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Barre Ecologie pour tous

Approvisionnement en eau potable :
Pour une approche écologique

Par Flaubert FEZEU DAWAK

L’un des malheurs du siècle finissant vient du réflexe de l’homme de toujours penser à la technologie comme unique solution pour résoudre tous ses problèmes. L’approvisionnement en eau n'échappe pas à ce réflexe.

Monter des gratte-ciels pour loger les populations sans cesse croissantes des métropoles, construire des bateaux de 500000 tonnes pour les échanges commerciaux, des pipelines traversant des territoires sur des milliers de kilomètres, et des centrales nucléaires pour résoudre les problèmes d’énergie, sont juste quelques symboles de ce que l’intelligence humaine accouche au-jourd’hui dans sa quête permanente du bien-être. Dans cette course effrénée, même le secteur vital de l’eau n’est pas épargné. Ceux que Riccardo Petrella appelle les "Seigneurs de la technologie" ont construit environ 40 000 grandes digues de par le monde.

En matière d’approvisionnement en eau potable, les capacités inventives de l’homme sont désormais orientées vers une logique dont les faiblesses sont très proches de certains phénomènes malheureux observés dans les grandes plantations en situation de monoculture.

Cette logique veut de plus en plus que tous les ménages de toute une cité et même de toute une région entière soient alimentés en eau par une seule méga-installation technique appelée station de traitement.

Il est clair dans de telles conditions que les ménages sont soumis à des risques majeurs comme dans une grande plantation où le propriétaire peut assister impuissant à l’anéantissement de la totalité de sa récole de maïs ou de blé à la suite d’une sécheresse prolongée ou d’une attaque qui se propage à un rythme exponentiel.

Les prouesses technologiques en matière d’adduction en eau potable peuvent se révéler comme une supercherie au bout de laquelle la station de traitement n’est rien d’autre qu’un grand robinet où tous les habitants de la cité doivent s’abreuver. Il suffit d’une panne technique et les populations sont privées d’eau ou d’une erreur de dosage pour qu’une contamination fasse des ravages. Il est donc urgent de repenser l’approche d’approvisionnement en eau potable, en l’orientant vers plus de justice sociale et plus de sécurité pour les générations actuelles et futures. Pour cela, il y a trois dispositions qu' il faut prendre :

1 - Diversifier

les opportunités

On peut s’inspirer du modèle agro-écologique qui consiste à associer plusieurs plantes pour minimiser les risques en cas d’attaque de maladie ou en cas d’excès de pluies ou de sécheresse. Une telle approche appliquée au secteur de l’eau organisera désormais l’adduction autour des installations légères tout en s’appuyant également sur des groupes sociaux : groupes de quartiers, ONG, syndicats, municipalités, etc.

2 - Hiérarchiser

ses besoins en eau

Les activités humaines n’ont pas la même importance, et n’ont pas besoin d’eau en quantité et en qualité égales. Dans un établissement scolaire, certaines activités telles que le nettoyage de la salle de classe, l’arrosage de la cour de l’école, ou du jardin scolaire n’ont pas besoin d’une eau de même qualité que celle qui est à boire. En faisant recours aux eaux de pluie, à un puits ou à une source aménagée pour cette catégorie d’activités, on peut réduire la facture d’eau issue de l’adduction publique.

Un tel effort au niveau des ménages, des entreprises ou des établissements hospitaliers peut contribuer à libérer d’énormes quantités d’eau que l’on peut utiliser pour ravitailler les quartiers défavorisés.

La tendance lorsqu’on a pu obtenir un branchement d’eau c’est d’abandonner les connaissances en matière d’hygiène de l’eau, notamment comment la purifier, la conserver, éviter les maladies hydriques, pour ne citer que ces cas.

3 - Eduquer

les populations

A la faveur d’une interruption prolongée de l’adduction dans la ville de Yaoundé (Cameroun), le ministre de la santé publique a dû lui-même faire le constat de l’ignorance des victimes en la matière.

Des spécialistes des catastrophes ont l’habitude d’affirmer que la véritable catastrophe commence après la catastrophe.C’est dire l’accent particulier qu’il faut mettre sur l’éducation pour la maîtrise de l’hygiène de l’eau, en tout temps et en tout lieu dans tous les milieux sociaux en ville comme en campagne.

Il faut arriver à construire des digues pour contenir la dérive technologique actuelle en matière d’approvisionnement en eau en s’engageant sur des pistes alternatives. Sans ceci, tout n’est qu’injustice et insécurité.

 

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