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TROISIEME CONFERENCE SUR LES ECOSYSTEMES DE FORETS DENSES ET HUMIDES D'AFRIQUE CENTRALE : Compte - Rendu des Travaux de la première réunion préparatoire
Bangui, 23 - 24 Février 2000



 

Les travaux de la première réunion préparatoire à la troisième CEFDHAC se sont tenus du 23 au 24 février 2000 dans la salle des conférences de l'Hotel Levy's à Bangui.

Trois temps forts ont marqué la cérémonie officielle d'ouverture : le mot du Directeur Régional de l'UICN, l'allocution du représentant du Président en exercice de la CEFDHAC et le discours d'ouverture du ministre du tourisme, Madame Constance-Nathalie GOUNEBANA.

CEREMONIE D'OUVERTURE

Parlant du constat selon le quel quatre ans après son lancement, le Processus de Brazzaville restait encore un mystère pour bon nombre de participants, le Directeur Régional de l'UICN, M. Assitou NDINGA dans son mot a rappelé l'historique de la CEFDHAC, de la volonté de mener une réflexion impliquant toutes les parties prenantes à la gestion des écosystèmes forestiers, sur la problématique de la conservation de ces écosystèmes, volonté exprimée à Yaoundé en 1995, à la concrétisation de cette idée une année plus tard à Brazzaville, avec une structuration et un mécanisme propre et au rôle de l'UICN dans la mise en œuvre des recommandations des conférences depuis 1996. Puis il a évoqué pour le déplorer, le manque de dynamisme de certains maillons essentiels de la CEFDHAC, ce qui amène le Secrétariat et donc l'UICN, à jouer un rôle prépondérant, générant ainsi des risques de mauvaise interprétation.

En soulignant la nécessité de faire que les gouvernements jouent pleinement leur rôle dans le respect des conventions internationales et du Processus de Brazzaville, il a introduit le thème, la date et l'enjeu de la 3ème conférence, pour démontrer l'importance des assises de Bangui avant de remercier le gouvernement de RCA qui a accepté d'abriter les travaux, les bailleurs de fonds pour leur appui constant et M. Raymond MBITKON ainsi que le Groupe de contact de la RCA pour leur engagement dans l'organisation de cette réunion.

M. Nicanor ONA ZE, au nom du Président en exercice, après s'être livré aux civilités d'usage, a relevé les dysfonctionnements de la CEFDHAC dans les différents pays avant d'en appeler à la dynamisation des structures. Dans le même registre, il a souligné la faiblesse des organisations sous-régionales et notamment leur inefficacité dans la mise en place des mécanismes viables (cas des fonds forestiers), avant d'inviter l'assistance à tirer les leçons de ces échecs, puis il a remercié tour à tour le gouvernement centrafricain pour la qualité de son accueil et les bailleurs de fonds pour leur assistance au Processus de Brazzaville.

S'adressant aux participants en lieu et place du ministre de l'Environnement, Eaux, Forêts, Chasse et Pêche, le ministre du tourisme a réaffirmé l'adhésion de son pays au Processus de Brazzaville et souhaité la bienvenue aux délégués, au nom du chef de l'Etat, du Premier ministre et du peuple centrafricain. Elle a ensuite évoqué les menaces qui pèsent sur les ressources naturelles du Bassin du Congo pour mieux souligner l'importance et la nécessité de solutions concertées et d'échanges d'expériences en vue du renforcement de la CEFDHAC et des autres initiatives sous-régionales. La volonté de mieux gérer nos ressources existe, a-t-elle affirmé, mais celle-ci se heurte au manque de moyens, d'où ses remerciements aux donateurs et aux projets qui s'impliquent déjà dans la conservation des forêts d'Afrique centrale. C'est sur le souhait que les résultats de la réunion de Bangui permettent à la CEFDHAC de marquer un grand pas en ce début de millénaire qu'elle a ouvert les travaux.

Placés sous la présidence du Secrétariat général du MEEFCP et la modération de M. Etienne KAYENGEYENGE du Burundi, les travaux ont véritablement commencé avec la prétention des participants, suivie par l'adoption du programme après amendement.

SESSION I

La première session intitulée "De Brazzaville à Bangui : état des lieux et perspectives", a été introduite par le Secrétaire Général par intérim de la CEFDHAC, qui a expliqué la méthode de travail attendue des participants à savoir le brainstorming, pour susciter une participation plus dynamique de tous, puis il a présenté l'état d'avancement de la mise en œuvre des recommandations des deux premières conférences.

Des différentes interventions qui ont ponctué la cérémonie d'ouverture et à la lumière des recommandations des deux premières conférences, trois axes de réflexion ont été dégagés pour les discussions en groupe :
- Le fonctionnement et la dynamisation des structures de la CEFDHAC ;
- La gestion des cohérences, synergies et interconnections ;
- La mobilisation des ressources.

A la reprise des travaux l'après midi, le Coordonateur du Réseau Africain d'Actions Forestières (RAAF), M. Zachee NZOH-NGANDEMBOU a présenté le compte rendu de la rencontre des ONG préparatoire à la réunion de Bangui.

L'on retiendra ainsi que les représentants des ONG de l'Afrique Centrale œuvrant dans le secteur de l'Environnement ont focalisé leurs discussions sur :

1. La revue des recommandations de la 1ère et de la 2ème CEFDHAC et
2. La revue des thèmes et sous-thèmes de la 3ème CEFDHAC

Les ONG ont fait le double constat suivant, s'agissant du premier point :
- Tous les problèmes connus par la CEFDHAC jusqu'à ce jour découlent du mauvais fonctionnement ou de l'absence des groupes de contact ;
- Ils sont dus également au fait que les ONG ne font aucun effort pour chercher l'information et qu'elles attendent que celle-ci (information) vienne vers elles (ONG).

Pour ce qui est du second point, les ONG recommandent ce qui suit :
1. La 3ème CEFDHAC doit prendre en compte la déclaration des ONG présentée lors de la 2ème CEFDHAC qui s'est tenue à Bata (Guinée Equatoriale) en Juin 1998.
2. Les ONG doivent tout mettre en œuvre pour participer au rayonnement de la CEFDHAC dans leurs pays respectifs même si les groupes de contact ne fonctionnent pas normalement.
3. Les ONG devront monter un kiosque pour présenter leurs activités lors de la 3ème CEFDHAC au Burundi en juin 2000.
4. La CEFDHAC doit impliquer davantage les organisations féminines dans le processus car elles forment non seulement une frange très importante de la population, mais constituent aussi de grands agents de développement.
5. Les sous-thèmes 1 et 2 seront présentés comme contribution à la 3ème la CEFDHAC.
6. Une séance préliminaire de travail regroupant les points focaux devrait être organisée avant la séance plénière finale de toutes les conférences, ceci dans le cadre d'une meilleure coordination des points de vue des Etats.

Une stratégie dans cette perspective a été mise en place. Elle consiste, entre autre, à créer, au niveau de chaque pays un comité chargé de la collecte d'informations et de la rédaction des documents à transmette à la coordination avant le 20 mars 2000.

Le principal point d'interrogation à ce niveau a concerné la réunion des Points focaux en marge des conférences. Les ONG ont précisé à ce sujet que partant de l'expérience de la 2ème CEFDHAC tenue à Bata, il y avait nécessité d'une concertation des points focaux avant la plénière de clôture des Conférences.

De la restitution des travaux en groupes pour cette première session, on peut retenir que :
Le groupe 1, présidé par M. LUKETA SHIMBI avec comme rapporteur M. Isaac MOUSSA a essentiellement réfléchi à la dynamisation de différents segments de la CEFDHAC, en faisant à chaque fois un constat sur le fonctionnement actuel et formulé des recommandations pour améliorer le fonctionnement. Il ressort ainsi ce qui suit :

Président en exercice
Sa représentation physique aux réunions de la CEFDHAC pour permettre le rayonnement du processus de Brazzaville fait défaut. Il lui est par conséquent recommandé de s'investir davantage dans le Processus.

Point focal
- Non appropriation du processus,
- Faible rayonnement

Recommandations
- Une meilleure implication dans le processus ;
- Garantir la pérennité des structures de la CEFDHAC.

Correspondance nationale
- La non reconnaissance des correspondants nationaux de façon globale ;
- Pas de programme de travail ;
- L'inexistence des groupes de contact.

Recommandations
- Le correspondant national est nommé par le Ministre en charge des forêts, toutefois, en cas de défaillance notoire et caractérisée, celui-ci peut être élu par Groupe de contact
1. pays sans groupe de contact :
- Les parties prenantes doivent se réunir pour susciter la mise en place d'un groupe de contact.
2. pays avec groupe de contact sans fonctionnement :
- Le groupe de contact sans fonctionnement ;
- Le groupe de contact doit mettre en place un bureau d'animation en dehors du correspondant national.
- Dans tous les cas le groupe a recommandé de donner aux structures de la CEFDHAC les moyens nécessaires pour leur fonctionnement.

De nombreuses réactions ont suivi ce compte-rendu :
· Réserves émises quant au fonctionnement des groupes de contact. Incapacité de consommation des budgets à disposition des groupes de contact. Il est suggéré de gérer les groupes de contact par résultats.
- Aucune observation faite à l'endroit du Secrétariat général de la CEFDHAC, le manuel des procédures ne donne pas mandat à ce type de réunion pour parler du Secrétariat Général ;
- L'octroi des budgets aux groupes de contact devrait tenir compte de l'existence d'un programme de travail. Ce qui faciliterait l'évaluation des performances des groupes de contact. Ces derniers ne disposent pas d'un programme de travail.
- Bien que les travaux se déroulent sur la base d'un brainstorming, le manque des documents de travail a préoccupé les participants.

Le secrétaire Général par intérim de la CEFDHAC a réagi à ce stade pour faire part de ce qui suit :
- Il existe plusieurs logiques et diversités d'approches : Forum, Conférence, etc. ce qui rend difficile la conduite des processus. Nécessité de plus de temps…
- Deux temps forts caractérisent la Présidence en exercice de la CEFDHAC.
Congo Brazzaville : Bonne marche du processus sous la Présidence du Congo, avant et après la guerre (2 ans)
Guinée Equatoriale : Faible implication du Président en exercice.

On peut se poser la question de savoir qui devrait être le Président en exercice de la CEFDHAC : Un ministre ? Un député ? Un Homme politique ? Un Leader ? Un Expert ?

Sur le programme des groupes de contact, il a souligné la nécessité de réunir un groupe de travail sur cette question.

Le groupe II, travaillant sur la gestion des cohérences, des synergies et des interconnections, sous la présidence de M. Philémon SELEBAGUE, avec comme rapporteur Madame Rose ONDO, est parti du constat suivant : il existe un déficit de communication et de partage d'informations entre les différentes structures de la CEFDHAC d'une part et entre les différents organismes de conservation œuvrant dans la sous-région d'autre part, ce qui constitue une difficulté majeure pour la gestion des cohérences (actions encore virtuelles). Sur cette base, le groupe a identifié des problèmes à plusieurs niveaux.

Structures de la CEFDHAC
- Mode de désignation du Correspondant National
Le groupe a relevé que le mode actuel de désignation du Correspondant National était à l'origine de : - l'absence de collaboration entre le correspondant national et le groupe de contact car le correspondant national est parfois un bureaucrate non imprégné des réalités de terrain ;
- l'absence de représentation des différentes parties prenantes dans le groupe de contact ;
- l'absence de représentativité des membres du groupe de contact notamment en ce qui concerne les ONG ;
- l'absence de circulation de l'information entre les structures de la CEFDHAC et sur le processus de Brazzaville lui-même.
Le groupe a déploré l'absence d'un cadre juridique sélectif quant aux critères d'éligibilité des ONG au sein des Etats, ce qui entraîne une prolifération d'ONG et l'émiettement des efforts et appuis pour le renforcement des capacités des acteurs.
- Insuffisante mobilisation des autres composantes de la société civile et du législatif au sein des groupes de contact existants.

Organismes de Conservation
S'agissant de la gestion des cohérences entre les organismes de conservation y compris la CEFDHAC, deux problèmes principaux ont été identifiés :
- Absence de circulation et d'échange d'informations sur les initiatives en cours.
Le groupe a relevé que sur les mêmes thèmes (aires transfrontalières, politique forestière, législation sur les PFNL, etc.…) différentes initiatives sont concomitamment et parallèlement menées, aboutissant ainsi à une dispersion des efforts et des moyens.
- Absence d'un cadre de concertation pour gérer la cohérence des initiatives de conservation.
Le groupe a relevé qu'il y avait un nombre sans cesse croissant d'initiatives de conservation mises en œuvre soit par les Etats soit par les Agences de Coopération et l'on assiste parfois à des chevauchements et à une duplication entre certaines d'entre elles.

A l'issue de ces discussions et débats, le Groupe N° 2 a fait les recommandations suivantes :
1. Sur la désignation du Correspondant National :
- Consultation des ONG par le Point Focal

2. Sur la dynamisation des groupes de contact :
- Prévoir les cas d'indisponibilité du correspondant national par la nomination par le point focal d'un adjoint au correspondant national ;
- Assurer l'autonomisation des groupes de contact et les rendre opérationnels par la mise en place d'un bureau du groupe de contact tel que prévu par les textes de base ;
- Promouvoir le processus de Brazzaville par la mobilisation des autres composantes de la société civile, du législatif et par la responsabilisation de toutes les parties prenantes ;
- Assurer la représentation de toutes les parties prenantes au sein du groupe de contact ;
- Assurer la représentativité des ONG au sein du groupe de contact en les consultant avant la nomination de leurs représentants.

3. Sur les Organismes œuvrant pour la conservation :
- Partage et échange d'informations sur les initiatives en cours ;
- Institution d'une collaboration sur les thématiques visant des objectifs similaires ou voisins ;
- Mise en place d'un cadre ou d'un groupe de concertation entre les différentes initiatives et les différents organismes œuvrant pour la conservation dans la sous-région.

4. Sur le renforcement des capacités des acteurs :
- Poursuivre le renforcement des capacités de toutes les parties prenantes en mettant l'accent en ce qui concerne les ONG sur la qualité et l'intégration dans les réseaux existants ou à venir ;
- Faire une large diffusion au sein des Etats de la création de l'école ;
- Tenir compte dans la conception des filières de formation de l'école, de l'existant au sein des Etats
- Sur le renforcement de la solidarité sous-régionale.

5. Instaurer un cadre de concertation pour toutes les questions nécessitant une position commune et le rendre opérationnel :
- Consigner la résolution IV de la 1ère CEFDHAC, relative au renforcement de la solidarité sous-régionale dans le projet d'accord de coopération ;
- Mettre en œuvre la recommandation III, IV de la 2ème CEFDHAC relative à l'organisation d'une session thématique spéciale sur le commerce du gibier afin d'envisager une harmonisation des réglementations et législations en la matière.

6. Sur la circulation de l'information :
- Promouvoir la circulation de l'information ;
- En relation avec les autres institutions sous régionales notamment le PRGIE ;
- A travers les correspondants nationaux en utilisant les médias nationaux et les réseaux existants.
Comme réactions au travail de ce groupe, les points suivants ont été apportés :
- Nécessité de créer un site Web pour la CEFDHAC. Mais également nécessité de bien utiliser les modems et ordinateurs des groupes de contact ;
- Large diffusion du code de déontologie pour son appropriation à la base ;
- La question des cohérences, synergies et interconnexions devrait être vue tant au niveau des structures internes de la CEFDHAC qu'à celui de la CEFDHAC et des autres structures de gestion des ressources de la biodiversité ;
- Poursuivre l'analyse de cette question, la gestion des cohérences étant un problème intra et inter-structurel (OCDE) ;
- Etablir des synergies entre la CEFDHAC et les autres initiatives régionales qui travaillent dans le secteur ;
- Rechercher une constance dans les actions de la CEFDHAC pendant les périodes d'intersessions
- Mettre en place un groupe consultatif pour faciliter la gestion des cohérences et synergies entre les initiatives nationales, régionales et internationales.

Les participants ont également insisté sur la nécessité d'ancrage avec les institutions de développement sous-régional (CEMLAC, CEEAC, CAMBIO, ECOFAC…).

Le Groupe III, qui s'est penché sur la mobilisation de ressources financières au sein du Processus de Brazzaville, était présidé par M. Axel NDINGA MAKANDA avec comme rapporteur Géraldine MAYUNGA. Il s'est appuyé sur le constat suivant : jusqu'ici, le Secrétariat général est seul engagé à la mobilisation des ressources financières (Projet d'appui à la CEFDHAC). Puis il a dégagé 2 axes de réflexion :

1. La mobilisation des fonds au niveau des Acteurs de la CEFDHAC (Etats, Bailleurs de Fonds ONG, Communautés Locales, Secteurs Privés) ;

2. La mobilisation des fonds à travers les actions de gestion durable des écosystèmes forestiers.
Le groupe a recommandé :
- L'engagement des Etats et l'implication des acteurs dans le fonctionnement des structures de la CEFDHAC (exemple : Groupe de Contact non fonctionnel ; nous pensons que le bon fonctionnement des structures va encourager les Bailleurs de Fonds à allouer des ressources pour le Processus) ;
- L'engagement des Etats, sous forme d'actions concrètes, et l'implication des autres acteurs à la promotion du processus de Brazzaville (conservation et utilisation durable des ressources des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo) ;
- La participation des autres acteurs concernés (ONG, Communautés locales, parlementaire) dans la recherche des fonds à travers la conception et la réalisation des projets liés à la conservation et à l'utilisation durable des ressources ;
- Un mécanisme contraignant les gouvernements à mobiliser les ressources dans le cadre du Processus de Brazzaville.

Réagissant à cette présentation, les participants ont apporté les contributions suivantes :
- La CEFDHAC par le biais de son secrétariat général devrait générer des ressources propres notamment par l'adoption des politiques et la participation aux projets communs.

 

CONFERENCE SUR LES ECOSYSTEMES DE FORETS DENSES ET HUMIDES D'AFRIQUE CENTRALE (CEFDHAC)

La (CEFDHAC) ou Processus de Brazzaville lancée en 1996 est une concrétisation de la volonté politique et l'engagement des Etats du Bassin du Congo (Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sao Tomé et Principe) pour la conservation et l'utilisation durable de leurs écosystèmes forestiers. Son objectif est d'encourager les Pays d'Afrique centrale pour qu'ils conservent leurs écosystèmes forestiers et veillent à ce que toute utilisation des ressources qu'ils recèlent soit durable. Les objectifs spécifiques de la CEFDHAC sont :

· Une meilleure compréhension des principes et instruments de gestion durable des forêts ainsi que des pratiques forestières ;
· Une meilleure compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux des débats sur la gestion durable des forêts ;
· Une participation beaucoup plus active aux débats internationaux sur les forêts que ne pourrait assurer un pays seul ;
· La conciliation des besoins de développement et les impératifs de conservation des écosystèmes forestiers d'Afrique centrale ;
· La cohérence entre les politiques et les lois forestières des Pays d'Afrique centrale ;
· Une vision commune des écosystèmes forestiers d'Afrique centrale.
Les principaux organes du Processus de Brazzaville ont été conçus pour faciliter la participation de tous les groupes cibles. Il s'agit de la Conférence, du Président en exercice, des Points Focaux, des Correspondants nationaux, des Groupes de Contact nationaux et du Secrétariat Général assuré actuellement par le Bureau Régional pour l'Afrique Centrale de l'UICN.

La CEFDHAC a mis en place en décembre 1997 le Projet d'Appui à la CEFDHAC financé par le Gouvernement du Royaume des Pays-Bas et la Communauté Européenne et dont l'objet est de renforcer la coopération entre les pays d'Afrique centrale pour la conservation et l'utilisation durable des écosystèmes de forêts denses et humides d'Afrique centrale. Dans le cadre de ce Projet, il a été réalisé ce qui suit :
· Une étude des politiques et législations forestières des pays d'Afrique centrale, pour leur permettre d'avoir une compréhension partagée des problèmes de gestion durable de leurs ressources forestières. Un document de référence sur les politiques forestières en Afrique Centrale sera édité.
· L'élaboration du code de déontologie de la gestion durable des concessions forestières, faite en collaboration avec le secteur privé à travers IFIA (InterAfricain Forest Industries Association). La CEFDHAC et IFIA ont organisé un comité d'avis élargi à Kinshasa en juin 1999.
· La formation en gouvernance environnementale à l'intention des ressortissants de tous les pays concernés par la CEFDHAC.

En outre, la CEFDHAC a réalisé en 1998 une étude des sites critiques (aires d'une importance particulière en terme de diversité biologique, pour la conservation d'espèces menacées de disparition ou pour la protection des systèmes biologiques servant de base au développement de la vie) pour la conservation de la biodiversité menée dans trois pays de la sous-région (Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale) avec un appui financier de Biodiversity Support program et du Programme sur l'Environnement en Afrique Centrale (CARPE). Le Projet recherche les fonds supplémentaires pour étendre l'étude à d'autres Pays de la sous-région.

Avec l'appui financier du GEF/PNUD, la CEFDHAC a lancé en juin 1999 le Projet d'élaboration du Programme d'Action Stratégique (PAS) régional pour les ressources de l'environnement et la diversité biologique des écosystèmes du Bassin du Congo. L'objectif global du Projet est d'améliorer les efforts régionaux visant à la conservation et à l'utilisation durable de la diversité biologique des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo tout en tenant compte des problèmes prioritaires communs, partagés et transfrontaliers.

Les objectifs immédiats du Projet sont :
· Elaborer un cadre stratégique pour les activités de conservation de la biodiversité dans le Bassin du Congo ;
· Identifier les problèmes prioritaires communs, partagés et transfrontaliers ; et
· Formuler une ou plusieurs propositions de projet en vue de résoudre ces problèmes.
La CEFDHAC entretient des liens privilégiés avec les autres structures sous-régionales spécialement l'Organisation Africaine du Bois (OAB), le CARPE, le PRGIE, le Programme de formation Banque Mondiale/IDE et WWF.

 

DECLARATION DES ONG A LA 2EME CEFDHAC (BATA JUIN 1998)

Excellence,
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
Représentant du Chef de l'Etat de la République de Guinée Equatoriale ;
Excellence, Monsieur le Ministre congolais charge de l'Economie Forestière, Président en exercice de la CEFDHAC ;
Excellences, Messieurs les Ministres en chargé des écosystèmes forestiers de l'Afrique centrale ;
Honorables Députés ;
Distingués Délégués ;
Chers Collègues ;
Mesdames et Messieurs,

L'honneur, nous échoit de prendre la parole, devant cette auguste assemblée pour adresser nos remerciements au Secrétariat de la CEFDHAC pour avoir reconnu notre place en nous donnant l'occasion d'exprimer notre point de vue sur le processus de Brazzaville ;

Cependant, nous voulons exprimer notre déception par rapport au programme provisoire qui n'ait pu prendre en compte notre intervention alors que ce processus se veut participatif, ouvert et démocratique.

Permettez-nous de vous présenter la quintessence de notre déclaration :
Nous, ONG du Bassin du Congo,
· Considérant que le processus de Brazzaville est une plate forme importante de concertation entre les différents intervenants : Etats, ONG, Communautés locales, Secteurs privés en vue d'une gestion durable des ressources forestières,
· Considérant que la déclaration de Brazzaville constitue la volonté politique affirmée des Etats de la sous-région à harmoniser les politiques de gestion durable des ressources forestières,
· Considérant l'instabilité politique dans la sous-région,
· Considérant que les projets de développement de grande envergure sont sources des conflits et des menaces graves pour la biodiversité ;
· Constatant l'inefficacité du fonctionnement actuel de la CEFDHAC dû :

1- à l'instabilité des correspondants nationaux survenant après le changement des Ministres en charge des écosystèmes forestiers,
2- au laxisme de certains correspondants nationaux dans la mise en place des groupes de contact,

· Constatant que, malgré leur participation aux différentes réunions, les positions des ONG sont difficilement prises en compte,
· Constatant qu'une confusion persiste toujours dans la définition du rôle des ONG dans le processus,
· Constatant que les décisions politiques hâtives sont prises pour la mise en œuvre des projets de développement de grande envergure au mépris des menaces graves et réelles sur les populations et la biodiversité :

Recommandons :

1- Un amendement relatif à certaines tâches des organes et des principes de fonctionnement de la CEFDHAC, notamment les principes :
- 7 sur les conditions des membres,
- 10 sur le mode de désignation des correspondants nationaux,
- 11 sur la collaboration entre le correspondant national et les ONG, et
15 sur le mode de désignation des groupes de contact ; tels que définis à l'atelier de programmation des activités de la CEFDHAC à KINSHASA.

2- L'implication effective des ONG dans les prises de décision (réunions et comité de pilotage) et l'exécution du plan d'action.

3- La mise en place des moyens réels pour la promotion de la paix dans la sous-région d'Afrique Centrale.

4- La réalisation des études d'impacts environnementaux sérieuses et transparentes avant l'exécution de tout projet de développement.

Fait à Bata, le 07/06/1998

Les ONG de l'Afrique Centrale


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