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Lutte contre les chenilles :
Le réveil tardif des autorités
Par Gilbert Soffo


Au mois de mai 1999 , les chenilles défoliatrices ont inquiété les paysans et les encadreurs ruraux de l'Ouest-Cameroun.

Les chenilles légionnaires, apparues subitement dans la Province en commençant par le Département des Hauts Plateaux, se trouvaient dans leur phase de développement en tant qu'une espèce de la famille des Lépidoptères (généralement appelés des papillons). Cette phase larvarie ou chenilles est particulièrement dangereuse pour les cultures, et il a été remarqué sur le terrain que cette espèce polyphage était arrivée à un moment où les plantes du premier cycle reprenaient du souffle après une période de résistance suite à une petite sécheresse inattendue de trois (03) semaines. Ces chenilles trouvaient ainsi, sur leur chemin, un malade en état de convalescence ; donc très affaibli et fragile.

Pour les zones où ces chenilles ont sévi, les attaques constituaient une vraie calamité pour le paysan démuni et la technique de lutte devant faire appel à plus de professionnalisme lorsque ces chenilles se trouvaient sur les arbres assez hauts ; elles commençaient toujours leurs attaques par les arbres (jeunes pousses), le kolatier étant particulièrement visé. Les dégâts enregistrés au 25 Mai 1999 concernaient environ 3 225 ha, en terme de superficie endommagée (arbres fruitiers, culture vivrières et pérennes) pour les 5 départements. (Bamboutos : 1 600 ha ; Hauts-Plateaux : 375 ha ; Koung-Khi : 300 ha ; Menoua : 550 ha ; Ndé : 400 ha ; Ndé : 400 ha).

La Délégation Provinciale de l'Agriculture de l'Ouest a déployé tous les moyens humains, matériels et financiers disponibles avec de temps en temps, la participation de certaines élites et des opérateurs économiques, pour mener une guerre contre ce fléau. Mais il est tout à fait regrettable de constater que les méthodes de lutte préconisées n'étaient pas toujours harmonisées et ne se souciaient pas de mesures de protection de notre environnement. La réaction a été celle d'un militaire endormi et réveillé en sursaut pour combattre un ennemi en face. Les partenaires d'intervention en milieu rural, les ONG de protection de l'environnement n'ont pas pu se mobiliser, pour apporter leur concours dans ce combat et profiter de cette occasion pour faire passer des messages pertinents et spécifiques.

Ces attaques de chenilles et les méthodes d'intervention doivent constituer une côte d'alerte et un avertissement aux pouvoirs publics sur les conditions actuelles du paysannat camerounais. Car, ce qui arrive aujourd'hui à l'Ouest pourra survenir dans d'autres coins du pays sous d'autres formes. Quant aux ONG et autres partenaires du domaine, un réveil et une prise de conscience s'imposent dans ce combat. Plus que jamais, soyons vigilants car les perturbations climatiques observées ces derniers temps peuvent être des signes révélateurs d'un déséquilibre généralisé des normes et conventions établies jusqu'alors.


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