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Diplomate, Docteur en relation internationales,
Mpouel est un ancien secrétaire général
du Ministère des Relations Extérieures.
L'exploitation forestière durable n'est pas l'affaire
de l'Etat seul. Elle relève de la
corresponsabilité de multiples acteurs. Monsieur Lazare
Mpouel Bala, Secrétaire
Général du Ministère de l'Environnement et
des Forêts en a fait une préoccupation
récurrente dans ses interventions d'ouverture et de
clôture du Séminaire
Camerouno-Hollandais sur l'exploitation forestière
durable.
Dans la recherche effrénée d'un mieux-être,
l'homme s'est toujours comporté comme si la nature
en général et particulièrement la forêt
avaient des ressources inépuisables. Aussi, continue-t-il
de l'exploiter de façon irresponsable, détruisant
par ici la beauté naturelle des paysages, s'attaquant
par là-bas à la biodiversité et, aggravant
plus loin l'érosion des sols. Ainsi, il compromet partout
l'équilibre des écosystèmes, et ne s'est
jamais posé la question de savoir si ce qu'il gagne
vaut ce qu'il perd.
Conscient des risques auxquels est ainsi exposé notre
patrimoine sylvicole, le Chef de l'Etat
Camerounais crée en Avril 1992 tout un Ministère
de l'Environnement et des Forêts. En janvier
1994, le Chef de l'Etat promulgue la Loi n° 94/001
portant régime des Forêts, de la Faune et de la
Pêche et le 23 août le Premier Ministre prend
un décret fixant les modalités d'application du
régime des forêts. C'est dire que la problématique
de l'exploitation durable des forêts est au centre
des préoccupations des Pouvoirs Publics. Comment en
serait-il autrement quand on sait que la forêt porte
des valeurs socio-culturelles, a des atouts économiques
et un impact confirmé dans la stabilisation des climats
? Lorsqu'on note qu'elle couvre près de 47 % de notre
territoire national ?
Lorsqu'on y découvre des plantes précieuses susceptibles
de soigner les maladies les plus
redoutables et lorsqu'on sait enfin qu'elle suscite aujourd'hui
comme hier de nombreuses convoitises ? C'est dire l'importance
du présent séminaire qui vient à point nommé
apporter sa contribution à la réflexion engagée
par le Gouvernement du Renouveau sur la gestion durable
de nos forêts. Cela montre clairement que sur le chantier
de la construction nationale, il y a de la place et du travail
pour tous. Dans cette perspective, la collaboration entre
la société civile et les Pouvoirs Publics n'est
pas seulement souhaitable ; elle est impérieuse. Elle
ne s'improvise pas ; elle doit se construire sur la base
d'objectifs communs.
ACTIONS CONCRETES
Il est évident aujourd'hui que le Cameroun ne peut
pas relever le défi de l'aménagement durable de
ses forêts sans la contribution déterminante des
partenaires internationaux. Cette coopération souhaitée
en matière de gestion durable des forêts, ne peut
être efficiente que si les acteurs concernés établissent
d'accord parties les contours et les modalités de leur
co-action dans le cadre d'un partenariat réel. Les
bonnes intentions ne suffisent plus. Il faudrait qu'ensemble,
nous oeuvrions pour que des actions concrètes suivent
ces intentions généreuses. A cet égard, l'apport
du gouvernement néerlandais, à travers des partenaires
comme ICCO, doit être apprécié à sa
juste valeur.
L'Etat Camerounais est également conscient qu'il ne
peut rien faire d'efficace et de durable sans
l'intervention de toutes les parties prenantes. Comme l'a
si bien relevé le Pasteur Jean Blaise
Kenmogne, "la forêt est une chose trop sérieuse
pour ne concerner que l'Etat seul. Elle est aussi
l'affaire de la société civile dans son ensemble".
L'administration, les exploitants forestiers, les
marchands de bois, les consommateurs, les ONG de développement
durable et de protection de l'environnement, les populations
riveraines, tous doivent dépasser leurs intérêts
souvent
contradictoires, pour faire de la quête de la gestion
durable des forêts un espace de lutte contre la pauvreté
et de promotion de justice sociale.
FORUM DE REFLEXION
Les ONG doivent s'illustrer dans ce combat, avec la force
de leurs convictions et grâce à la
souplesse de leur organisation, par des actions d'information,
de formation et de sensibilisation des exploitants forestiers
et des communautés riveraines sur la nécessité
d'un développement durable de notre forêt. Elles
doivent également s'affirmer comme un forum de réflexion
et oeuvrer pour que les textes législatifs et réglementaires
s'incarnent dans des faits concrets.
CONSENSUS DYNAMIQUE
Les Parlementaires, les Administrations Publiques, les
Exploitants forestiers autant que les
communautés locales devraient uvrer pour un consensus
dynamique qui intègre toutes les parties prenantes
et fait de la gestion forestière durable une réalité
vivante.
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