondialisation
néolibérale.