ECOVOX

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Dossier
FOI CHRETIENNE ET ENVIRONNEMENT

Points abordés :

L'évangile doit s'assumer sur chaque front de combat

Ambition novatrice

Environnement et théologie en Afrique : Restituer a l'homme sa vocation de "prêtre de la création"

L'actualité de " Esaïe 24"

Au nom de dieu

La doctrine de la création

La dimension écologique de l'évangile

Djininga Dingamyo : "il faut être soutenu par une certaine spiritualité"

L'église chrétienne au service de la nature

Tokombéré : un environnement tres chretien

La nature vaut-elle l'homme ?

 

Tokombéré :

UN ENVIRONNEMENT TRES CHRETIEN

L’omniprésence de l’Eglise Catholique dans l’Arrondissement de Tokombéré permet à la ville du même nom d’atténuer peu à peu les effets négatifs résultant de la dégradation inquiétante des écosystèmes. En créant un centre de promotion de la santé doté d’un projet agricole, le Comité Diocésain de Développement (CDD) du Diocèse de Maroua-Mokolo s’est engagé à enrayer le spectre de la désolation dans la région.

François est un paysan du village Gazayaka Chiga. Pendant longtemps, il s’est demandé ce qu’il a fait à Dieu le Père pour mériter une enfance pénible. Abandonné à lui même dès son jeune âge, comme c’est couramment le cas dans la région en raison de l’extrême pauvreté, il a erré sans but. Désespéré, il a trouvé pendant quelque temps refuge derrière une vingtaine de bêtes appartenant à la famille. Son plaisir, les faire paître en se tordant de faim et de soif. Impuissant, il a assisté à la dégradation ultra rapide de son milieu naturel par l’érosion et le fait des hommes. Le supplice a duré, beaucoup duré.

En lui donnant sa première communion, le prêtre avait fait miroiter l’espoir. L’espoir qu’en se confiant à l’Eternel Dieu, tout chrétien trouvera solution à ses problèmes. Qu’il ait cru ou pas , François est aujourd’hui un homme nouveau grâce aux œuvres sociales et de développement de la Mission catholique de Tokombéré. "Ma vie a changé depuis le jour où les techniciens de la Maison du paysan m’ont formé", déclare-t-il fièrement.

L’homme, proche de la quarantaine, maîtrise parfaitement l’ensemble des activités de référence que mène la Maison du paysan de Tokombéré : petit élevage, pépinière, fabrication du compost, construction des diguettes, etc. En tant qu’animateur d’un comité de protection de l’environnement mis sur pied par le projet agricole du centre de promotion de la santé, il est chargé de superviser la construction des biefs et des diguettes dans les villages environnants. Son seul regret : le Gouvernement ne fait rien pour soutenir l’action des missionnaires.

MENACE PERMANENTE

A la vérité, l’institution étatique, dont les locaux se sont pourtant mis à l’abri sous les arbres, se fait fort de l’autorité publique sans toutefois se préoccuper du sort des 65 000 âmes qui se battent quotidiennement pour leur survie. Depuis l’échec cuisant de l’opération "Sahel Vert" lancée dans les années 70 par le Gouvernement de la République, planter un arbre ne fait plus partie de ses préoccupations. Poser une pierre pour freiner l’eau, encore moins. Le bâtiment qui abrite les services de la sous-préfecture est d’ailleurs sous la menace permanente d’une avancée destructrice des eaux de pluie.

Drôle d’attitude pour des responsables chargés entre autre de veiller au bien-être des administrés."Ce que l’autorité publique sait faire", soutient le père Christian AURENCHE, prêtre et médecin à l’Hôpital Privé Catholique de Tokombéré, "c’est se rendre complice du pouvoir traditionnel pour spolier les paysans de leurs terres. Nous avons demandé une parcelle pour exploiter. Cinq ans après, nous sommes toujours dans l’attente. C’est scandaleux !". Cri d’indignation, cri de dénonciation d’une sacrée injustice formulé par un homme d’Eglise résolument engagé auprès des populations misérées.

AU FRONT

A Tokombéré, l’Eglise catholique est au front. Visiblement, elle s’est fait un point d’honneur à œuvrer pour l’amélioration de la qualité de vie des habitants de l’Arrondissement. "Très vite, nous nous sommes aperçus qu’on ne peut pas soigner ou évangéliser un homme sans tenir compte des conditions dans lesquelles il vit. C’est pourquoi le projet agricole de l’Hôpital Catholique a rapidement étendu ses activités", affirme M. DJININGA DINGAMYO, responsable dudit projet. Ce dernier, créé initialement pour résoudre un problème nutritionnel à l’Hôpital, a élargi son champ d’action à l’animation rurale et à la lutte pour la protection de l’environnement. Une option qui, d’après quelques paysans et malades interrogés, a apporté beaucoup de sérénité.

Tenez ! Le projet agricole du Centre de promotion de la santé de Tokombéré a élaboré une véritable stratégie de la protection de l’environnement. Primo : s’appuyer sur les pratiques traditionnelles pour mieux sensibiliser les paysans à la plantation des arbres dans les champs. Secundo : s’organiser pour entreprendre des actions concrètes, aussi bien dans le domaine de l’agroforesterie que dans celui de la lutte anti-érosive.

L’expérience et le savoir-faire des anciens de la montagne permettent de développer plusieurs thèmes de sensibilisation, d’animation et de formation : rôle des terrasses et des arbres dans les systèmes d’exploitation traditionnels, les problèmes de l’érosion en plaine, etc. En plus, l’arbre est utilisé ici comme un élément consolidateur des diguettes, conformément au modèle d’aménagement effectif appliqué par le Frère Lucien PROVENCHER du "Village de l’Amitié" de Mokolo. Un "Village" tenu par les catholiques, au profit de tous, au service de tous.

MOUSSI DEMTCHA

 

 

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