Recommandations Relatives au Recueil des Informations Concernant
la Surveillance du VIH/SIDA
Les
épidémies de VIH et autres infections sexuellement transmissibles
continuent de ses propager à travers le monde. Le besoin de comprendre
plus clairement les dynamiques de la transmission, l’impact des épidémies
et les mesures conçues pour les infléchir continue de
croître. Il nous faut reconnaître les lacunes de nos connaissances,
réexaminer nos besoins en informations, accroître nos capacités
d’interprétation de cette information et identifier les méthodes
les plus rentables de recueil de ces données.
Le
principe fondamental de tout système de surveillance doit être:
" les données sont-elles distribuées par le
plus grand nombre possible d’utilisateur ? ". Le système
de surveillance du VIH/SIDA établi dans les premières
phases de l’épidémie en Thaïlande s’est montré
irremplaçable, non seulement en termes de qualité et de
quantité des données générées mais,
surtout, parce que le recueil continu d’informations est devenu une
partie intégrante de la réponse de ce pays à l’épidémie.
Il a pu être mis en place parce que les données étaient
largement diffusées dès qu’elles étaient recueillies,
fournissant ainsi un puissant outil permettant d’accroître la
visibilité publique de l’épidémie et d’affiner
les interventions au sein des programmes. Bien que les coûts,
les protocoles et l’infrastructure du système thaïlandais
ne soient pas applicables à toutes les situations, la dissémination
des données de façon systématique crée un
précédent qui servira d’ exemple pour les autres
systèmes de surveillance nationale.
Afin
d’améliorer notre compréhension de l’épidémie,
les recommandations/principes suivants devraient être pris en
considération :
-
La mise en place d’un système minimal de surveillance du VIH/SIDA
doit être un élément-clé de la réponse
initiale de tout pays.
-
L’on devrait s’en remettre aux données de prévalence actuelle
et délaisser les données cumulées de VIH qui peuvent
masquer les véritables tendances de l’épidémie.
-
La notification des cas de SIDA est très peu fiable dans la plupart
des pays en voie de développement. Les déclarations sous-évaluent
le nombre réel de ces et ces cas ne sont pas toujours définis
selon les mêmes critères. Par conséquent, le nombre
de cas de SIDA déclarés ne reflète pas l’état
actuel de l’épidémie.
-
La notification des cas de SIDA remplit trois fonctions :
1.
L’estimation rétrospective du nombre des infections par le VIH
après avoir ajusté les données pour compenser le
retard dans les déclarations et les notifications incomplètes
;
2.
L’estimation de la mortalité liée au SIDA;
3.
La quantification des contraintes éventuelles imposées
par l’épidémie sur les systèmes sanitaires et sur
les autres secteurs de la société.
-
Les systèmes de notification passive destinés à
recueillir des données relatives aux cas de SIDA sont en général
peu onéreux. Cependant, il convient désormais de développer
des moyens plus crédibles pour répondre aux besoins mentionnés
ci-dessus. La notification des cas de SIDA continue à représenter
un aspect essentiel d’un système minimal de surveillance. Le
SIDA demeure un puissant indicateur de la morbidité et de la
mortalité liées à cette épidémie,
notamment pour les décideurs politiques. Lorsqu’on les analyse
par groupe d’âge et au cours du temps, l’analyse des cas de SIDA
peut fournir de précieuses informations sur les tendances en
cours parmi les groupes d’âge les jeunes.
-
L’objectif d’un système sentinelle de séroprévalence
du VIH est de générer une série de données
homogènes de prévalence en utilisant une méthodologie
uniforme qui prélève des échantillons dans des
populations sélectionnées (femmes consultant pour une
maladie surveillance prénatale, patients consultant pour une
maladie sexuellement transmissible, prostitué(e)s, etc.) en milieu
urbain et rural.
-
Même lorsque l’on dispose de données fiables concernant
la prévalence du VIH dans diverses populations représentatives,
leur interprétation est parfois délicate. Il est indispensable
de recueillir des informations relatives à diverses autres questions.
On doit alors avoir régulièrement recours à des
enquêtes plus ciblées qui évalueront les données
de séroprévalence du VIH à la lumière :
*
des modifications de comportements (par exemple, le nombre de partenaires
sexuels, l’utilisation de préservatifs, les antécédents
d’infections sexuellement transmissible);
*
de la prévalence des infections sexuellement transmissibles dans
des populations spécifiques (par exemple les prostitué(e)s,
les femmes consultant dans des centres de suivi prénatal);
*
de la morbidité et la mortalité liées au SIDA (par
exemple, le taux d’occupation des lits hospitaliers par établissement,
l’utilisation d’indicateurs tels que le nombre de cas de tuberculose
et d’autres relatifs aux personnes vivant avec le VIH/SIDA et aux décès);
*
de la fertilité ;
*
de l’évaluation de la " saturation épidémique "
des populations vulnérables ;
*
de l’évaluation des erreurs d’échantillonnage potentielles
(celles, par exemple, qui sont dues aux migrations);
*
de l’évaluation des déterminants sociaux et économiques
de la vulnérabilité vis-à-vis de l’infection par
le VIH.
-
Au fur et à mesure que les gouvernements auront à assumer
des responsabilités croissantes pour maintenir les systèmes
de surveillance et que le rôle des bailleurs de fonds multilatéraux
et bilatéraux évoluera, il sera essentiel de déterminer
les coûts des systèmes de recueil des données de
surveillance du VIH et d’y consacrer les ressources nécessaires.
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parole un spécialiste :
Jean Jacques Akamba, Biologiste des Hôpitaux, Epidémologiste