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Droits de l'Homme :

 


Présentation par la section camerounaise de l'Observatoire International des Prisons (OIP) de la situation des prisons du Cameroun
Synthèse de l'actulité du mois d'août 1999


  30 août 1999, Yaoundé. Le Président de la section camerounaise de l'Observatoire des prisons, M. Philippe Camille Akoa, au cours d'un entretien avec la presse, relève que les prisons camerounaises(qui datent pour la plupart de l'époque coloniale) sont insalubres, infectes et surpeuplées. Le gouvernement ne fait pas beaucoup d'effort pour doter le pays de structures de détention respectueuses des normes minimales  des droits de l'homme. 

Sur les quelques 17000 détenus que comptent les 67 prisons du Cameroun, les 3/4 sont des prévenus qui attendent d'être jugés. A titre d'exemple, la prison de Yaoundé compte plus de 1000 prévenus sur les 1900 détenus. Le plus célèbre de ces prévenus est M. Vincent Onana, ci-devant président  de la Fédération camerounaise de football(FECAFOOT). Arrêté à la veille de la Coupe du monde France 98 pour une affaire de trafic de billets, il est en détention provisoire depuis plus de 15 mois, sans jugement. 

S'agissant des conditions de détention, le Rapport 98 de l'OIP note qu'elle sont en deçà du minimum acceptable. "Les tortures et les mauvais traitement, le manque de soins, la malnutrition sont à l'origine de la plupart des décès en détention. Les prisons sont surpeuplées et insalubres. L'absence d'installations sanitaires acceptables favorise l'apparition de nombreuses maladies". 

 Le même constat a été fait au mois de mai à Bafoussam, au cours d'un atelier de réflexion sur la prévention de la torture au Cameroun organisé par la Ligue des Droits et Libertés(LDL), à l'occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture. 

De manière générale, les prisons camerounaises consacrent peu de moyens au soins des détenus. 

La nourriture qui y est servie est insuffisante et de mauvaise qualité. "L'unique repas, note le rapport, est servi dans la cour ou dans les cellules, entre douze et quatorze heures est composé de haricots rouges et de grains de maïs. Ce repas est préparé par les détenus dans des conditions d'hygiène très précaires". 

Enfin, les prisons camerounaises ne sont pas toujours faciles d'accès pour les parents des détenus. MM. Titus Edzoa, ancien Secrétaire Général de la Présidence de la république et ancien ministre de la Santé et Michel Atangana sont détenus au Secrétariat d'Etat à la Défense où ils sont privés de tout contact avec l'extérieur. La corruption rampante, les mauvaises conditions de détention  et la bureaucratie judiciaire source de lenteurs enlèvent aux  détenus  toute dignité et toute estime de soi. On en conclut que loin d'être des maisons de rééducation, mais de véritables mouroirs d'où on est jamais sûr de sortir vivant.
 

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