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La (CEFDHAC) ou Processus de Brazzaville lancée en 1996 est
la concrétisation de la volonté politique et l'engagement
des Etats du Bassin du Congo (Burundi, Cameroun, Centrafique, Congo-Brazzaville,
Gabon, Guinée Equatoriale, République Démocratique
du Congo, Rwanda, Sao Tome et Principe) pour la conservation et
l'utilisation durable de leurs écosystèmes forestiers.
Son objectif global est d'encourager les pays d'Afrique centrale
pour qu'ils conservent leurs écosystèmes forestiers
et veillent à ce que toute utilisation des ressources qu'ils
recèlent soit durable. Les objectifs spécifiques de
la CEFDHAC sont :
- Une meilleure compréhension des principes et instruments
de gestion durable des forêts ainsi que des pratiques forestières
;
- Une meilleure compréhension des enjeux politiques, économiques
et sociaux des débats sur la gestion durable des forêts
;
- Une participation beaucoup plus active aux débats internationaux
sur les forêts que ne pourrait assurer un pays seul ;
- La conciliation des besoins de développement et les
impératifs de conservation des écosystèmes
forestiers d'Afrique centrale ;
- La cohérence entre les politiques et les lois forestières
des Pays d'Afrique centrale ;
- Une vision commune des écosystèmes forestiers
d'Afrique centrale.
Les principaux organes du Processus de Brazzaville ont été
conçus pour faciliter la participation de tous les groupes
cibles. Il s'agit de la Conférence, de la présidence
en exercice, des Points Focaux, des Correspondants nationaux, des
Groupes de Contact Nationaux et du Secrétariat Général
assuré actuellement par le Bureau Régional pour l'Afrique
Centrale de l'UICN.
La CEFDHAC se veut un forum d'échanges, un cadre de concertation
unique en Afrique dans lequel les Ministres, les parlementaires,
les opérateurs économiques, les chercheurs, les ONG
nationales et internationales, les partenaires techniques et financiers
se côtoient pour la gestion durable des écosystèmes
de forêts denses d'Afrique Centrale.
Comme on peut le voir, la diversité des acteurs, des intérêts
et des visions fait qu'il n'est pas facile d'agir sans conflits.
Les mouvements des populations du fait des guerres et de la démographie
galopante, la chasse, le braconnage, l'exploitation forestière
et minière nécessitent de la part des acteurs une
vision commune et partagée sans laquelle il est difficile
de travailler durablement.
Les principales sources potentielles de conflits
A notre humble avis, il y a deux principales sources de conflits
:
- Les conflits imposés au processus par l'extérieur,
- Les conflits induits par les acteurs du processus ou du fait
de leur action.
- Pour ne pas parler de corde dans la maison d'un pendu, nous
emprunterons un exemple de l'Ouest pour illustrer notre propos.
Quand des intérêts miniers inondent les pays d'armes
de toutes sortes au nom de la Démocratie ou de la démocratisation,
il devient difficile de gérer les ressources naturelles
dans un contexte d'instabilité suscitée. Les conflits
armés deviennent ainsi le premier obstacle majeur auquel
doit faire face un forum de gestion durable des ressources dans
le bassin du Congo.
- Les conflits internes
I. La conférence
La diversité des acteurs de la conférence ne facilite
pas le dialogue et la concertation qui reste cependant indispensable
à la réussite des actions convenus par consensus.
Pour cependant que le consensus soit serein et durable, il y a un
travail en profondeur à faire à tous les niveaux et
par chaque groupe d'acteurs avant la conférence elle-même.
L'action des groupes nationaux de contact reste fondamentale dans
l'obtention de ce consensus au niveau de chaque pays. Si chaque
groupe d'acteurs a une position connue et que ces différentes
positions s'intègrent en un consensus par groupe national
de contact avant la conférence, peut-être une partie
des travaux en groupe recevrait des axes plus précis et faciles
à fédérer en un consensus en plénière
;
II. La présidence en exercice
Tous les deux ans, la présidence en exercice passe d'un
Ministre en charge des forêts à celui du pays hôte
de la conférence. La présidence est passée
de Bata à Bujumbura et dans deux ans elle ira à Kinshasa.
A Bata en juin 1998, il y a eu trois conflits :
- Le conflit entre le président en exercice sortant et
le secrétaire Général,
- Le conflit OAB/CEFDHAC manifesté par un haut fonctionnaire
Européen en marge de la communication de l'union Européenne,
- Le malentendu sur la gestion des fonds de la conférence,
tel qu'exprimé par le comité local d'organisation.
2.1- Le conflit entre la présidence sortante
et le secrétariat de la CEFDHAC
Alors qu'à Brazzaville en 1996 tous les partenaires ont
convenu de mettre sur pieds un forum souple, deux ans plus tard
le Président sortant propose l'institutionnalisation forte
de la CEFDHAC, c'est-à-dire sa transformation en organisation
intergouvernementale. Au delà des raisons diverses qui pourraient
être à l'origine de cet état de choses, nous
retenons une qui a été informellement mentionnée
: Le Président en exercice sortant estimerait qu'on lui a
manqué de respect
2.2- Le conflit OAB/CEFDHAC
Au delà des termes et de la manière, nous pourrions
retenir un conflit d'intérêts financiers que les autres
partenaires pourraient aider à réduire en manifestant
la priorité pour les intérêts écologiques
et sociaux. Les propositions faites à Bujumbura sur l'importance
pour la sous région d'avoir une CEFDHAC ouverte à
tous les partenaires actuels devrait à terme situer les uns
et les autres sur la spécificité de la CEFDHAC qui
traite des écosystèmes de forêts denses et l'OAB
qui traite du bois. Si on privilégie la concertation et la
complémentarité entre ces deux organismes, il n'y
aura pas beaucoup de problèmes à les mettre d'accord.
il y a cependant un besoin de retenue de part et d'autres pour que
ceux qui ont une préférence n'introduisent un faux
débat. L'Afrique Centrale n'a pas intérêt à
participer aux querelles d'autrui.
2.3- Le malentendu exprimé par le Comité
local d'organisation à Bata
Sans avoir tous les éléments pour nous prononcer
formellement, notre modeste expérience des finances appelle
quelques observations :
a. Il est souvent utile de préciser les rôles des
uns et des autres et mettre à la disposition de chaque partie
les moyens humains, matériels, financiers et autres nécessaires
à l'obtention des résultats escomptés.
b. A l'approche de la rencontre, il peut s'avérer utile de
faire le point et réajuster ce qui est possible mais ne jamais
concentrer trop de responsabilités au niveau d'une personne
et/ou d'une partie ni laisser beaucoup de points en suspens. Ne
pas travailler sur la base des suppositions, de conventions tacites
et autres engagements financiers verbaux. L'administration est une
fonction ingrate et un peu d'indulgence de part et d'autre facilite
les compromis. Ici comme ailleurs la nécessité d'un
arbitrage pendant le parcours permettrait de minimiser les frottements
et autres incompréhensions.
c. Chaque partie recevant des fonds doit se rappeler que les dépenses
ont besoin de justifications appropriés sans lesquels la
confiance mutuelle peut prendre un coup. Brieffer, les non comptables
sur la manière de justifier les dépenses et les erreurs
à éviter facilite la tâche à tous.
III. Le Secrétariat Général
Le Secrétariat Général a fait dans une large
mesure son travail. Il y a cependant des petits réajustements
que nous proposons sans esprit de polémique.
L'observateur externe peut penser que le secrétariat étant
confié à l'UICN depuis Brazzaville en mai 1996, il
y a au niveau du Bassin du Congo un problème d'interfaces
à trouver entre UICN/BRAC, WWF, les Réseaux d'ONG
d'environnement de la sous-région et les ONG nationales dans
chaque pays. Cette question mériterait d'être examinée
en détail dans la perspective des recommandations des différentes
conférences et en particulier celles du groupe de travail
n° 2 de Bata sur les synergies.
D'autre part, l'Afrique centrale ayant ses spécificités
et ses pesanteurs propres, quel que soit le Secrétaire Général
et la pertinence de son action, il aura besoin d'éviter les
conflits de personnalité et trouver sa place sous le leadership
du Président en exercice de la conférence.
IV. Les Points Focaux
Le problème majeur que rencontrent les principales parties
prenantes à la CEFDHAC est l'instabilité des Ministres
en charge de l'Environnement et des Forêts. Quand bien même
le problème de l'instabilité serait résolu
il restera le problème de leur accessibilité par les
membres du groupe de contact.
Au niveau de chaque pays le groupe national de contact devrait
élaborer des stratégies en vue d'un meilleur accès
au Ministre, au besoin avec l'appui des bailleurs de fonds et du
projet d'appui à la CEFDHAC.
V. Les correspondants Nationaux
Dans chaque pays ceux-ci sont nommés par le point focal.
Il a été suggéré la nécessité
d'élire un adjoint au point focal, si possible en provenance
d'une ONG activement associée aux travaux du groupe national.
Le correspondant national a en plus de son activité au sein
du Ministère la charge d'animer le groupe national de contact,
ce qui demande disponibilité, abnégation et un minimum
de ressources pour le fonctionnement adéquat. Si le plan
d'action du groupe est suffisamment articulé et intégré,
il devrait être possible de procéder sur le plan local
à la mobilisation d'une partie des fonds pour son fonctionnement.
Ceci éviterait de tout attendre du Sécretariat de
la CEFDHAC.
La communication entre le correspondant national et tous les membres
entre deux rencontres, l'invitation formelle de tous par écrit
et le respect de l'heure de début et fin des réunions
éviterait certaines frustrations et bavardages qui démobilisent
les groupes.
VI. Les groupes de contact nationaux
Ces derniers sont composés essentiellement des : parlementaires,
exploitants forestiers, ONG, les chercheurs et institutions de recherche,
les autres partenaires techniques et financiers.
A notre avis les groupes de contact de la CEFDHAC font face à
trois problèmes majeurs :
a. La non clarification des rôles et responsabilités
des parties prenantes au groupe de contact,
b. Les difficultés de mobilisation des ressources en vue
du fonctionnement optimum du groupe de contact,
c. La non mobilisation d'une masse critique de chaque entité
des composantes du groupe de contact en vue d'une vision commune
par pays, de la gestion durable des ressources naturelles.
- La non clarification des rôles et responsabilités
Les principales parties prenantes à la CEFDHAC sont connues.
Il est généralement admis que celles-ci décident
par consensus mais jusqu'à ce jour, il y a pas de claire
expression dans un document de la structure, des rôles et
responsabilités de ces parties prenantes. Cette omission
ajoutée au nombres de pays et de parties prenantes entraîne
au moins un attentisme ou un manque d'initiatives.
- La non mobilisation d'un budget adéquat de fonctionnement
Il est difficile d'obtenir des groupes de contacts nationaux actifs
et disponibles sans leur mobilisation autour d'un programme d'action
assuré d'un financement à la hauteur des résultats
anticipés.
- La non mobilisation au niveau des pays
Les critères d'appartenance au groupe de contact, au comité
de pilotage ne sont pas encore précisés. La diversité
des ONG, des sensibilités au parlement, des exploitants forestiers
demande un travail de fond à la fois par les Ministères,
les différents groupes intéressés par la CEFDHAC
et le Secrétariat de la CEFDHAC en vue de proposer dans chaque
pays des pistes de travail pour un consensus interne à chaque
groupe. La légitimité, la crédibilité
et la représentativité de chaque membre du groupe
de contact devrait dans une certaine mesure provenir de ceux qu'il
est sensé représenter au sein du groupe de contact.
6.1 La cohésion au sein du groupe de contact
La cohésion est fonction de la vision commune à
chaque composante du groupe de contact.
6.1.1 Les ONG au sein du groupe de contact
Les ONG actives au sein de la CEFDHAC proviennent essentiellement
de trois réseaux.
- Le réseau Africain d'Action Forestière dont la
coordination est assuré par CERUT basé à
Limbé au Cameroun. Mis sur pied en 1994 à Bangui
en RCA, il peut être un atout sérieux pour la communauté
des ONG d'Afrique centrale. Pour ce faire il lui faudrait diversifier
ses sources de financement, améliorer la communication
entre ses membres, promouvoir la synergie avec les autres réseaux
d'ONG et opérationaliser un programme d'activité
dans chaque pays où résident ses membres et ceci
autour d'un point focal dynamique, ouvert et accessible.
- Le Réseau des ONG Africaines pour la gestion intégré
des zones côtières. Mis sur pied en juin 1997 à
Cotonou au Bénin, il a pour coordinateur international
l'Association pour la protection des Ecosystèmes Marins
et Côtiers (APEMC) basé à Douala au Cameroun.
Ce réseau mériterati à s'étendre à
plusieurs pays d'Afrique centrale. La gestion des zones humides
et en particulier du Golfe de Guinée deviendra dans les
prochains mois une nécessité du fait du pipeline
Tchad/Cameroun et de l'exploitation du pétrole qui semble
se déplacer du Golfe persique au Golfe de Guinée
- Le Réseau de femmes Africaines pour le Développement
Durable (REFADD) ce jeune réseau uvre à la
promotion de la dimension genre dans les projets d'environnement
du Bassin du Congo
Ces trois réseaux partageant la même aire géographique,
devraient se concerter davantage et poser des bases durables d'actions
communes en faveur des populations Africaines. Partnership a des propositions
concrètes à faire dans ce sens si l'opportunité
lui est donnée. Parler d'une seule voix facilite le travail
pour les ONG, les populations et les autres partenaires techniques.
Ne pas se concerter encourage la dispersion, les dénigrements,
la fragilisation et les conflits inutiles.
6.1.2 Les parlementaires
Les parlements au niveau des pays du Bassin du Congo présentent
des différences en sensibilités représentées
et organisation. Il y a lieu d'encourager une concertation entre
le secrétariat de la CEFDHAC, les groupes nationaux de contact
et les parlements afin d'avoir un nombre important de parlementaires
informés et disponibles pour les concertations CEFDHAC.
La non participation d'un nombre conséquent de parlementaires
représentatifs posera à terme un problème de
compréhension avec possibilité de déphasage
des nouveaux venus au processus.
6.1.3 Les exploitants forestiers
Ce groupe d'opérateurs répond assez timidement si
l'on tient compte de leur nombre et poids dans l'exploitation forestière.
Il y a lieu au niveau de chaque pays de les approcher en vue d'un
dialogue constructif. Ce travail pourrait être fait par le
correspondant national et son Assistant, avec l'appui du Secrétariat
de la CEFDHAC, du projet d'appui à la CEFDHAC et du Point
Focal.
6.1.4 Les chercheurs et institutions de recherche
Pour le moment il prévaut dans la région une atmosphère
de recherche pour la recherche et surtout selon des besoins externes
à la région. Les chercheurs se recrutent à
la tête du client ou sur les bases d'affinités diverses.
Les résultats de la recherche ne sont pas systématiquement
vulgarisés. Les grands projets de développent insistent
sur la conservation et sont peu sensibles à la participation
des spécialistes en sciences sociales, plus à même
d'introduire la dimension humaine à certains projets de terrain.
Pour le moment, à notre connaissance il y a très
peu de chercheurs, de représentant d'Institutions de recherche
ou d'autres grands projets de conservation actifs dans les groupes
de contact. Cet état de fait qui pourrait être amélioré
sur instructions du Point Focal ne facilite pas les synergies.
6.1.5 Les partenaires techniques et financiers
Encore connus couramment comme bailleurs de fonds, les partenaires
bilatéraux et multilatéraux ont leurs visons de la
gestion des forêts dans le Bassin du Congo. Pour le moment
ils ont leurs propres cercles de concertations et ne participent
pas aux groupes nationaux de contact. Les principaux au niveau du
Cameroun sont : l'Union Européenne, le PNUD, la Banque Mondiale,
la GTZ, la Coopération Française, CARPE, le Royaume
des Pays-Bas, le Canada, l'Italie et autres. Il se pose parmi les
plus importants un problème de leadership qu'il faudra gérer
dan l'articulation CEFDHAC/Déclaration de Yaoundé
sur les Forêts.
CONCLUSIONS
Tant au niveau du Cameroun que dans toute la région se
pose le problème de participation des Médias publics
et privés aux travaux de la CEFDHAC. Nous pensons que cette
insuffisance est due en partie au manque de financement pour supporter
le coût lié à cette participation d'une part,
et peut-être aussi au fait que les médias sont un pouvoir
que beaucoup redoutent.
La CEFDHAC est et reste un outil important de gestion durable des
Ecosystèmes de forêts dans le Bassin du Congo.
Le Sommet des chefs d'Etats d'Afrique Centrale et sa Déclaration
constituent deux pas majeurs dans l'histoire de la gestion des Forêts
en Afrique centrale.
Le Partnership est heureux d'avoir contribué au niveau
de la réunion des Experts aux côtés de l'UICN,
l'APFT, WWF et d'autres institutions internationales et nationales.
Que la Déclaration de Yaoundé passe sous silence
la CEFDHAC mérite d'être analysé et compris
par tous les acteurs de la sous-région.
Le respect mutuel entre tous les acteurs ; la promotion du partenariat,
des synergies et l'internalisation de la CEFDHAC à partir
des groupes nationaux nous paraissent être les voies à
suivre.
Le renforcement du dialogue entre acteurs et des capacités
de communication et d'intervention des ONG nationales est à
soutenir.
Le besoin de mécanisme d'intermédiation, d'arbitrage
et de facilitation se fait de plus en plus sentir dans la gestion
durable des ressources dans un contexte d'instabilité. pourvoir
la CEFDHAC et ses principaux acteurs dans ce sens le prémunira
des secousses à venir.
Tous les conflits ne sont pas destructeurs, apprendre à
les gérer tous au bénéfice des populations
d'Afrique centrale est une urgence.
Envoyez vos remarques et suggestions à :
M. Pierre CHEKEM
E-mail : chekem@wagne.net
CEFDHAC :
La Conférence sur les Ecosystèmes de Forêts Denses et Humides d'Afrique
Centrale (CEFDHAC) ou Processus de Brazzaville est la concrétisation
de la volonté des pays d'Afrique centrale (Burundi, Cameroun, Centrafrique,
Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa, Gabon, Guinée Equatoriale, Rwanda
et Sao Tomé et Principe) réunis à Brazzaville du 28 au 30 mai 1996.
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