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Source : JEUNE AFRIQUE ECONOMIQUE
du 31 au 13 juin 1999
Depuis plusieurs années, le projet
de construction du pipeline Tchad-Cameroun fait l’objet
de vifs débats entre gouvernements, partis politiques,
organisations écologistes et bailleurs de fonds.
C’est à la banque mondiale, interlocuteur incontournable
sollicité par le Tchad et le Cameroun pour le financement
de leur participation au projet, que reviendra le dernier
mot. En attendant, le consortium pétrolier (Esso,
Shell et Elf) tente de soigner son image. Des études
d'impact, commandées à l'entreprise australienne
Dame and Moore, se sont efforcées de faire ressortir
toutes les conséquences possibles pour l’environnement.
Une information d’importance, non-comprise
dans les documents publiés par les Australiens, pourrait
remettre en cause le tracé du pipeline.
L’Association pour la protection des écosystèmes
marins et côtiers(APEMC) a démontré
que le site choisi par la Cameroon Oil Transportation (COTCO)
pour installer à un port en eau profonde à
Kribi est situé dans une zone à fortes potentialités
halieutiques et propice à la pêche artisanale,
voire industrielle.
La profondeur prévue (11km) semble
inadaptée pour un brut aussi lourd (avec un fort
taux de carbone). Les déversements, très fréquents
dès l’entrée en activité du terminal,
atteindront très rapidement les sédiments.
il s’agit pour l’APEMC d’une menace directe pour la faune.
Dame and Moore a jugé l’étude de l’Association
pertinente, au point de proposer aux responsables de la
COTCO de déplacer le terminal à 15km de profondeur,
vers la zone internationale à faible courant d’eau.
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