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Par Jules Talom, Ingénieur Agronome
Coordinateur du programme rural CIPCRE-Cameroun
La forêt est une ressource indispensable. Sa préservation
et sa gestion durable sont nécessaires à juste titre : elle
possède plusieurs fonctions régulatrices.
Rappels. Le couvert forestier, à travers les racines des
arbres qui le constituent, stabilise le sol et freine l'érosion.
Ainsi, les filets d'eaux ne peuvent pas se former, l'eau
ne peut acquérir de dynamiques destructions. Bien plus,
l'eau stockée est progressivement restituée à l'atmosphère
par évapo transpiration. Celle qui pénétre dans le sol alimente
les végétaux ou descend dans le sous-sol. Ce couvert rend
également les sols poreux et augmente leur fertilité en
changeant leurs structures et en reconstituant leur humus.
En effet, la biomasse végétale qui tombe sur le sol accroît
la vie dans le sol. On voit naître des milliers d'êtres
vivants sur les sols à l'instar des vers de terre, d'arthropodes,
de protozoaires, des bactéries, d'algues et de champignons
microscopiques, principaux responsables de la formation
de l'humus.
Les arbres qui constituent le couvert végétal, par leurs
organes aériens, freinent la violence du vent et de la pluie
et absorbent l'eau ou la stockent. La forêt est le réservoir
de la biodiversité car, elle constitue l'habitat d'une grande
diversité d'espèces animales et végétales. La destruction
de la forêt entraîne la disparition des espèces animale
et végétale.
A titre d'exemple, dans la réserve forestière de Santchou,
la population des éléphants s'est réduite à la suite de
la disparition de leur habitat. Le stock des espèces animale
et végétale constitue une source importante pour la nutrition
et la santé humaine. Il peut également être une base pour
l'obtention des variétés sauvages qui serviront pour les
croisements divers par les généticiens. A partir de certaines
variétés sauvages on peut obtenir des variétés résistantes
à certaines maladies dans les domaines de l'agriculture
et de l'élevage.
Les projets de conservation de ces espèces in situ seront
plus durables s'ils développent des stratégies qui impliquent
les populations riveraines, principaux bénéficiaires de
ces forêts.
Le déboisement intempestif modifie le régime hydrologique.
Le sol, privé de son couvert végétal, n'est plus à mesure
de retenir l'eau : elle s'écoule abondamment, modifiant
le débit des cours d'eau qui devient irrégulier. Il y a
de ce fait, un risque régulier d'inondation. Le couvert
forestier réduit les ruissellements et facilite la pénétration
des eaux dans les sols. Cette eau augmente le niveau de
la nappe phréatique et alimente les sources. La présence
de la couverture forestière le long des cours d'eaux pour
certaines espèces particulières, empêche ces derniers d'être
en contact direct avec les rayons solaires, ce qui diminue
l'évapo transpiration et réduit leur dessèchement.
A titre d'exemple, le dessèchement des cours d'eaux dans
les Hautes Terres de l'Ouest Cameroun est causé en grande
partie par la disparition des forêts galeries qui bordaient
ces cours d'eaux.
La mauvaise gestion du patrimoine forestier peut avoir
une influence considérable sur la régularisation des températures
de l'air et du sol en créant des micro-climats dans une
région. Cette régularisation se fait principalement par
les échanges de gaz avec l'atmosphère.
Compte tenu de tous ces éléments, les acteurs de l'exploitation
forestière doivent préserver les ressources de ce patrimoine
qui constitue les poumons de l'humanité.
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