Le Premier Ministre camerounais, Peter MAFANY MUSONGE, a signé
le 13 octobre 1999 un décret (n° 99/781) portant modalités
d'application de l'article 71 (1) de la loi du 20 janvier 1994 portant
régime de la forêt, de la faune et de la pêche.
Il ressort de ce texte du Chef du gouvernement que les autorités
camerounaises ont décidé d'accorder un sursis légal
à exécution aux dispositions interdisant l'exportation
des grumes au 20 janvier 1990. Ainsi, les essences forestières
seront désormais réparties dans deux grands groupes.
Le premier groupe se compose des essences dont l'exportation est
interdites sous forme de grumes, et le second, des essences, dits
de promotion, dont l'exportation est autorisée sous toutes
les formes.
Ce texte vient rectifier et compléter
la note circulaire n° 178 du 18 juin 1999, portant modalité
d'application des dispositions de la loi du 20 janvier 1994, signée
par le ministre de l'Environnement et des forêts, M. NAAH
ONDOUA. Sa spécificité réside dans le fait
qu'il introduit le paiement par les exploitants forestiers, d'une
taxe et d'une surtaxe à l'exportation des essences de promotion.
Ces derniers, qui sont au nombre de soixante huit (68) sont divisées
en deux catégories. Dans la première catégorie,
la surtaxe est de 4.000 F CFA par mètre cube pour l'Ayous
et de 3.000 F CFA pour les autres. Dans la seconde catégorie,
la surtaxe symbolique est de 500 F CFA par mètre cube. Les
ressources financières, récoltées à
la suite de cette opération, seront distribuées ainsi
qu'il suit : 75 % reviendront au Trésor Public, 12,5 % à
l'Administration forestière et 12,5 % à la Direction
des impôts.
Il faut dire que cet acte du Gouvernement camerounais
constitue seulement un pan d'un mois riche en réflexions
relatives à la gestion des forêts. Du 13 au 15 octobre,
par l'exemple, se sont tenues, dans la salle des Actes de l'Ecole
Normale Supérieure (ENS) de Yaoundé, les journées
scientifiques Cameroun-Aquitaine portant sur le bois et les ressources
forestières. Au cours des trois jours de travaux, les experts
français et camerounais ont, tour à tour, planché
sur la situation du Fonds universitaire d'appui à la recherche
qui est l'instrument de pilotage des programmes, sur l'aménagement
de la forêt, sur le développement de l'utilisation
rationnelle du bois et son industrialisation, et sur la composition
chimique du bois.
Autre rencontre portant sur des préoccupations
en matière de forêt : la conférence régionale
sur l'initiative Costa-Rica - Canada organisée du 18 au 22
octobre à l'Hôtel Mont-Fébé de Yaoundé.
L'initiative Costa-Rica - Canada, née de la volonté
des deux pays d'aider aux discussions du Forum international sur
les forêts, est un forum d'échanges entre experts chargés
des questions forestières, soit au niveau étatique,
soit au niveau de l'opinion publique (ONG, société
civile, opérateur économiques, juristes, etc.). Venus
d'une vingtaine de pays (du Nord et du Sud), les 80 experts ayant
pris part aux assises de Yaoundé ont passé au peigne
fin les problèmes que connaissent les ressources forestière
en Afrique centrale et de l'Ouest. Il se sont attelés à
consolider un cadre de réflexion susceptible d'amener les
gouvernements à avoir une idée précise des
éléments et des concepts éventuels d'un instrument
juridique relatif à la promotion, à la gestion, à
la conservation et au développement durable de tous les types
de forêt.
Les travaux de la capitale camerounaise participent
de la catégorie III du travail du Forum international sur
les forêts, en ce sens que les participants se sont penchés
sur les questions juridiques et les instruments globaux de gestion
des écosystèmes forestiers. La première catégorie
s'intéresse aux problèmes liés aux ressources
forestières, à savoir la connaissance des milieux,
l'aménagement durable, le déboisement, la conservation
et la protection des forêts. La seconde catégorie traite
de la mobilisation des ressources, des programmes d'actions, du
commerce, du financement, du transfert de technologies, du rôle
des intervenants, etc.
Samuel WAFO
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