ECOVOX

B.P. 1256, Bafoussam/Cameroun

Tél. 44 62 67 - 44 66 68/ Fax 44 66 69 E-mail : ecovox@wagne.net


Dossier
FOI CHRETIENNE ET ENVIRONNEMENT

Points abordés :

L'évangile doit s'assumer sur chaque front de combat

Ambition novatrice

Environnement et théologie en Afrique : Restituer a l'homme sa vocation de "prêtre de la création"

L'actualité de " Esaïe 24"

Au nom de dieu

La doctrine de la création

La dimension écologique de l'évangile

Djininga Dingamyo : "il faut être soutenu par une certaine spiritualité"

L'église chrétienne au service de la nature

Tokombéré : un environnement tres chretien

La nature vaut-elle l'homme ?

 

LA DIMENSION ECOLOGIQUE DE L’EVANGILE

Après avoir longtemps annoncé l’Evangile en mettant l’accent essentiellement sur sa dimension spirituelle, l’Eglise a compris qu’il fallait s’occuper, comme Christ, le Premier Evangéliste, du corps de toutes celles et de tous ceux à qui l’Evangile est annoncé. C’est ce qui a justifié l’essor des œuvres sociales chrétiennes appelées aussi œuvres de témoignage chrétien. Une certaine vision trop "spiritualiste" du salut cédait ainsi place à l’idée selon laquelle le corps, temple de Dieu (I Corint. 3 : 16-17 ; II Corint. 6 : 16 ; Actes 7 : 48) sera aussi, au même titre que l’esprit, ressuscité et revêtira l’incorruptibilité (I Corint. 15 : 53-54) pour avoir également part à la vie glorieuse dans le Royaume de Dieu. La résurrection du Christ Jésus est un gage que le salut concerne effectivement tout l’homme, esprit et corps (I corint.15). L’Evangile ne saurait donc être considéré uniquement sous l’angle spirituel, mais également dans sa dimension sociale. Mais face aux assauts répétés et de plus en plus dévastateurs de l’homme contre l’environnement, il s’avère pertinent de s’interroger sur la dimension écologique de l’Evangile.

Aujourd’hui, l’Eglise (surtout celle d’Afrique) annonce encore l’Evangile spirituel et social, comme si les questions écologiques n’étaient pas un défi et une préoccupation de grande importance évangélique. Le salut est prêché comme si le sort de la femme et de l’homme à qui s’adresse ce salut n’était pas étroitement lié à celui de leur environnement écologique. Pourtant, de l’Ancien au Nouveau Testament, il est clair que la femme et l’homme ne peuvent être sauvés que dans et avec leur environnement. L’être humain ne peut s’épanouir sans un environnement équilibré et sain.

Quand nous lisons le premier chapitre de la Genèse, une expression revient comme un refrain à la fin de chaque journée de la création : et Dieu vit que cela était bon (Genèse 1 : 4, 12, 18, 21). En véritable Artiste, Dieu a fait sortir du chaos initial la terre vivante et l’univers ordonné et harmonieux, cadres propices à toute vie et à l’épanouissement de l’être humain. Dieu a donc su que l’homme ne peut s’épanouir que dans un environnement parfait, équilibré, bon et sain. C’est pourquoi il l’a créé le sixième jour, après que l’écosystème ait été mis en place. Et, sachant d’office que la rupture de l’équilibre écologique serait fatale pour l’homme, le Créateur lui a confié la responsabilité de cultiver et de garder le jardin (Genèse 2 : 15). Dieu a fait confiance à Adam et Eve en leur donnant la terre pour l’exploiter en vue de satisfaire leurs besoins vitaux, mais dans le cadre strict de la promotion de l’équilibre écologique initial.

Malheureusement l’être humain, en quête d’une liberté, d’une autonomie et d’une indépendance somme toute légitimes, s’est trompé de choix et a perturbé du même coup les relations non seulement entre ses semblables et lui, mais également entre lui et son environnement (Genèse 3 : 15-18). Le Sol, maudit à cause du péché de l’homme, produira désormais des épines et des chardons (V.18). Et c’est péniblement que l’homme tirera de la terre de quoi satisfaire ses besoins vitaux (4 : 12).

L’introduction du péché dans le monde n’a pas seulement perturbé les relations entre les êtres humains d’un côté, entre eux et leur environnement de l’autre. L’intimité s’est également installée au sein du règne animal : le loup ne peut plus, par exemple, cohabiter avec l’agneau (Matth. 10 : 16 ; Luc 10 : 3). Par ailleurs, si à cause du péché de l’homme, la pluie ne se transforme pas en déluge pour détruire tout ce qui vit sur la terre (Genèse 6 : 9-7 : 24), elle se transforme néanmoins en poussière, en poudre (Deut. 28 : 24) et en grêle (Ps. 105 : 32), ou encoure cesse de tomber pour provoquer la sécheresse (I Rois 8 : 35 ; I Rois 17, 1 ; Agée 1 : 10). Ainsi, à cause de l’irresponsabilité de l’homme, la création a été complètement désorganisée et "attend avec un ardent désir" d’être rétablie.

C’est ici que l’on saisit mieux le sens profond de cette parole de l’Apôtre Paul : la création toute entière soupire et souffre des douleurs de l’enfantement, et attend un ardent désir d’être libérée par les fils de Dieu de la servitude de la corruption à laquelle elle a été soumise (Rom. 8 : 19-22). Décimée par l’égoïsme humain, craquée par la sécheresse, contaminée par diverses pollutions et maladies, fanée par le réchauffement, la nature pousse des cris de détresse. Et le chrétien ne saurait être indifférent à cet appel au secours.

Notre vocation de témoins du Christ Vivant nous invite impérativement à sauvegarder l’environnement en même temps que toute la création. Le chrétien a donc pour mission d’annoncer, en plus de l’Evangile spirituel et social, l’Evangile écologique. Car Dieu ne s’occupe pas seulement de l’être humain, mais aussi de la faune et de la flore qui ont du prix à ses yeux. En effet, quand au temps de Noé la terre fut corrompue et pleine de violence, et qu’il décida de mettre fin à tous les êtres vivants, Dieu prit soin de sauvegarder la semence de la race humaine et de toutes les autres espèces biologiques (Genèse 6 : 12-13 ; 7 : 2-3). A la fin du déluge, il établit une alliance non seulement avec Noé et sa descendance, mais aussi avec tous les autres êtres vivants de la terre (Genèse 9 : 8 – 17).

Jésus nous rappelle que Dieu s’occupe lui même des "oiseaux du ciel" et de "de l’herbe des champs" (Matth.6 : 26-30 ; Ps. 147 : 9). Et, lorsque le peuple de Dieu s’humilie et prie, lorsque l’homme régénéré par le Christ Ressuscité et Vivant, obéit aux exigences divines, c’est-à-dire se conduit de manière socialement juste et écologiquement responsable, la paix reprend sa place dans la communauté humaine, l’équilibre écologique se recrée et les pluies peuvent revenir pour régénérer la terre afin qu’elle produise de nouveau, en abondance, la nourriture nécessaire à la femme et à l’homme (1 Rois 8 : 35-36 ; 1 Rois 17 : 36-46 ; Actes 14 : 17).

Il est par conséquent urgent pour l’Eglise et pour tout chrétien de prendre conscience du fait que l’Evangile doit être annoncé et vécu dans ses dimensions spirituelle, sociale et écologique. Car le Règne Messianique que nous appelons de tous nos vœux verra toute la création réconciliée avec le Créateur d’abord, avec elle-même ensuite (Genèse 6 : 18-20 ; Esaïe 11 : 6-9 ; II Corint. 5 : 19 ; AP. 22 : 1-5). Le Chrétien engagé dans la protection de l’environnement s’acquitte donc du devoir d’obéissance à la mission à lui confiée par Dieu : Sauver l’être humain et son environnement écologique. Dès lors, comment ne pas voir dans cet engagement une louange à Dieu, Créateur du ciel et la terre, et à Jésus-Christ, Sauveur et Seigneur de toute la création ?

Par Jean-Blaise KENMOGNE

 

 

[Home][Sommaire]


© WAGNE: Find the african NGO's and companies by www.wagne.net E-mail : wagne@wagne.net