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Mars 2 000 au Cameroun: LE "J'ACCUSE " DE L'ONU



Dans un rapport accablant, l'Organisation des Nations Unies (ONU) dénonce les multiples violations des droits de l'homme perpétrées au Cameroun.

La Commission des droits de l'homme de l'ONU examine, depuis la 10 mars dernier -et ceci jusqu'au 28 avril prochain-, le cas du Cameroun récemment accusé par un rapport spécial des Nations Unies comme faisant partie des pays du monde qui continuent à faire de la torture une pratique privilégiée et cautionnées par les autorités politiques. Selon la délégation du Rapporteur spécial, qui a sillonné le pays en quelques jours seulement, " la torture est tolérée pour ne pas dire encourager par les responsables des lieux de détention où elle est pratiquée. Etant issus des rangs, les chefs locaux de la police et de la gendarmerie sont censés être au courant de cette pratique et de la tolérer ".

Le rapport spécial de l'ONU reproche également aux personnes qui dirigent les forces de maintien de l'ordre, ainsi qu'à celles qui, au-dessus d'elles, sont politiquement responsables d'ignorer les principes de base des droits de la personne humaine et d'encourager les exactions de toute sorte sous le fallacieux prétexte de rétablir " l'ordre public " : " S'agissant des graves troubles de l'ordre public -qu'ils soient de nature politique, comme ce fut le cas dans les provinces anglophones en 1991-1992 et en 1996-1997, ou plus récemment dans les provinces du Nord, qui sont sous la surveillance de l'unité des antigangs dont le quartier général est à Maroua-, il est clair que les membres des forces de sécurité issus aussi bien de l'armée que de la gendarmerie sont amenés à penser par des voies hiérarchiques remontant apparemment jusqu'à l'échelon ministériel que la primauté du droit, y compris des restriction telles que celles consistant à interdire la torture voire le meurtre, ne doit pas constituer un obstacle à la réalisation de l'objectif prioritaire qu'est le rétablissement de l'ordre ".

Ainsi, au nom d'une conception extrêmement floue de " l'ordre public ", les forces de sécurité camerounaises se sont transformées en instruments de brimades, d'intimidation, de séquestration et… de corruption. En témoignent les interventions frustrantes et humiliantes des forces du commandement opérationnel installées à Douala. Celles-ci vont jusqu'à violer la vie privée d'honnêtes citoyens en brandissant un mandat les autorisant non pas à commettre des dégâts et autres crimes de lèse-majesté, mais plutôt à protéger les paisibles Camerounais des intentions malveillantes des malfrats. La situation qui prévaut au Cameroun est si préoccupante que les observateurs s'accordent à penser qu'elle sera à l'ordre du jour de la visite que le Secrétaire Général des Nations Unies, le Ghanéen Kofi Annan, entend effectuer dans notre pays du 1er au 02 mai 2000.

Au courant du mois dernier, les femmes ont également saisi la célébration de la Journée internationale de la femme du 08 mars pour revendiquer le respect de leurs droits, aussi bien par les hommes que par les autorités étatiques. Elles se sont attelées à réfléchir autour d'une " nouvelle révolution " qui permettrait à la femme camerounaise de vivre sa citoyenneté, d'être en phase avec les femmes du monde qui " positivisent ", de vaincre les obstacles et les contraintes inhibitrices de leur environnement (préjugés, mentalité prélogique, survie…), de " dompter " le " siècle de l'agression " en cours… Un joli programme qui exige l'ajustement politico-culturel de la conscientisation des hommes sur la situation et le rôle irremplaçable des femmes dans le processus du développement durable.

Samuel WAFO, Journaliste


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