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Dossier
FOI CHRETIENNE ET ENVIRONNEMENT |
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Points abordés : L'évangile doit s'assumer sur chaque front de combat Environnement et théologie en Afrique : Restituer a l'homme sa vocation de "prêtre de la création" La dimension écologique de l'évangile Djininga Dingamyo : "il faut être soutenu par une certaine spiritualité" L'église chrétienne au service de la nature |
Extrême Nord : L’EGLISE CHRETIENNE AU SERVICE DE LA NATUREL’Extrême-Nord du Cameroun se contente vraiment des extrêmes. D’un côté, la croissance de la population est plus rapide que celle de la production alimentaire, faisant de la Province la plus au Nord celle la plus peuplée. De l’autre, la maladie, l’analphabétisme, la famine, voire la misère ne cessent de sévir, et les écosystèmes dont dépend toute vie n’arrêtent de se détériorer. Le milieu ne dispose plus d’assez de temps pour reconstituer la couverture végétale. Actuellement, une véritable course de vitesse est engagée entre les besoins croissants des populations misérables et les moyens de les satisfaire. En dépit des incertitudes qui entourent des données humaines et physiques aussi complexes que celles de la Province de l’Etrême-Nord, l’Eglise Catholique et l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun (U.E.B.C.) ont décidé de prendre en compte les problèmes des populations locales et de les soutenir dans la recherche des solutions durables. Au nom de leur foi en Jésus-Christ, le Sauveur. Au nom du droit de tout peuple à une existence saine et productive, en harmonie avec la nature. Certains ont voulu voir en cette décision une volonté manifeste de se servir du développement comme activité-support pour leur évangélisation. Et pour cause ! Pour attirer le plus de fidèles, il faut nécessairement proposer mieux que les cinq piliers de l’Islam qui se confinent à la formation spirituelle. Sans formellement démentir ces allégations, les responsables chrétiens soutiennent une autre approche : les fondements bibliques de la sauvegarde de la création. "L’Union des Eglises Baptistes du Cameroun s’est engagée dans la lutte pour la protection de l’environnement parce qu’elle a compris que l’Evangile concerne l’homme dans sa globalité", déclare le Pasteur Jean TCHAO, Président de la Convention de l’Extrême-Nord. "On ne peut pas séparer la partie spirituelle de la partie matérielle". Et au Père AMBRICOURT Gonzague du Comité Diocésain de Développement (CDD) du Diocèse de Maroua-Mokolo d’estimer que "nous avons l’obligation de préserver la nature dont la gestion nous a été confiée par son Créateur . Chacun de nos actes est un acte de foi". Obligation divine ou pas, les Eglises Chrétiennes concernées se sont données les moyens de leur politique. L’Union des Eglises Baptiste du Cameroun a mis sur pied la Convention de l’Extrême-Nord. Depuis sa création en 1972, cette organisation non gouvernementale a non seulement sensibilisé les populations rurales sur les conséquences d’un environnement malsain, mais a également encouragé le reboisement et financé des micro-projets. Ainsi, il a favorisé le creusement de plus de 250 puits dans les régions de Gargaï, Gamboura et Zidin, et la mise en place des projets agricoles de Zidin, Bourrah, etc. En matière de soins de santé primaire, l’UBEC gère plus d’une quarantaine de centres de santé dans la Province. L’Eglise de Saint-Pierre, quant à elle, n’a pas fait dans la dentelle. Cinq organisations non gouvernementales d’obédience ou d’inspiration catholique opèrent sur le terrain. Deux d’entre eux interviennent essentiellement dans le secteur appui institutionnel, animation, éducation, formation et études : le Catholic Relief Service (C.R.S.) et l’Institut Africain pour le Développement Economique et Social (INADES – FORMATION). L’Association Tokombéré et le "Village de l’Amitié" de Mokolo, bras séculiers du Comité Diocésain de Développement (CDD) sont spécialisés dans l’agroforesterie, l’aménagement du territoire et l’hydraulique villageoise. Si le "Village de l’Amitié" est connu pour ses recherches-actions sur les essences d’arbres, les techniques d’entretien et leur utilisation, l’Association Tokombéré, elle, participe à la réforme du système agraire dans son arrondissement de compétence et à la construction des biefs en pierres maçonnées ou calées. "Les biefs", définit M. Christian CHARNIAUX, coopérant belge en service au Comité Diocésain de Développement de Maroua, "sont des micro-barrages réalisés dans les cours d’eau, dans le but de ralentir la vitesse de l’eau, de garder une partie derrière, de la laisser s’infiltrer dans le sol pour réalimenter les nappes souterraines". Grâce à cette technique, les puits qui tarissaient en aval ne le sont plus que très rarement. Le mérite de ces structures confessionnelles, c’est d’avoir fait leur devise de MAHATMA GANDHI : "Ce que vous faites pour moi, mais sans moi, vous le faites contre moi". En effet, toutes les interventions réalisées sans les personnes concernées sont perçues comme des vaches à lait du bailleur de fonds et non comme des outils de développement. Et aucune population ne peut protéger et gérer efficacement les écosystèmes par ses seuls moyens. Les ruraux, réticents au départ, sont appelés à intégrer activement les techniques de communication et de planification participative mises au point. Tous contribuent physiquement, matériellement ou financièrement à la réalisation des micro-projets, à concurrence d’au moins 50 %. Malgré le fait que l’explosion démographique est telle que la société, essentiellement agraire, n’a pas le temps d’assimiler les innovations de populations d’assurer leur subsistance, l’Eglise Catholique et l’UEBC pour l’Etrême-Nord ne démordent pas. Ces confessions religieuses demandent au Gouvernement d’établir des programmes nationaux d’action axés sur un développement forestier durable, ainsi qu’un droit foncier adapté et accessible aux paysans. Ceux-là même qui ont la responsabilité de la gestion des points d’eau et des ressources aquatiques, de la conservation du sol et de l’arbre en zone rurale. Quant à elles, elles font quotidiennement le pas décisif : celui de préparer l’avenir en mettant une société largement défavorisée sur les rails du développement. MOUSSI DEMTCHA |
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