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Dévaluation et environnement
UN COUPLE TUMULTUEUX

La dévaluation du franc CFA intervenue le 12 Janvier 1999 lors d’un sommet des chefs d’Etats africains de la zone franc à Dakar peut-elle servir "la cause" de l’environnement ? Quelles peuvent être les conséquences de cette décision – conséquences positives ou négatives – sur l’Etat de l’environnement ? Enfin aujourd’hui, est-il important de lier dévaluation du franc CFA et environnement ?

Les pays africains ont une conception "juste" de l’environnement : il doit être, d’abord, au service du développement. Le couple est jugé indissociable, intimement complémentaire. Un couple fragile… La dégradation de l’environnement, au Sahel par exemple, ruine les espoirs de développement, les pays n’ayant que peu de ressources, un panier d’exportation étroit, des sous-sols pauvres. L’Afrique Centrale est mieux "lotie", encore faut-il bien gérer ses richesses.

Lier dévaluation et environnement revient en fait à poser la question du développement. La mesure imposée, et acceptée par les capitales africaines, par la France et les institutions financières internationales peut et doit entraîner une dynamique locale de production et de consommation ; doper les exportations. Voilà pour le schéma disons classique de la dévaluation. Faut-il préciser qu’elle s’est produite dans un contexte général d’appauvrissement, d’inadaptation à l’économie mondiale, de lourdes incertitudes politiques ?

Dans ce contexte, les chances de réussite de la dévaluation sont amplement diminuées, réduites à la confiance qui naîtra dans des corps de métiers précis, comme les industriels, les paysans et les éleveurs. La dégradation économique, sur le continent, va de pair avec la dégradation de l’environnement. Le pari de la dévaluation est donc double : réorganiser les économies africaines, sur le plan national et régional, et permettre à moyen terme une croissance créatrice de richesses et d’un autre côté, remettre l’environnement à sa place ; c’est-à-dire au service du développement, d’un développement que l’on dit aujourd’hui durable.

Qu’on ne s’y trompe pas, la protection de l’environnement ne sera pas du seul fait de la bonne volonté humaine. Elle est indispensable, mais non suffisante. Cette volonté ne s’épanouira que dans des économies où la pauvreté sera éradiquée.

Jean-Jacques LOUARN

Correspondant RFI à Bamako au Mali


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