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Dossier :

 

Rompre le silence autour du SIDA


L’ETAT DE LA RECHERCHE EN VIH

Les progrès du génie génétique au cours des années 1980 permettent de répliquer en éprouvette les formes ARN ou ADN du " code " génétique du VIH grâce à une technique appelée Polymerase Chain Reaction (PCR). cette méthode révolutionnaire a permis d’utiliser l’information génétique pour différencier les deux types principaux de VIH, le type I (VIH-I) et le type 2 (VIH-2), ainsi que des souches distinctes au sein de chacun de ces sous-types.

Le VIH-I est plus virulent que le VIH-2. Il est la forme la plus répandue à travers le monde. Jusqu’à présent, le VIH-2 sévit principalement en Afrique de l’Ouest et représente une petite minorité des infections dans d’autres parties d’Afrique, d’Amérique du Sud et de l’Ouest de l’Inde.

Applications

- Comme c’est le cas pour les autres maladies infectieuses pour lesquelles un typage de souches peut être effectué, la possibilité de comparer et de distinguer les souches spécifiques de virus VIH isolées chez les personnes infectées permet de suivre la propagation du virus d’une personne à une autre, d’un pays à un autre et d’une région à une autre.

- La surveillance et la connaissance de l’expansion géographique d’une souche de VIH-I est important car elle permet de confirmer ou d’infirmer les chaînes de transmission d’un individu à un autre et de fournir des renseignements sur la manière dont se propage l’épidémie. En outre, l’élaboration et la performance des vaccins contre le SIDA et le pronostic clinique de l’infection peuvent être influencés par des proprietés biologiques inhérentes à chaque sous groupe et qui peuvent se manifester par une évolution différente de l’infection.

Les Sous-types de VIH-1 et VIH-2

- Pour le moment, il existe deux groupes principaux de VIH-I: les groupes " M " et " O ". La majorité des infections par le VIH-I diagnostiquées et étudiées à travers le monde appartiennent au groupe M. Le groupe O comprend un petit nombre d’isolats découverts en Afrique (et dans un cas récent aux Etats-Unis). Ces virus sont génétiquement assez dissemblables des virus du groupe M, et peuvent par conséquent échapper au dépistage utilisant un test de laboratoire standard pour le VIH-I.

- Le VIH-2 se subdivise en sous-types A et B. Cependant, les techniques de séquençage d’d’ADN ont récemment permis de caratériser les sous-types C,D et E.

Distribution Géographique

- L’on a jusqu’à présent identifié 8 sous-types -classés de A à H- dans le groupe M prédominant de VIH-I. La plupart d’entre eux ont été retrouvés dans une partie ou une autre de l’Afrique, tandis que certains sous-types constituent la principale forme du virus dans d’autres régions du monde.

- Le sous-type B prédomine en Europe parmi les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes. On a identifié plusieurs autres sous-types chez les quelques personnes infectées par voie hétérosexuelle en Europe et dans les pays de l’ex-Union Soviétique. On a également retrouvé des virus du sous-types B en Indonésie, aux Philippines et à Taiwan.

- Le sous -type C prédomine en Inde et coexiste avec un petit nombre d’infections par les sous-types A et B. En Thaïlande, le sous-type E est responsable de la plupart des infections tandis qu’une minorité de sous-types B ont été identifiés chez les utilisateurs de drogues injectables. Ce sous-type B a également été retrouvé chez les toxicomanes du Myanmar, en Malaisie et dans le Sud-Est de la Chine.

- Le sous-type B est le plus représenté aux Amériques (du Nord, du Sud et Centrale), en Australie, en Nouvelle Zélande et au Japon. On rencontre le sous-type F en Roumanie. Le sous-type C est également retrouvé chez un petit nombre de cas d’infections par le VIH au Brésil.

Implications Biologiques

- Des travaux préliminaires de recherche biologique en Thaïlande suggèrent que le sous-type E pourrait être plus facilement transmissible par voie sexuelle que le sous-type B, tandis que des études cliniques préliminaires effectuées dans ce pays laissent penser que l’infection par le sous-type E pourrait engendrer des taux de lymphocytes CD4+ circulants significativement plus faible que le sous-type B. Des résultats in vitro obtenus aux Etats-Unis montrerait que les sous-types C et E infectent plus aisément les cellules de Langerhans des parois des voies génirtales que le sous-type B.

- L’on ignore si un vaccin anti-SIDA dirigé contre un des sous-types de VIH-I permettra de protéger la personne vaccinée contre les autres sous-types auxquels il ou elle serait exposé(e). Le fait de savoir quels sous-types coexistent, et dans quelles proportions au sein de régions géographiques spécifiques, aura une importance capitale lorsqu’il s’agira de concevoir des essais cliniques des vaccins à venir. Il existe désormais des techniques simples et peu onéreuses pour recueillir du VIH-I. Des gouttes de sang séchées et non-contaminantes peuvent être recueillies et envoyées par courrier, sans être réfrigérées, à des laboratoires capables d’effectuer une PCR et un sous-typage.

Besoins et conséquences de la recherche

- Certains pays présentent une épidémie où plusieurs sous-types coexistent en nombre important. C’est par exemple le cas des sous-types A et E en Thaïlande, A et D en Ouganda et B et C en Afrique du Sud. Des études prospectives menées parmi les personnes infectées qui continuent de s’exposer au VIH (par exemple les prostitué(e)s et les utilisateurs de drogues injectables) pourraient nous apprendre si l’infection par un sous-type. Des données récentes recueillies au Sénégal suggèrent que l’infection par le VIH-2 offre une protection partielle contre une surinfection par le VIH-I. Si les surinfections ne surviennent pas aussi souvent que l’on pourrait s’y attendre, cela pourrait renforcer la possibilité que des vaccins à base de virus entier tué ou vivant et inactivé pourraient être efficaces s’ils imitent la réponse immunitaire naturelle dirigée contre le VIH.

Source : Etat et tendances de la pandémie mondiale de VIH/SIDA, 1996.


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