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«Kondengui…Kondengui… ». Ce refrain
d’un chanteur de bikutsi est connu de tous les Camerounais. L’artiste
y met en relief les dures conditions du pénitencier de
la capitale et conseille à tous ses concitoyens de se garder
d’y séjourner. Kondengui n’est pourtant pas que tout cela.
Depuis quelques années, son régisseur, Jean Marie
Pongmoni, organise ce qu’il a dénommé « la
semaine du détenu ». Au départ, il s’agissait
de briser un peu la monotonie de la vie carcérale, en organisant
des manifestations socio-culturelles. Au fil des ans, l’initiative
a gagné en notoriété, au d’être aujourd’hui
un grand événement.
Pour l’édition 99 de la journée du
détenu, Kondengui a « ouvert ses portes » à
de nombreuses personnalités qui sont venues témoigner
leur solidarité aux détenus. Solidarité traduite
par des actes de générosité. Les détenus
ont ainsi reçu des vivres, des médicaments, des
vêtements, etc. La semaine a aussi été marquée
par des tables rondes, des compétitions sportives,
des concerts de musique et des célébrations religieuses.
Toutes ces activités visaient un même objectif :
faire comprendre aux détenus que la prison est un lieu
de rééducation en vue d’une nouvelle socialisation,
et non un bannissement de la société des hommes.
Le régisseur Pongmoni appelle cela « humaniser
la prison ».
Détails de taille : la semaine du détenu
se tenait au moment où Kondengui accueillait deux nouveaux
« locataires » de marque : MM. Pierre Désiré
Engo (ancien Directeur de la Caisse Nationale de Prévoyance
Sociale) et Mouncheipou Seidou (ancien ministre des Postes et
Télécommunications), limogés par le Chef
de l’Etat au début du mois de septembre, inculpés
et écroués pour détournement des deniers
publics et autres abus. Quelques jours après, Kondengui
défrayait encore la chronique avec une évasion spectaculaire
de détenus qui n’ont malheureusement pas eu à
courir longtemps avant de se faire prendre…
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