Lancement de la Campagne de plaidoyer contre la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle


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Sous la houlette du CIPCRE, la Coalition Protégeons nos Enfants a lancé, du 31 mai au 4 juin 2010, la campagne de plaidoyer contre la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle. Ce lancement s’est articulé autour de trois activités : la conférence de presse, le séminaire-atelier international et la célébration œcuménique. La convergence des enfants, initialement prévue pour le vendredi 4 juin 2010, déroulera finalement le vendredi 11 juin 2010, dans le cadre des activités de la Journée Internationale de l’Enfant Africain

1 - CONFERENCE DE PRESSE


Cette conférence a été animée par  cinq intervenant(e)s :


  • Le musicien camerounais de renommée internationale, André Marie Tala parrain de la campagne ;
  • Pasteur Jean-Blaise Kenmogne Directeur Général du    CIPCRE et Porte-Parole de la Coalition Protégeons nos    Enfants ;
  • Professeur Claude ABE, enseignant à l’Université Catholique d’Afrique Centrale ;
  • Amély James Koh Bela, militante des Droits de l’Homme et Spécialiste de la Filière Africaine de la Traite des Etres Humains ;
  • Docteur Daniel Mbassa Menick, Pédo-Psychiatre, Responsable de l’association CAPSCAN.



Andre Marie TalaDans son allocution, André  Marie Tala, parrain de la campagne, a présenté devant le public de près de 250 personnes venues assister à l’évènement, les raisons de son « engagement total » dans cette campagne de plaidoyer. A ses yeux, la cause des enfants est une cause sacrée à laquelle le Cameroun et l’Afrique devraient consacrer toutes leurs énergies de lutte. Il est impossible que les enfants africains et particulièrement camerounais, soient livrés à un nouvel esclavage et anéantis dans leur être comme dans leurs œuvres, sans que nous réagissons tous et toutes contre ce crime. Le temps est venu d’interpeller les pouvoirs publics et de mobiliser les forces vives de la nation pour que le désastre de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle cesse.


Le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne, animateur principal de la campagne a largement présenté  la situation de la traite au Cameroun à partir des résultats d’une étude commandité par le CIPCRE auprès des experts. Selon cette étude nous sommes devant une véritable catastrophe : plus de 4000 enfants, dont 30% de garçons, sont d’une manière ou d’une autre confrontés à ce phénomène dont les dimensions désastreuses ont été présentées aux journalistes et au public  dans toute l’ampleur de la catastrophe, avec filières et réseaux, victimes et bourreaux, méthodes de recrutement et conditions de travail, gains escomptés et structures de coercition, causes profondes du phénomène et perspectives pour le combattre à travers la mobilisation de toute la nation, à commencer par les autorités politiques religieuses et traditionnelles.




Après le Pasteur Jean Blaise Kenmogne, Amély James Koh Bela a décrit les routes de la traite  des enfants à des fins d’exploitation sexuelle au Cameroun. Carte à l’appui, elle  a mis devant les yeux des participant(e)s les circuits organisés qui font affluer les enfants victimes des villages vers les grandes agglomérations urbaines où ils subissent l’exploitation sexuelle déshumanisante  et éhontée.





Au bout des  ces présentations, la parole a été donnée aux journalistes et au public pour un bon moment  de débat sur la situation de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle.
Les questions ont tourné autour de trois préoccupations majeures :

  •  le souci de comprendre vraiment ce qui se passe ;
  •  la volonté de mettre sur pied des stratégies concrètes qui soient véritablement  efficaces ;
  •  l’urgence d’impliquer les  autorités administratives, politiques, religieuses et traditionnelles  dans la lutte contre ce fléau.

Sur le premier point, le sociologue Claude Abe et le psychiatre Daniel Mbassa  Ménick ont  donné des éclairages forts utiles sur le contexte social qui conditionne le phénomène de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle, ainsi que sur les traumatismes psychiques dont ces enfants souffrent affreusement.

Sur le deuxième point, le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne et Amély Koh Bela ont exposé les stratégies de plaidoyer et de conscientisation à mettre en œuvre au plan national et international.

Sur le troisième point, après avoir déploré l’absence des représentants du Ministère des Affaires  Sociales à la conférence de presse, le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne a insisté sur le fait que dans les stratégies à mettre en œuvre, il n’y a pas de réussite possible sans une coopération de la société civile avec l’Etat.




La conférence de presse internationale s’est achevée par un sketch présenté par les enfants autour du message adressé aux adultes « Protégez-nous ». Le musicien Claude DG a chanté pour le public présent  une de ses dernières compositions sur le mal de la prostitution des enfants dans la société. Un cocktail a clos la conférence de presse du Hilton.




2 - SEMINAIRE-ATELIER INTERNATIONAL


C’est dans la grande salle de l’Hôtel Mansel de Yaoundé que s’est ouvert le 2 juin 2010 le séminaire-atelier international organisé par la Coalition Protégeons nos Enfants sur la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle.

Cameroun et Bénin : miroir d’une situation profondément inquiétante

Le Séminaire s’est ouvert par la présentation de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle au Cameroun et au Bénin, deux pays où deux études commanditées auprès des experts par l’ONG CIPCRE ont brossé un tableau catastrophique à partir duquel une réflexion sur la lutte à mener peut être conduite avec des stratégies fertiles et efficaces.

 
Claude Abé
La situation du Cameroun a été présentée par le Sociologue Claude Abé, enseignement à l’Université Catholique de Yaoundé, maître d’œuvre de l’enquête menée sur  toute l’étendue du territoire camerounais. La communication de Monsieur Abé a permis aux participant(e)s au séminaire-atelier de prendre conscience de l’ampleur, de la profondeur, des conséquences et des enjeux de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle au Cameroun. A ses yeux, nous assistons à un véritable désastre national, un phénomène en pleine expansion où sont impliqués des réseaux fortement organisés contre lesquels des actions de prévention et des actions de répression devraient être menées en même temps que devront se déployer des actions conscientisatrices et éducatives de grande envergure. Claude Abé a montré comment de telles stratégies ont besoin d’être bâties sur une analyse rigoureuse des causes profondes du phénomène ainsi que sur une mise en lumière des facteurs culturels, politiques et économiques qui permettent le développement de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle. Il faut aujourd’hui s’attaquer par exemple à la culture du « confiange » des enfants à des membres de la famille au sens large ou à des tuteurs dont on ne maîrise pas les rouages de la vie, au nom des vénérables traditions ancestrales qui ne peuvent plus fonctionner dans les mutations actuelles du monde. Il faut lutter contre une certaine indifférence et une certaine léthargie des pouvoirs publics face à des phénomènes comme l’exploitation et la prostition des enfants. Il faut aussi savoir que le développement économique et social est la réponse essentielle à l’alibi de la misère auquel on recourt souvent pour expliquer ou justifier le fléau de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle.



Elidja Zossou
Monsieur Elidja Zossou, Directeur National du CIPCRE Bénin, a présenté la situation de son pays en matière de lutte contre cette traite. Il a donné les grandes lignes d’une étude faite sur ce phénomène au Bénin. A ses yeux, plusieurs constantes sont perceptibles entre le Cameroun et le Bénin : l’ampleur du phénomène, la profondeur de son imprégnation sociale, les méthodes d’action des proxénètes et des intermédiaires, ainsi que la catastrophe des traumatismes physiques et psychiques subis par les enfants victimes. Monsieur Zossou a tenu aussi à mettre en lumière la spécificité de la situation béninoise. Selon lui, l’étude menée au Bénin a montré une implication plus forte qu’ailleurs des parents et leur complicité dans les arcanes du phénomène de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle. Il a aussi mis en relief l’internationalisation de ce phénomène qui a fait du Bénin le point de départ  et l’une des plaques tournantes essentielles du trafic des enfants en général et de la traite sexuelle de ces enfants en particulier.

Comme Claude Abé, Elidja Zossou a insisté sur les mesures préventives à prendre et sur la force de l’éducation pour vaincre le fléau dont les enfants sont victimes.
Un débat fort riche a suivi les deux exposés. Il a essentiellement porté sur l’importance et l’urgence des synergies à mettre en œuvre pour mettre fin à la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle. Cette volonté de synegies a été la lame de fond des interventions tout au long du débat.

Les filières d’une traite honteuse et l’énergie pour les briser

Le deuxième temps fort de la première journée du Séminaire-Atelier international a été marqué par deux communications : celle de Madame Emély James Koh Béla et celle de Monsieur Robert Kotchéni.

Amély Koh Béla
La première intervenante, Spécialiste des filières africaines de la prostitution en Europe et dans le monde,  a présenté un témoignage pathétique sur la traite des enfants africains à des fins d’exploitation sexuelle à l’échelle internationale. Elle a montré comment ce phénomène est lié à des réalités sur lesquelles il faut aujourd’hui ouvrir les yeux : la corruption généralisée dans la société, la soif effrénée d’émigrer pour réussir loin de l’Afrique, la dictature de l’argent, les atavismes culturels rétrogrades, la prostition cachée dans les maisons et les appartements ainsi que l’aveuglement de la société qui se cache à elle-même l’ampleur et la profondeur du mal. Amély James Koh Bela a fait un vibrant plaidoyer pour les valeurs éthiques et pour l’éducation spirituelle dans nos sociétés en pleine crise morale et spirituelle.



Robert Kotchéni

Monsieur Robert Kotchéni, du Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale, a concentré son intervention sur les possibilités d’action de ce Centre aujourd’hui. Un Centre dont les projets seront désormais centrés sur le phénomène de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle dans cinq pays de la CEEAC, en collaboration avec le Centre de l’ONU à Libreville. Monsieur Kotcheni a aussi insisté sur le programme de formation des forces de sécurité pour affronter le fléau en cours, ainsi que sur la nécessité d’une logique des synergies entre la société civile et l’Etat.



Du débat suscité par ces deux interventions ont jailli trois impératifs majeurs :
  • L’impératif de rompre le silence sur ce qui se passe en matière de traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle ;
  • L’impératif de lutter contre la corruption qui gangrène la société et détruit ses ressorts moraux essentiels ;
  • L’impératif des travailler en synergies pour faire reculer le mal et orienter la société vers la construction du bonheur des enfants.

Droits, devoirs et pouvoirs : dynamiques pour mettre fin à la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle

 
Bernard-Raymond Guimdo
L’après-midi du premier jour du séminaire-atelier international a débuté avec une communication du professeur Bernard-Raymond Guimdo sur les instruments juridiques de la lutte contre la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle. L’intervenant, dans une remarquable érudition, à présenté ces instruments autour de deux axes : l’axe des textes internationaux et l’axe des textes nationaux. Sur chacun de ces axes, il a bien distingué entre les textes contraignants et les textes non-contraignants, entre des règles qui ont un caractère obligatoire et les règles qui relèvent du registre de recommandations. Dans les méandres du droit international et national, il a mis en lumière  toutes les possibilités et toutes les marges de manœuvre dont les citoyens disposent pour s’attaquer au fléau de l’exploitation sexuelles des enfants. Le droit, à ses yeux, est un atout essentiel qui donne aux citoyens les pouvoirs d’actions énormes et permet de percevoir les devoirs sans lesquels il est impossible de faire fonctionner une société normale. Connaître ces devoirs, libérer les pouvoirs d’action et maîtriser le droit comme instrument de lutte, voilà l’essentiel de ce qu’il y a à faire aujourd’hui, selon le professeur Guimdo.

A la suite de l’intervention de ce professeur spécialiste du droit, Monsieur Robert Kotchéni a gratifié les intervenants de certaines informations supplémentaires sur le fonctionnement du système juridique et sur la manière d’utiliser judicieusement ce système dans l’état actuel de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle.

Dans le débat qui a suivi ces interventions, l’accent a été fortement mis sur l’exigence d’appliquer la loi et sur l’urgence de la veille et de la vigilance citoyenne en matière de prévention, de répression et de lutte contre l’impunité.
 
Daniel Massa Menick
L’un des moments les plus forts de l’atelier a été l’intervention de Monsieur Daniel Massa Menick, psychiatre et spécialiste des enfants en détresse psychique. Sur la base de sa connaissance du terrain et de sa profonde expérience de cabinet de psychiatre, l’intervenant a déroulé la tragédie des enfants victimes : la tragédie physique, la tragédie psychique et le calvaire des traumatisme que la parole est incapable d’exprimer et de décrire. A partir de son intervention, il était clair que l’action à mener ne relève pas seulement de l’ordre de la dénonciation et de la protection juridique, mais aussi de l’ordre de la guérison holistique de la personne pour sa réinsertion dans la société, à partir de la famille comme lieu éducatif de base pour mieux atteindre toute la société dans ses responsabilités et dans ses pouvoirs de prise en charge de l’enfance en danger aujourd’hui.

Un débat passionnant a sui l’intervention du docteur Mbassa. Il a concerné toutes les possibilités de guérison et de réinsertion sociale qu’il convient d’imaginer dans la situation actuelle du problème.
Après ce moment intense du débat, les participants au Séminaire-atelier international de l’hôtel Mansel ont écouté les rapports sur la situation de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle au Gabon, au Congo-Brazzaville et en Centrafrique. Ils ont pu se rendre compte que ce phénomène est répandu partout, même si dans ces pays les études n’ont pas encore été mené de manière scientifique, pour ouvrir la voie à une lutte radicalement menée comme c’est maintenant le cas au Cameroun et au Bénin.   

Enjeux éthiques et stratégies régionales

Le deuxième jour du colloque a été consacré à une réflexion sur les enjeux éthiques de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle ainsi qu’à l’élaboration des stratégies régionales pour la Coalition Protégeons nos Enfants ».


Prof. Kä Mana
C’est au Professeur Kä Mana que revenait la responsabilité de dégager les enjeux éthiques de la traite des enfants à des fins d’exploitation sociale. A ses yeux, derrière ce phénomène se cachent des dynamiques de fond dont il faut prendre rigoureusement conscience : l’effondrement moral d’une société, la déliquescence spirituelle d’une nation, l’errance d’une gouvernance sans boussole et la désagrégation du pouvoir d’action collective. Aujourd’hui, l’éducation devra être repensée à long terme pour s’attaquer à ces dynamiques de fond. C’est la manière la plus profonde, la plus solide et la plus efficace de protéger les enfants et de sauver l’avenir de nos pays africains.


Après cette intervention du Professeur Kä Mana, quatre groupes de travail se sont constitués pour réfléchir sur les perspectives de lutte au niveau régional, tant aux échelles juridiques et socio-psychologique qu’aux échelles des stratégies d’action concrète à partir du séminaire-atelier international.

Des réflexions en atelier a jailli l’urgence de mettre sur pied une Plate-Forme régionale (Afrique Centrale et Afrique de l’Ouest) pour lutter contre la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle. Un groupe de travail a été constitué, avec le CIPCRE comme principal animateur.

Conclusion

Le Séminaire-atelier de Yaoundé a été un moment important pour le problème de l’exploitation des enfants à des fins d’exploitation sexuelle. Au total, on peut dire qu’il s’est articulé autour de cinq nœuds de préoccupations à partir desquels des perspectives d’avenir peuvent s’ouvrir :

  • Le nœud de la connaissance du problème : une conscience claire de ce qui se passe a été suscitée et peut servir maintenant de socle pour conduire la lutte.
  • Le nœud de la réflexion : on connaît maintenant les dimensions essentielles du problème ainsi que ses vrais enjeux de fond.
  • Le nœud de l’interpellation : les grands acteurs qui devraient s’engager dans la bataille ont été identifiés et le processus de plaidoyer à leur intention a été lancé.
  • Le nœud de l’action : les champs d’action et les stratégies d’intervention ont été définies avec lucidité et perspicacité.
  • Le nœud de l’utopie : le rêve d’une société sans traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle a été vigoureusement libéré.

    L’horizon ayant été ainsi dégagé, il faut maintenant presser le pas et réussir les synergies pour aller de l’avant (Télécharger les Résolutions du séminaire-atelier international).

Une vue des participant(e)s au
séminaire-atelier international

Photo de famille des participant(e)s

   
3 - Célébration œcuménique de clôture

La célébration œcuménique de clôture du lancement de la campagne de plaidoyer contre la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle a eu lieu le vendredi 4 juin 2010 à partir de 14 h 30 à la Cathédrales Notre Dame des Victoires de Yaoundé devant près de 600 fidèles dont 284 femmes, catholiques, protestants et musulmans confondus.


Mgr Jean-Claude Ekabena

Cette célébration a été co-présidée par Mgr Jean-Claude EKABENA, Vicaire Général et représentant personnel de son Excellence Mgr Tonye Bakot, Archevêque Métropolitain de Yaoundé et le Pasteur Isaac Batomen Henga, Premier Vice-Président du Conseil des Eglise Protestantes du Cameroun (CEPCA) et Président de l’Eglise Evangélique du Cameroun. Ce dernier a fait une prédication très riche sur la parole du Christ : « Laissez venir à moi les petits enfants, le royaume de Dieu appartient à ceux qui leur ressemble ».




Pasteur Isaac Batomen
Le pasteur Batomen a mis en lumière les engagements auxquels Dieu nous convie face aux exigences de la protection des générations montantes et à leur éducation dans un monde où les valeurs d’humanité sont bafouées au point qu’on y livre les enfants à une exploitation sexuelle honteuse et inacceptable. Le temps est venu de lutter contre cette abomination et de donner aux enfants des perspectives d’épanouissement et de bonheur.





Iman Modibo Alidou
L’Imam Modibo Alidou de la mosquée d’Essos à Yaoundé, Président Conseil Supérieur Islamique du Cameroun (CSIC) et Président de la Dynamique Islamique JPSC du Centre, a exprimé toute la joie des musulmans de participer à une célébration œcuménique qu’ils vivent non seulement comme un signe d’hospitalité spirituelle entre croyants, mais surtout comme l’affirmation des liens solides grâce auxquelles on peut considérer que la communauté musulmane est chez elle à la Cathédrale comme les chrétiens doivent se sentir chez eux dans les mosquées. Avec ce symbole de la prière commune entre croyants, ce sont les impératifs communs de lutte contre la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle qui sont affirmés avec vigueur, dans la conviction que cette lutte interpelle toutes les forces spirituelles de la nation aujourd’hui.


Le message de l’Eglise Catholique sur la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle a été présenté par Mgr Jean-Claude EKABENA. Au nom de Mgr Tonye Bakot, il a exprimé toute l’indignation de l’Eglise catholique face aux pratiques honteuses et déshumanisantes que constitue la traite sexuelle des enfants. En même temps, il a engagé les communautés catholiques à soutenir la Coalition Protégeons nos Enfants dans le combat contre ce phénomène insidieux.


Pasteur Jean-Blaise Kemogne
Le pasteur Jean-Blaise Kenmogne, Porte-Parole de la Coalition Protégeons nos Enfants et Directeur Général du CIPCRE a, au nom de la Coalition, adressé ses vifs remerciements aux communautés de foi représentés. Il a mis en lumière le caractère inacceptable de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle dont l’ampleur est de plus en plus attestée dans tous les coins de la nation et interpelle nos consciences. A ses yeux, l’heure est venue pour que toutes les forces spirituelles du pays et toute la nation s’engagent dans une guerre totale contre une catastrophe qui détruit l’avenir des enfants du Cameroun et d’Afrique.



Un des moments les plus pathétiques de la célébration œcuménique a été la présentation d’une saynète par une trentaine d’enfants appelant les parents du Cameroun à protéger l’enfance aujourd’hui en danger. Cette séquence de la célébration œcuménique a été fortement appréciée par les adultes présents.




La célébration a été animée de bout en bout par les Chorales Amour et Foi de l’aumônerie universitaire protestante, Echo Céleste de la Paroisse de l’Eglise Evangélique du Cameroun à de Nlongkak (Yaoundé), la Chorale catholique NKoukouma David et le Grand Chœur Classique Notre Dame de l’Immaculée Conception de la Cathédrale notre Dame-des-Victoire de Yaoundé.



Chorale Nkoukouma David

Chorale Echo Céleste

 
Abbé Antoine Evouna
L’abbé Antoine Evouna, maître des cérémonies, a conclu la célébration en remerciant les Imams, les Prêtres et Pasteurs présents ainsi que les membres de la Coalition Protégeons nos Enfants pour leur présence et leur engagement dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants. Il a surtout adressé sa profonde gratitude à celui qu’il a appelé « le prophète de la Coalition », le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne. Une manière de reconnaissance publique pour les œuvres de cet homme symbole de l’œcuménisme et de la coopération interreligieuse de demain. Un homme qui a recueilli en lui, le souffle de Mgr André Wouking qui fut pendant longtemps le Parrain de la Campagne Semaines Pascales et qui r
epose dans la Cathédrale même où la célébration œcuménique a lieu.


Photo de famille de la Célébration œucuménique

4 - LE CONCERT DU PARRAIN

La Campagne de plaidoyer contre la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle a eu pour parrain l’artiste musicien de renommée internationale, André-Marie Tala, l’une des icones les plus adulées du public camerounais et africain au  cours de ces cinquante dernières années.

Venant de France où il vit actuellement, l’artiste a été accueilli à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen par le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne, maître d’œuvre de la campagne, et une vingtaine de membres de la Coalition Protégeons nos enfants. Dès l’instant où il a foulé le sol camerounais, André-Marie Tala a affirmé, devant les journalistes qui l’ont interviewé, son « engagement total » dans la lutte pour libérer les enfants d’Afrique de tous les jougs sous lesquels ils ploient dans  l’enfer de l’exploitation sexuelle.



Après avoir activement participé à la  conférence de presse internationale par laquelle le lancement de la campagne a commencé, l’artiste a donné toute la mesure de son talent et de son engagement à travers un concert grandiose et magnifique à l’Hôtel Mansel de Yaoundé.  A plus de 200 militant(e)s de la cause des enfants d’Afrique, il a offert toute la grande création musicale qui a jalonné sa carrière, intercalant les morceaux choisis avec des messages forts pour la lutte contre l’exploitation sexuelle des générations montantes par les forces de la destruction de l’humain. L’ambiance du concert fut une ambiance de fureur dansante et de libération de toutes les énergies du bonheur et de la joie de vivre, avec des adultes et des enfants totalement portés par l’énergie d’une musique de très haute tension.