ECOVOX
![]()
Faut-il enseigner les techniques de protection de l’environnement dans les établissements scolaires du Cameroun ? Voilà une question pertinente à laquelle plusieurs structures s’attellent à trouver une réponse affirmative, alors que le vécu quotidien fait de cet enseignement une nécessité. Les élèves doivent se mettre à contribution pour sauver notre bonne vieille terre de la destruction.
Supposez un maître d’école capable de sensibiliser ses élèves à la protection de l’environnement. Il peut les amener à planter beaucoup d’arbres dans les quartiers et d’arbustes aux ronds-points. Si ces enfants assument un véritable parrainage des arbres dans le périmètre urbain, nos villes deviendront en quelques années bien vertes, plus belles ; et l’atmosphère plus vivable.
Peut-être que penser aujourd’hui à un tel scénario permet au rêve de s’installer confortablement dans notre conscience. Peut-être aussi que c’est le meilleur moyen de survoler la triste réalité qui veut que l’enfant, pour faire plaisir à ses parents, abatte tous les arbres à sa portée pour en faire du bois de chauffage, sans se soucier du reboisement. Possible ! Mais il faut toutefois reconnaître que l’ignorance est le point fort et le quotidien de tous ces jeunes qui, sans trop savoir pourquoi, subissent les effets néfastes d’un environnement en dégradation. Même les encadreurs n’éprouvent aucune gêne à avouer leur méconnaissance des problèmes environnementaux.
Dans la plupart de nos établissements scolaires, les préoccupations pour l’environnement n’intéressent presque personne, ou, dans le meilleur des cas, sont perçues comme facultatives. Les bonnes notes en français ou en mathématiques et les diplômes semblent plus importants. Mais, à quoi sert-il de s’exprimer parfaitement en français ou de savoir compter si le cadre dans lequel on évolue est totalement détruit, et, par la-même, peu propice à la sérénité et à un travail de qualité ? Un jour certainement, l’on pourra être obligé de la quitter parce que la vie y est devenue impossible. Pour ne pas aboutir à un dénouement aussi douloureux, il est urgent de faire des écoles, des lycées et collèges, des centres et sensibilisation et de formation en matière de sauvegarde de la création.
Une méthode pédagogique demande que l’on présente et discute de la question avec les élèves. Le maître ou le professeur peut également emmener sa classe constater que les habitants d’un ou de plusieurs quartiers jettent tous les déchets ménagers et solides dans les ruisseaux, en étant convaincus que la nature les aidera à régler leur gestion. Ensemble, ils pourront réfléchir sur les conséquences d’un tel comportement pour l’environnement.
A l’école ou au collège, l’on pourra aussi souligner, pour le dénoncer, l’acte des responsables des stations-services qui répandent l’huile de moteur dans les cours d’eau ou sur les rues pour faire disparaître la poussière. Dans ce cas, les enfants ont le devoir de remonter jusqu’à la source de la pollution. Ils feront alors savoir aux auteurs que verser de l’huile dans un ruisseau ou la faire infiltrer dans le sol est un crime contre l’humanité. Pourquoi ? Parce que les eaux, aussi bien de surface que souterraines, deviennent inutilisables, donc impropres à la consommation. Or l’eau, c’est la vie.
En créant une conscience pour la préservation de la nature chez les tout-petits, on les amènera à être vigilants. Chacun d’eux devra observer et voir si sa mère ou sa famille respecte les principes relatifs à la protection de l’environnement immédiat. Il obligera, par exemple, ses parents à avoir deux poubelles. Une pour les déchets de cuisine susceptibles d’être utilisés dans la fabrication du compost. L’autre, pour tous les déchets non biodégradables ou toxiques. Ainsi, petit à petit, les plus jeunes contribueront efficacement à sauver notre belle nature d’une destruction annoncée.
Moussi DEMTCHA