ECOVOX

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Dossier
FOI CHRETIENNE ET ENVIRONNEMENT

Points abordés :

L'évangile doit s'assumer sur chaque front de combat

Ambition novatrice

Environnement et théologie en Afrique : Restituer a l'homme sa vocation de "prêtre de la création"

L'actualité de " Esaïe 24"

Au nom de dieu

La doctrine de la création

La dimension écologique de l'évangile

Djininga Dingamyo : "il faut être soutenu par une certaine spiritualité"

L'église chrétienne au service de la nature

Tokombéré : un environnement tres chretien

La nature vaut-elle l'homme ?

 

LA NATURE VAUT-ELLE L’HOMME ?

Milieu naturel, ensemble de l’univers avec l’homme pour les uns et sans l’homme pour les autres, création ou ensemble des éléments naturels et artificiels où se déroule la vie humaine, les définitions que l’on peut donner au mot "environnement" sont nombreuses, divergentes ou complémentaires. Mais la réalité que dévoile ce vocable relève du vécu quotidien.

Contrairement à la doctrine évolutionniste et à la théorie du big-bang, le christianisme reconnaît en Dieu, le créateur de l’Univers entier. Après avoir créé les cieux et la terre, les eaux, la verdure, l’herbe et les arbres, les animaux, les oiseaux et les poissons, Dieu forme l’homme de la poussière de la terre, le place dans le jardin qu’il a planté en Eden en lui assignant une tâche précise : "l’Eternel prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et pour le garder" déclare l’Ecriture (Gen. 2 : 15).

Cultiver et garder le jardin : telle est la double mission assignée par Dieu à l’homme. La deuxième de ces tâches, par le verbe "garder" qui signifie défendre, conserver traduit l’idée de protection du jardin, donc de l’environnement. L’œuvre de protection de l’environnement participe alors manifestement de la volonté divine. Mais cultiver et garder le jardin n’est pas la seule recommandation que l’éternel a faite à l’homme. En effet, après lui avoir dit de cultiver et de garder le jardin, "l’Eternel Dieu donna cet ordre à l’homme : "Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu mangeras, tu mourras certainement"(Gen. 2 : 16-17).

L’arbre de la connaissance du bien et du mal qui se trouvait au milieu du jardin était "bon à manger et agréable à la vue". Mais Dieu en avait formellement interdit le fruit à l’homme sous peine de conséquences graves. Mais après avoir insinué le doute en Eve, puis nié la pertinence de la recommandation divine, le serpent convainquit la femme et l’homme de transgresser la parole de Dieu.

La désobéissance humaine a une double conséquence néfaste dans ses relations avec Dieu d’une part et avec l’environnement de l’autre. Après qu’ils entendent la voix de Dieu parcourant le jardin vers le soir, l’homme et la femme se cachent loin de sa face au milieu des arbres du jardin, se séparant de fait de leur créateur. La désobéissance d’Adam et Eve entraîne en outre une modification profonde du dessein de Dieu au sujet du jardin que l’homme avait chargé de cultiver et de garder : "Puisque tu as [] mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre. Tu n’en mangeras point ! déclare l’Eternel à l’homme, le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras la nourriture tous les jours de ta vie" (Genèse 3 : 17).

La malédiction du sol dont la dégradation est un signe, mais dont l’homme doit pourtant tirer sa nourriture, est une menace grave à la survie de l’humanité. Ainsi, rester indifférent aux questions et aux préoccupations de protection de l’environnement, c’est absolument être ignorant des enjeux de notre survie collective. Le mouvement contemporain de protection de l’environnement apparaît même comme un retour à l’une des recommandations originelles de Dieu : garder le jardin. Au-delà de l’instinct de survie collective et de l’accomplissement de la volonté de Dieu qu’elle traduit, la protection de l’environnement exprime aussi un sens élevé de l’histoire et un souci des générations futures. Travailler afin que celles-ci n’héritent pas d’une terre désertique dont elle ne pourra tirer aucune ressource, c’est faire preuve d’altruisme et d’humanisme.

Mais suffit-il de "cultiver et garder le jardin", c’est-à-dire travailler à la protection de l’environnement, (quelque noble et exaltante que soit cette tâche) pour prétendre faire toute la volonté de Dieu ? La désobéissance originelle dont la double conséquence est la rupture de la relation de l’homme avec Dieu et la malédiction de la terre est-elle compensée par l’effort de protection de l’environnement ? Au reste, la protection de l’environnement, est-elle la tâche prioritaire du chrétien ?

L’environnement a certes du prix pour Dieu qui en est le créateur. Mais ce prix ne surpasse pas celui que Dieu accorde à l’homme. S’il fallait nécessairement en apprécier les valeurs séparément, la nature vaudrait-elle plus que l’homme ? Aux yeux de Dieu, le salut de l’homme compte plus que celui de la nature. En effet, "Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1 Timothée 2 : 4)

Faire la volonté de Dieu c’est donc travailler pour le salut des hommes, pour le rétablissement de la relation entre Dieu et l’homme, relation brisée par la désobéissance du jardin d’Eden. Ce d’autant plus que l’état de l’environnement dépend de la nature des rapports de l’homme avec Dieu . Qui plus est, la souveraineté de Dieu sur la création lui donne la capacité de créer et de détruire la nature. Le déluge est une illustration de ce pouvoir divin. Le feu qui consuma les villes de Sodome et Gomorrhe est un autre témoignage non seulement du pouvoir du créateur sur l’environnement, mais aussi des causes possibles de la destruction.

A cause des péchés des hommes, Dieu peut fermer le ciel au point qu’il n’y ait plus de pluie. "Si tu n’obéis point à la voix de l’Eternel ton Dieu, si tu n’observes pas et ne mets pas en pratique tous ses commandements et toutes ses lois, déclare Moïse, le ciel sur ta tête sera d’airain, et la terre sous toi sera de fer. L‘Eternel enverra pour pluie à ton pays de la poussière et de la poudre". (Deut. 28 : 23 – 24). Elie ne prophétisa-t-il pas, de la part de Dieu trois années et demis sans rosée ni plus qui eurent effectivement lieu ? (1 Rois 17 : 1 et 7 ; 1 Rois 18 : 1).

Lorsque la dégradation de l’environnement serait due, comme il est possible que ce soit le cas, à des causes autres que physiques, les efforts humains de protection, seraient-ils suffisants ? Il y a lieu d’en douter, surtout lorsqu’on tient en compte ces propos divins consignés dans le livre des Chroniques. "Quand je fermerai le ciel et qu’il n’y aura point de pluie, quand j’ordonnerai aux sauterelles de consumer ce pays, [] . Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays" (II Ch. 7 : 13-14). Elie n’obtient-il pas par la prière que la pluie tombe sur la terre ? (1 Roi 19, 41-46).

Au demeurant, et aussi étonnant que cela puisse paraître, le plan divin, au sujet de l’environnement, prévoit de nouveaux cieux et une nouvelle terre, mais non sans une destruction préalable des cieux et de la terre actuels. Le psalmiste déclare en effet : "Tu as anciennement fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains. Ils périront mais tu subsistera ; il s’useront tous comme un vêtement ; tu les changeras comme un habit, et ils seront changés" (Ps. 102 : 26 – 27).

Si "les cieux s’évanouiront comme une fumée", si "la terre tombera en lambeaux comme un vêtement", si "le ciel et la terre passeront", les plans humains de sauvegarde de la terre et de son patrimoine, les efforts humains de protection de l’environnement, valent-ils seulement la peine ? En essayant de préserver une terre que Dieu destine à la destruction, l’homme ne s’inscrit-t-il pas finalement en faux contre la volonté de Dieu ? (2 Pierre 5-10).

Il serait injuste de ne pas reconnaître la noblesse de la cause de la protection de l’environnement. Mais protéger l’environnement est-il prioritaire pour un chrétien ? Ceux qui font de la protection de l’environnement leur tâche exclusive ont-ils une autre espérance ? Au reste, si tant est qu’il faut préserver l’environnement, le meilleur moyen de le faire ne consiste-t-il pas à réparer la désobéissance originelle qui en entraîna la malédiction ? Si Dieu destine la terre à être détruite, c’est parce qu’il ne pouvait en supporter éternellement les impuretés dont l’origine se situe dans le cœur de l’homme.

Somme toute, l’environnement se dégrade plus vite qu’il n’est protégé ou que les éléments détruits ne se renouvellent. Le créateur des cieux et de la terre n’en connaîtrait-il pas plus que quiconque le prix ? Dieu connaît mieux la valeur de l’environnement pour en être le créateur, il en a manifestement plus le souci de la préservation. Que Dieu destine néanmoins cet environnement à la destruction peut paraître paradoxal. Mais le remplacement d’une terre et des cieux n’est-il pas la meilleure action en faveur de l’environnement ? Si l’épanouissement et le bien-être de l’homme sont le but ultime poursuivi par la protection de l’environnement, l’homme serait-il en fin de compte plus heureux dans l’environnement actuel, même préservé, c’est-à-dire partiellement détruit ou dans un environnement totalement nouveau ? Pour évidente qu’elle soit, la réponse à cette question a pour préalable l’acceptation par l’homme des priorités divines.

Par Samuel Alain NGUIFFO TENE

Et Marcelin VOUNDA ETOA

 

 

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