ECOVOX
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Dossier
FOI CHRETIENNE ET ENVIRONNEMENT |
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Points abordés : L'évangile doit s'assumer sur chaque front de combat Environnement et théologie en Afrique : Restituer a l'homme sa vocation de "prêtre de la création" La dimension écologique de l'évangile Djininga Dingamyo : "il faut être soutenu par une certaine spiritualité" L'église chrétienne au service de la nature |
L’EVANGILE DOIT S’ASSUMER SUR CHAQUE FRONT DE COMBATLargement pertinent dans son approche et profond dans ses interpellations, le texte du pasteur Zaïrois KANGUDIE MANA que nous publions ici résume fort bien notre vision en matière de témoignage chrétien. Une vision qui sort la parole de Dieu de son embrigadement comme simple message spirituel pour qu’elle puisse s’assumer sur tous les fronts, dont celui de la protection de l’environnement. La publication de cette importante réflexion en ouverture de notre dossier n’est donc que logique.Dans l’Afrique d’aujourd’hui, l’Eglise ne peut penser son être et son action que dans des termes concrets : politiques, économiques, sociaux, culturels et moraux, c’est-à-dire à travers l’action des chrétiens dans les structures mêmes du monde. Cela implique des mutations profondes où l’enracinement confessionnel des individus s’ouvre à une véritable communion qui débouche sur une véritable unité dans l’action. Qu’est-ce à dire ? D’abord ceci : la cassure qui sépare les Eglises dans leurs théologies, dans leurs sensibilités, dans leurs égoïsmes, dans leurs luttes et conflits d’hégémonie et de pouvoir doit absolument être comblée de manière cohérente. Non pas par l’affirmation des vérités dogmatiques posées en contenu de foi, mais par la conscience que les diverses formes de spiritualité et d’engagements peuvent être considérées comme autant de séquences, d’aspects, de dimensions dont il est possible d’harmoniser les espaces pour une présence de témoignage dans le monde. Plus concrètement, la séparation entre les Eglises à orientation d’engagement politique et les Eglises portées vers le développement de la dimension dite "spirituelle" de l’homme, devra être dépassée à travers des logiques concrètement assumées où ces deux dimensions du travail ecclésial constitueraient deux séquences unies et complémentaires, qui ne divisent pas les consciences, mais mettent en commun les forces pour la transformation concrète des cœurs et des institutions. Il n’y aurait pas une Eglise qui serait seule dans la vérité par rapport à d’autres qui seraient dans l’erreur, mais des communautés dont les sensibilités différentes nourrissent une même poussée d’imagination active pour changer tout l’homme et toutes les structures dans lesquelles il vit. Pour reprendre ici une formule de D. Chipenda, le temps n’est pas seulement celui de l’unité dans la diversité, mais celui de l’unité dans l’action. Autrement dit, il convient de passer de la logique des théologies abstraites et des sensibilités violentes disloquées dans leurs affrontements à la logique d’une action bâtie sur des principes globaux de structuration du témoignage commun. Plus exactement, il s’agit d’épouser une forme d’esprit où toute communauté ecclésiale, où qu’elle soit, se rend compte qu’elle a à conduire son action d’évangélisation suivant quatre principes fondamentaux : un principe d’incarnation : être de plein pied dans les questions décisives de son temps ; un principe de distanciation : soumettre l’esprit de son temps aux exigences de la parole de Dieu ; un principe de libération : conduire les hommes et les femmes à un état d’être où ils soient libérés de toutes les chaînes qui les attachent à l’inhumain, quelle que soit sa forme ; un principe de novation : tout orienter de telle manière que toujours la foi soit une dynamique d’invention des solutions nouvelles et d’orientation de tout vers l’utopie grandiose de la parole de Dieu : faire toute chose nouvelle. On passera ainsi d’une vision étriquée de la parole de Dieu comme simple message spirituel ou politique à une vision d’ensemble qui place les chrétiens sur tous les fronts, dans tous les combats de la vie humaine. Cela signifie que la parole de Dieu est à vivre sur divers fronts et qu’elle s’assume sur chaque front de combat suivant des impératifs d’humanisation. Tous les chrétiens n’ont pas à être tous en même temps sur un même front. Ils ont plutôt, selon l’abondance des talents de chacun et la forme d’énergie dont il est doté, à mener, chacun sur le front qu’il a choisi, la bataille contre l’inhumain et pour l’avènement d’un monde selon l’esprit de Dieu. L’essentiel dans tout cela est d’aménager des passerelles et de ponts entre ces fronts, d’assurer une certaine cohérence entre eux et de travailler de telle manière que tous concourent au témoignage de la puissance de la foi dans les réalités politiques, économiques, sociales, culturelles, morales et spirituelles. En d’autres termes, il est impératif d’aborder les problèmes de l’Afrique non seulement avec des discours d’Eglises adressés à la bonne volonté des cœurs à convertir, mais avec les pratiques fécondes des chrétiens qui incarnent ce discours et font rayonner ensemble, de manière visible et repérable, l’Evangile dans les structures concrètes des nations africaines. Tant qu’il n’y aura pas une action cohérente et coordonnée des chrétiens dans les domaines de la politique, de la vie économique, de l’organisation sociale et de la production culturelle, l’Eglise donnera l’impression de n’être qu’une réalité hors du champ où se prennent les décisions fondamentales sur l’avenir. Elle prendra le rôle d’une instance qui rappelle de temps à autre les principes moraux et s’adonne à du secourisme social sous la forme d’institutions de charité ; mais elle ne sera pas une force capable de donner des orientations fertiles et concrètement crédibles au destin de l’Afrique. D’où la nécessité de poser les problèmes moins en termes d’orientation abstraite qu’en termes d’action concrète des chrétiens. Pour ce faire, il est opportun de savoir créer de nouveaux lieux de présence au monde, distincts des lieux que les structures actuelles d’Eglises permettent d’atteindre. Savoir également trouver de nouvelles manières de parler de l’Evangile, distinctes du langage de la tradition de nos Eglises et susceptibles de se déployer autrement que par les diatribes doctrinaires insignifiantes ou par les vœux pieux d’un moralisme sans enjeux |
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