Cameroun : LA REPONSE NATIONALE AU VIH/SIDA
Malgré
de nombreuses campagnes de sensibilisation menées par le Comité
National de Lutte contre le SIDA (CNLS) depuis sa création en
1987, l’épidémie de SIDA a continué de progresser.
Le taux de prévalence du VIH dans la population sexuellement
active est estimé à 7,2 % en 1998, contre 0,5 %en 1992.
En outre, le nombre de cas déclarés de SIDA a dépassé
20 419 cas entre 1985 et 1998, dont plus d’un tiers pour la seule année
1998.
Au fait,qu’est ce qui explique ce grand bond en avant de la séroprévalence
au Cameroun ? A la vérité, plusieurs obstacles entravent
la lutte contre le SIDA au Cameroun : l’indifférence et/ou l’ignorance
de la population (essentielemernt les enfants et les femmes ) ,surtout
dans les provinces septentrionales; la forte perception de la lutte
contre le SIDA comme une affaire de santé et non des autres secteurs;
la méconnaissance ou la connaissance insuffisante des orientations
du gouvernement dans le cadre du programme de lutte contre la pauvreté
et du plan sectoriel santé; la coordination insuffisante des
activités des différents partenaires qui ne bénéficient
d’aucun cadre stratégique pour leurs interventions; la trop forte
centralisation de la lutte contre le SIDA; la faiblesse et/ou l’absence
de collaboration entre le Comité National de Lutte contre le
SIDA et les Organisations non gouvernementales ( ONG); la faible implication
de tous les partenaires du " monde du travail "
( employeurs , patronat, partenaires nationaux et internationaux ),
etc.
Face
à cette situation plutôt dramatique, le Ministère
de la santé publique, par décision N° 209/D/MSP/CAB du
2 février 1998, a restructuré le Plan National de Lutte
contre le SIDA, en consacrant notamment la multisectorialité
et la décentralisation en matière de lutte contre le SIDA.
Les effets de cette mesure se font encore attendre, en raison probablement
de son caractère récent et du manque de plan stratégique,
cadre des interventions.
Avec
l’appui de l’ONUSIDA et son groupe thématique au cameroun, le
Gouvernement Camerounais a fait élaborer un " plan
stratégique de lutte contre le SIDA au Cameroun ( 2000-2004)
qui définit le cadre stratégique de lutte, précise
les domaines d’actions prioritaires selon les axes de prévention,
de prise en charge et de lutte contre les conséquences socio-économiques
du VIH/SIDA, avec un point particulier sur la sécurité
sanguine.
Sur
la base du plan sectoriel santé, un plan d’action opérationnel
a été proposé pour la période 2000-2003.
Celui-ci intègre les activités concrètes à
mettre en oeuvre ( coûts, acteurs, indicateurs). Et sur la base
du plan stratégique, du plan opérationnel et des instructions
des pouvoirs publics, un plan d’urgence a été conçu
en direction des jeunes, des forces armées et polices, des douaniers,
du personnel du port autonome de Douala, des filles libres et des étudiants.
La mise en place d’un centre de dépistage du VIH participe également
de l’urgence.
A
court terme, les activités de lutte contre les MST/SIDA se regroupent
de la façon suivante : des actions multisectorielles d’information
et sensibilisation avec accent en direction des jeunes afin de promouvoir
des modes de vie sains; des actions de prise en charge psychosociale
des personnes vivant avec le VIH / SIDA ainsi que leurs proches; des
actions de prise en charge des malades porteurs de MST; des actions
visant à garantir et renforcer la sécurité transfusionnelle;
des actions visant à assurer la sécurité des injections
tant dans le cadre des soins curatifs que dans celui des vaccinations;
la création des centres de dépistage anonymes.
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La
parole un spécialiste :
Jean Jacques Akamba, Biologiste des Hôpitaux, Epidémologiste