COMMUNIQUER POUR NE PAS MOURIR
C’est
un secret de polichinelle: la communication sur des sujets qui relèvent
de la sexualité n’est pas chose aisée. Plusieurs facteurs
sociaux l’expliquent, avec la bénédiction des parents
et de la société dans son ensemble. La cellule familiale
et le milieu social entretient et cultivent l’idée selon laquelle
les questions de sexe sont dans l’ordre de l’interdit. Conséquence
: les enfants grandissent dans l’ignorance et à l’aveuglette.
En effet, " dans certaines familles, parler de sexe avec l’enfant
reste un sujet tabou. Il y a certains parents qui ne sont pas ouverts
; quand vous leur dites que vous avez une petite amie, ils prennent
mal la chose, ils réagissent comme si vous leur avez annoncé
la fin du monde ", déclare un jeune enquêté
d’IRESCO. Or il est urgent de " faire comprendre aux gens
que le SIDA existe parce qu’il y en a beaucoup qui croient que le SIDA
n’existe pas ", de " leur rappeler comment ça
s’attrape et comment on peut faire pour se protéger ".
La
meilleure méthode de lutte contre les grossesses indésirées,
les MST ou le SIDA passe par la promotion du dialogue entre les parents
et les enfants. Ceci est d’autant plus vrai que les parents sont les
premiers éducateurs. Il est donc important que " le
parent assure lui-même l’éducation de son enfant (en matière
de sexualité) avant que les autres sources d’information n’interviennent ",
propose un jeune élève de 19 ans.
La
promotion de la communication interpersonnelle ou de proximité
apparaît également comme une stratégie efficace
de lutte contre le SIDA, surtout dans les zones rurales et pauvres qui
n’ont pas accès aux moyens modernes de communication. Cette approche,
qui se veut " de bouche à oreilles ", encourage
le dialogue entre amis et partenaires, à travers l’organisation
des causeries éducatives dans les quartiers des villes et des
villages. On pourra ainsi rappeler aux uns et aux autres " combien
de morts il y a chaque jour à cause du SIDA " et surtout
que " le SIDA, c’est une affaire de tous ça concerne
tout le monde, vieux, jeunes, enfants, toute la population ".
Autres
méthodes de communication pertinentes : les campagnes de sensibilisation
à travers les médias. Celles-ci, qui doivent s’inscrire
dans la permanence et cibler toutes les catégories et classes
sociales, passent par la diffusion des spots, des informations et des
documentaires et à la radio et à la télévision.
Il serait également intéressant d’envisager la sensibilisation
dans les institutions scolaires et universitaires en direction des apprenants
et des enseignants - ainsi que dans les institutions religieuses en
direction des ministres du culte et des fidèles.
La
diffusion des sketches et des feuilletons, l’organisation des foires
exclusivement consacrées aux MST/SIDA, l’organisation des jeux-concours
sur l’éducation sexuelle, le témoignage des séropositifs,
la création des centres de conseils animés par les jeunes,
la mise sur pied des programmes de discussion entre jeunes ... sont
autant d’instruments ou de canaux d’information, d’éducation
et de communication qui nous empêcheraient de mourir ... précocement.
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