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Le gouvernement camerounais, sous la pression
des bailleurs de fonds, vient d'adopter un programme
national de gouvernance(PNG). La bonne gouvernance a été
ces dernières années comme une sorte de fixation
pour ces institutions qui y ont une sorte de palliatif aux
errements politiques et économiques du Cameroun qui
ont noms: corruption, trucages électoraux à
répétition, lenteurs judiciaires, monopole
du parti au pouvoir sur les médias publics, dysfonctionnement
des institutions, atteintes aux droits de la personne, etc.
Le Programme national de gouvernance adopté
par le gouvernement le 31 août dernier voudrait remédier
à cette situation. Le Rapport de la Commission créée
à cet effet l'année dernière fait des
propositions pour la mise en place d'une administration
publique efficace, décentralisée et au service
du développement; d'une Justice véritablement
indépendante, proche du justiciable, l'abri de la
coccuption, garante de l'Etat de droit et de la sécurité
des citoyens et de leurs biens.
Le Rapport met un accent particulier sur
la décentralisation, en recommandant de "privilégier
le mode électif dans le choix des magistrats et conseillers
municipaux ou régionaux; de doter les régions
et les communes d'un patrimoine et de ressources humaines
propres; définir clairement les compétences
des collectivités territoriales décentralisées
ainsi que les modalités d'exercice de ces compétences(...);
assouplir la tutelle de l'Etat sur les collectivités
locales, permettre un contrôle des élus locaux
par les citoyens".
En outre, le PNG propose une véritable
révolution dans us et coutumes institutionnelles
du Cameroun. S'il venait à être mis en application,
il conduirait à un redéfinition du rôle
et de la forme de l'Etat. Il envisage "une nouvelle stratégie
de développement dans laquelle l'Etat ne sera plus
cette structure hiérarchique et interventionniste
qui réduisait les citoyens en simples exécutants
et de qui on attend tout. Il devra devenir un Etat facilitateur,
qui se met en rapport avec les autres groupes, en qualité
de partenaire". On espère que le Plan national
de gouvernance ne connaîtra pas le même sort
que le Plan national de gestion de l'environnement(PNGE)
adopté il y a plus de dix ans, mais qui, à
ce jour dort tranquillement dans les tiroirs.
Yaoundé, 31 août1999
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