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Décidément
le projet de construction d'un oléoduc pour l'évacuation
du pétrole tchadien jusqu'à la côte
atlantique camerounaise résiste aux épreuves
Le 9 novembre dernier, un
communiqué du Gouvernement tchadien annonçait le retrait
des consortiums Elf et Shell du projet de construction du
pipeline Tchad - Cameroun, pour l'évacuation du pétrole
de 300 champs du sud du Tchad.
Le communiqué qualifiait
ce "lâchage" d1une manœuvre dont le but était
de compromettre la réalisation dudit projet. Le Gouvernement
de Ndjamena brandissait également la menace des poursuites
judiciaires contre Elf et Shell qui avaient donné au départ
toutes les assurances de participation jusqu'au bout. Ce
"lâchage" compromettait dangéreusement la construction de
cet ouvrage, car Exxon resté seul
dans le projet représentait
environ 31% du capital joint au 20% représentant la participation
des Etats du Tchad (5%) et Cameroun (15%). Tout était réuni
pour que le projet soit arrêté ou alors tout au moins reporté
pour plusieurs décennies encore.
Les raisons qui ont motivé
le retrait des deux consortiums restent jusqu'à ce jour
mystérieuses. Car le pétrole existe en quantité suffisante
pour garantir plus que de besoin la rentabilité de l'investissement.
Toutefois, certains analystes ont pensé qu'il s'agissait
d'une capitulation des pétroliers face à l'activisme débordant
des Ong qui ne cessaient de claironner sur ce qu'ils appelaient
"la menace sur l'environnement". D'autres par contre ont
décelé des mobiles politiques. En effet, des sources généralement
bien informées faisaient état de l'insécurité grandissante
au Tchad et surtout de l'incapacité des Gouvernements actuels
du Tchad et du Cameroun de pratiquer la bonne gouvernance.
Elf et Shell qui ont beaucoup
d'accointances avec les politiques auraient trouvé indécent
pour les peuples des deux pays, qu'elles cautionnent des
régimes qui ne sauvegardent pas les intérêts des populations.
Cet argument a d'ailleurs largement été développé devant
la Banque Mondiale qui doit supporter les frais de la participation
des deux gouvernements dans le projet. il est démontré que
les hommes au pouvoir, aussi bien au Cameroun qu'au Tchad
ne seraient pas dignes de confiance. ils ne présenteraient
aucune garantie que les fonds générés par l'exploitation
de ce pétrole serviraient au développement des pays et du
bien-être des populations. C'est d'ailleurs pour cette raison
qu'une délégation au sommet de la Banque mondiale est descendue
sur le terrain pour vérifier les risques écologiques, d'insécurité
et obtenir les avis des populations.
La première analyse de la
situation est simple et claire; les dirigeants de la Banque
mondiale ont découvert au Tchad une pauvreté outre mesure.
Selon le vice président qui conduisait la délégation, il
n y a pas plus pauvres que les habitants de cette région
tchadienne dans le monde. Il est obligatoire pour l'humanité
de faire quelque chose pour sortir ce pays de cette misère
inqualifiable dignes de confiance. Ils ne présenteraient
aucune garantie que les fonds générés par l'exploitation
de ce pétrole servirait au développement des pays et du
bien être des populations. C'est d'ailleurs pour cette raison
qu'une délégation au sommet de la Banque Mondiale est descendue
sur le terrain vérifier les risques écologiques d'insécurité
et obtenir les avis des populations. A cet effet, la BM
s'est engagée a soutenir financièrement le projet, pas pour
les gains que va générer le pétrole mais uniquement pour
lutter contre la pauvreté. Cette position semble partagée
par de nombreux décideurs en occident.
Et comme une bonne nouvelle
ne vient jamais seule, Elf et SheIl seraient revenues sur
leur décision de retrait du projet, leur retour, ils retrouvent
aussi d'autres consortiums pétroliers qui ont été interessés
à ce projet par Exxon. On parle de AGiP-BP-Âmogo et Texas
qui s'apprêtent à partager le capital du projet avec les
premieres. Un reournement de situation qui arrange les choses
pour les gouvernants tchadiens et camerounais qui semblent
fonder beaucoup d'espoir à la réalisation de ce projet.
Georges Messouane Medjué
Source : Le jeune Détective N°
056 du 16 décembre 1999 p. 5
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