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Pénurie d’eau dans la capitale :
:
Yaoundé tire la
langue
Depuis près de 3 mois, la capitale camerounaise connaît des problèmes de ravitaillement en eau. La gravité de la situation a poussé les autorités au sommet de l’Etat à se mouiller…
Mardi, 07 Septembre 1999. A l’immeuble Etoile, siège des Services du Premier Ministre, se tient une réunion peu ordinaire. Autour du Chef du gouvernement, Peter Mafany Musongè, des membres du gouvernement dont le ministre des Mines, de l’Eau et de l’Energie et le Directeur Général de Société Nationale des Eaux du Cameroun (SNEC). Un seul point à l’ordre du jour : la pénurie d’eau.
A Yaoundé, depuis plusieurs semaines, l’eau se fait rare. Les robinets sont à sec dans les hôpitaux, les hôtels, les restaurants, les ambassades, etc. Même la Présidence de la République n’est pas épargnée. Com me dans un village sahélien, les habitants de Yaoundé, en pleine forêt équatoriale, en sont réduits à la corvée d’eau dans les marécages et les puits de fortune ou à recueillir l’eau de pluie ! Le million de citadins de la capitale se trouve ainsi exposé, en raison de l’impureté de l’eau, à des maladies de toutes sortes telles que la fièvre typhoïde, la dysenterie amibienne, etc.
A l’origine des malheurs des habitants de la capitale, la rupture de la canalisation qui amène l’eau de Mbalmayo à Yaoundé ! L’ouvrage avait été réalisé en 1985 par la société canado-italienne Collavino. Pour augmenter la capacité d’approvisionnement de Yaoundé en constante extension, les autorités avaient décidé de construire une station de pompage à Akonyada près de Mbalmayo, à une soixantaine de kilomètres de la capitale. Une vive polémique entoura la réalisation de cet ouvrage que la SNEC refusa du reste de réceptionner. Aujourd’hui, les habitants de la capitale tirent la langue à cause d’une panne sur cette canalisation qui avait coûté 57 milliards de francs CFA.
Les autorités ont mis du temps pour réagir, alors que les fuites augmentaient au jour le jour. Les diplomates en poste à Yaoundé ont ouvertement exprimé leur préoccupation devant ce qui prend les allures d’une catastrophe. Certains envisagent même de tirer les volets, si des mesures correctives urgentes ne sont pas prises. Ces derniers jours, le gouvernement a mobilisé les camions citernes du génie militaire, des sapeurs pompiers et de certaines entreprises de travaux publics, pour ravitailler les points sensibles (hôpitaux, internats, représentations diplomatiques, etc.). Mais cela est insuffisant pour satisfaire les besoins qui se situent entre 75 et 100 000 m3 / jour.
Ces derniers jours, la réparation de la canalisation a enfin été engagée. Mais la tâche s'annonce ardue pour les techniciens. La conduite est enfouie à 4 mètres dans une zone marécageuse. En attendant la fin des travaux que nul ne peut prédire, les Yaoundéens scrutent le ciel.