CSP 2009 : La caravane vient d'être lancée à Douala


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Le thème général Ensemble pour humaniser les rites de veuvage, la Campagne Semaines Pascales 2009 vient d’être lancée à Douala. Des activités se sont articulées autour d’une campagne médiatique, de deux ateliers dont le premier avec des Pasteurs et le deuxième avec des Chefs Traditionnels, d’une causerie éducative, d’une table-ronde et d’une célébration œcuménique et interreligieuse.

Campagne médiatique


Tout au long de la semaine, la presse écrite (Le Messager, Mutations, Le Jour, La Nouvelle Expression) ont donné un écho fortement favorable aux activités de la Campagne. La radio nationale (CRTV), la radio Veritas (Catholique) et la radio Equinoxe (libre) ont été mobilisées pour des interventions, des interviews et des causeries éducatives animées par Lucie Pochangou, Présidente du COS de Douala, Elisabeth Obama, le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne et le Professeur Kä Mana sur le thème : Ensemble pour humaniser les rites de veuvage. Présentées à des heures de grande écoute et reprises plusieurs fois pour les auditeurs, ces émissions radiodiffusées ont été suivies par une vaste frange de la population dont le feed-back auprès des organisateurs de la campagne a montré à quel point le message de lutte contre la déshumanisation des rites de veuvage a été entendu, apprécié et partagé. Les télévisions ont aussi largement rendu compte de l’événement : STV a longuement fait écho aux conférences, Canal 2 a présenté un reportage sur les grands moments des manifestations, des images ont été prises par la Télévision Nationale (CRTV) en vue d’un compte-rendu exhaustif des activités, qui sera présenté pour le grand public dans les jours qui viennent. De toute cette campagne médiatique, il est ressorti que le problème posé par les rites de veuvage est aujourd’hui pris comme une catastrophe contre laquelle la nation toute entière devra se mobiliser. Un vox pop réalisé et publié par le journal Le Jour et des réactions de l’homme de la rue enregistrées et diffusées par la CRTV ont montré à quel point une conscience nouvelle est en train de naître. Cette conscience suscite beaucoup d’espoirs sur l’impact de tout ce qui a été offert au grand public comme limon pour son action.

 

pasteur jbk face à la presse
Banderole portant le thème de la Campagne

banderole
Le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne face à la presse

Conférences, causeries éducatives et table ronde

Animées par le Professeur Kä Mana, deux ateliers, une causerie éducative et une table ronde ont ponctué le temps de la Campagne Semaines pascales 2010 à Douala.

Atelier avec les Pasteurs

La premier atelier a été animé par le Professeur Kä Mana sur le thème : Dynamique Justice, Paix et sauvegarde de la Création et lutte contre la déshumanisation des rites de veuvage. Dans cette intervention, le Théologien et Philosophe Congolais, Conseiller Théologique au CIPCRE, a mis la Campagne Semaines Pascales 2009 dans une perspective historique afin de mieux en présenter les enjeux et ouvrir un horizon d’action pour les communautés chrétiennes. Devant trente six (36) Pasteurs, Anciens et Anciennes d’Eglises et Directeurs d’Education Chrétienne de l’Eglise Evangélique du Cameroun (EEC), de l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun (UEBC) et de la Native Baptist Church (NBC/EBC), le Professeur Kä Mana a rappelé les sources historiques de la dynamique JPSC dans les événements tragiques du 20ème siècle et dans la conscience que le Conseil Œcuménique des Eglises a suscitée face à ces catastrophes. Le mouvement lancé par le COE à Séoul il y a plus de trois décennies a trouvé au Cameroun une terre fertile : le CIPCRE l’a incarné dans des initiatives d’éducation et de conscientisation dont la Campagne Semaines Pascales est l’une des manifestations. Il a surtout donné corps à travers la création, depuis 1999, des Commissions JPSC dans une cinquantaine de Paroisses des Eglises Protestante à l’Ouest Cameroun. Depuis ces deux dernières années, une Dynamique Islamique JPSC est née sous l’impulsion du CIPCRE (une trentaine de Mosquées à l’Ouest et au Centre disposent déjà chacune une Commission JPSC) et s’engage résolument dans la lutte, tout comme le font les Chefs Traditionnels de l’Ouest et du Sud Cameroun dont le CIPCRE a sollicité toute l’énergie pour lutter contre les mauvaises conditions des femmes et particulièrement la situation vécue par les veuves aujourd’hui. En collaboration avec le Service National Justice et Paix (SNJP) de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun (CENC), la dynamique JPSC telle que le CIPCRE l’a lancée porte actuellement beaucoup de fruits en termes de nouvelle prise de conscience et de transformation sociale. Il est impératif de pouvoir élargir et approfondir l’action entreprise. C’est pour cela que les Paroisses protestantes de Douala et de la Région du Littoral sont sollicitées pour que soient mises sur pied des Commissions JPSC. Ces Commissions sont les symboles et les leviers d’une vision concrète de l’Eglise dans son travail d’évangélisation en profondeur. Elles sont destinées à montrer comment la transformation sociale est partie intégrante de l’évangélisation.

Le message du Professeur Kä Mana a été largement entendu. La décision de lancer des Commissions JPSC dans les Paroisses a été prise. Il a été demandé au CIPCRE de prendre toutes les dispositions pour qu’une nouvelle rencontre sur les stratégies à mettre en œuvre pour que ces Commissions voient le jour et se mettent rapidement à l’œuvre dans les Paroisses de l’EEC, de l’UEBC et de la NBC/EBC.

photo de famille
Photo de famille de l'atelier avec les pasteurs


Pasteur Ka mana
Pasteur Kä Mana intervenant lors de l'atelier avec les pasteurs

atelier
Vue partielle des participants lors de l'atelier avec les pasteurs



Après l’atelier qui eu lieu dans la salle des Conférences de l’UEBC, un déjeuner a été offert aux participants dans un restaurant de la place.

Atelier avec les Chefs Traditionnels

photo de famille de l'atelier des chefs
Photo de famille de l'atelier avec les chefs traditionnels

Le deuxième atelier de la CSP 2009 a été encore animée par le Professeur Kä Mana à l’intention des Chefs Traditionnels sur le thème : Chefferies traditionnelles et rites de veuvage. Avant son intervention, Kä Mana a fait l’économie d’une communication qu’aurait dû donner Elisabeth Moundo, que nous avons invitée à intervenir à cet atelier et à la table, mais qui a été retenue à Accra au Ghana pour des raisons professionnelles (voir plus bas). A partir d’une vision d’ensemble des valeurs fondatrices et des valeurs régulatrices de l’humanité africaine et sur les normes fondamentales qui donnent sens à la société selon la culture africaine, le Philosophe et Théologien Congolais a défini la vocation des Chefferies Traditionnelles non seulement comme lieu de mémoire de la tradition, mais aussi comme espace de réinvention africaine des droits humains et d’imagination de la nouvelle utopie pour l’Afrique à construire : une Afrique d’enracinement dans son suc vital, de renouement avec ses sources historiques et de libération de toutes ses énergies créatrices, loin de toutes les dérives du formatage néocolonial et de la malédiction néolibérale dont souffre notre continent. L’engagement des Chefs Traditionnels pour l’humanisation des rites de veuvage fait ainsi partie intégrante de leur responsabilité vitale, ici et maintenant. Si les chefferies n’assument pas cette responsabilité, elles ne seront plus bonnes qu’à être foulées aux pieds et à être réduites à l’état de caniches du pouvoir moderne qui a fait de nos Chefs et de nos Rois de simples auxiliaires à qui l’on dit ce qu’ils ont à exécuter. Aujourd’hui, la réinvention de l’autorité traditionnelle est une urgence dans la réinvention globale de l’Afrique comme continent des droits humains et comme nouveau projet d’humanité pour le monde.

Les Rois et les Reines présentes à la conférence ont nourri le débat de toutes leurs expériences. Les veuves invitées ont pu s’exprimer énergiquement en présence des Rois et des Reines.

Un déjeuner a clôturé la rencontre qui a réuni une vingtaine de personnes à Denver Plazza Hôtel de Bonamoussadi.

Causerie éducative

Dans le cadre de la Campagne Semaines Pascales, une causerie éducative destinée aux jeunes a eu lieu à la Maison des Jeunes et de la Culture de New Bell, autour du thème : Amour, famille et veuvage. Face à environ 150 personnes, le Professeur Kä Mana, qui a animé cette causerie, a saisi l’occasion pour décrire la crise de la famille, la crise des communautés de foi, la crise de l’école et la crise de la société comme lieux éducatifs aujourd’hui. Cette crise conduit à l’effondrement de l’éducation aux valeurs de l’amour et de la famille ainsi qu’à la destruction des valeurs civiques et communautaires. A la place des valeurs règnent aujourd’hui les anti-valeurs exaltées par les musiques délirantes et provocatrices, par des espaces médiatiques (télévision, Internet) qui exaltent la sexualité sans amour et font de la violence la substance de la vie sociale. Par la philosophie « du ventre et du bas-ventre » dont les générations montantes sont nourries, nous assistons à l’émergence d’une société sans éthique, où même la spiritualité prônée par les Eglises devient insignifiante et superficielle face aux pouvoirs de l’argent et des biens matériels. Rien d’étonnant qu’une telle société délaisse les veuves et les orphelins et reste silencieuse et inactive face aux dérives des rites de veuvage. C’est contre l’esprit global d’une telle société qu’il est urgent de lutter pour refonder le social sur les valeurs de l’amour et sur le sens des droits humains. Il s’agit d’une révolution dont le socle devra être une anthropologie du bonheur communautaire, seul chemin pour donner aux générations montantes une certaine idée du sens de l’existence humaine et des perspectives spirituelles ultimes qui fondent l’éthique communautaire. Aujourd’hui, il faut que les jeunes redécouvrent le sens fondamental des rites de veuvage dans la culture africaine qui y célèbrent la victoire de la vie sur la mort et y promeut la restructuration de la personnalité de la veuve et sa réintégration dans le tissu social.

Dans le débat que la causerie éducative a suscité, les participants ont insisté sur la responsabilité de l’Etat et des Communauté de Foi dans l’effondrement des valeurs et sur la nécessité de refonder l’éducation familiale et de réinventer l’école. Il a été aussi mis en relief l’impératif d’une nouvelle conscience des jeunes par rapport à la défense, à la protection et à la promotion des droits des veuves dans la société.

pasteur ka mana
Pasteur Kä Mana intervenant à la causerie éducative

Vue partielle des participants à la causerie éducative


Table-ronde

Sur le thème : Société Camerounaise et rites de veuvage, une table ronde a été organisée au Foyer des Femmes de l’Union des Femmes Chrétiennes (UFC) de l’EEC à Njojo. Devant plus de 300 personnes, avec en majorité les membres des mouvements des Femmes Catholiques, des femmes de l’UFC de l’Eglise Evangélique du Cameroun, des femmes de JBB de l’Union des Eglises Baptistes de Cameroun et des femmes de l’Union Islamique du Cameroun fortement mobilisées, une vieille veuve a donné un témoignage poignant des supplices et des humiliations qu’elle a subis après la mort de son mari, ainsi que de l’état d’abandon social qu’elle endure, elle et ses enfants. Ce témoignage a été la base pour une lecture sociologique du veuvage au Cameroun et pour une lecture spirituelle de la responsabilité des croyantes et croyants dans la transformation de la société. C’est le Professeur Kä Mana qui a présenté cette double lecture, soutenu par le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne dont les éclairages théologiques et culturels ont été puissamment fertiles. Avant de présenter sa lecture du calvaire de la veuve, le Professeur partagea avec l’assistance un texte de Madame Elisabeth Moundo, une socio-anthropologue camerounaise qui est actuellement représentante de l’UNESCO au Ghana. Celle-ci devait participer à la table ronde mais a été empêchée à la dernière minute par la perspective du voyage du Président Obama à Accra. Dans son texte, Madame Moundo décrit les pratiques des rites de veuvage chez les Douala et en dégage le sens autour d’un triple enjeu : la déstructuration de la personnalité de la veuve, la restructuration de cette personnalité et la réintégration de cette veuve dans le tissu familial et communautaire, au-delà de l’épreuve dramatique de la mort qui lui a fait perdre dans son mari une partie de sa propre force vitale. Aux yeux de Madame Moundo, la gestion de ce processus relève de la coutume comme institution principale, tout comme elle appelle de la part de l’Etat et de la société dans ses diverses organisations. Après avoir partagé avec l’assistance cette dimension profonde des rites de veuvage dans la tradition et la culture africaine, le Professeur Kä Mana est entré dans le vif de son propre sujet : une lecture sociologique et spirituelle des rites de veuvage. Du point de vue sociologique, le Philosophe et Théologien Congolais a insisté sur le fait que les rites de veuvage sont aujourd’hui un problème profond des droits humains et qu’il devrait s’inscrire dans cette perspective pour être appréhendé à sa juste portée. Ce que les veuves vivent dans tous ces rites, c’est le déni de leurs droits humains. Il faut donc prendre la campagne contre la déshumanisation des rites de veuvage comme une campagne pour la promotion des droits humains, particulièrement des droits des femmes au Cameroun. Promotion des droits, mais aussi promotion des devoirs et des pouvoirs des femmes. C’est dans la mesure où les pouvoirs de créativité et les devoirs d’action des femmes seront promus que nous pourrions disposer d’un dispositif juridique et humain capable de défendre les veuves et les orphelins. Du point de vue éthique et spirituel, le professeur Kä Mana a fustigé l’indifférence, l’indolence, le mutisme et même la complicité des chrétiens et chrétiennes, des musulmans et musulmanes ainsi que de tous les hommes et de toutes les femmes qui savent ce qui se passe dans les rites de veuvage et qui ne disent rien. Ils voient ce qui se déroule et ils ferment la porte de leur conscience. En agissant ainsi, ils se rendent passibles du crime de non-assistance à personne en danger. C’est une pure et simple trahison de la parole de Dieu telle que la Bible et le Coran l’enseignent. C’est aussi une trahison de la sagesse ancestrale. Nous sommes devant une attitude d’anti-humanité aussi grave que celle des tortionnaires qui officient dans les rites de veuvage. Aujourd’hui, il faut mettre fin à tout cela et orienter la foi dans le sens de la protection de la veuve et de l’orphelin. C’est la seule manière de vivre concrètement l’engagement de la foi dans la transformation sociale. Le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne a profité de toutes ses réflexions pour montrer comment, dans la vision de la Bible, c’est pour protéger les veuves et les orphelins que le ministère des Diacres a été créé. Cela signifie que l’Eglise est conçue dès le commencement comme un espace vital où la veuve et l’orphelin doivent trouver leur place et s’épanouir. Sans cela, la foi n’a aucun sens.

Quand la parole a été donnée au public pour réagir, une véritable fièvre s’est emparée de la salle, tellement chaque participant(e) voulait donner son témoignage, présenter ses réflexions ou dire ses indignations et vociférer contre l’état actuel des rites de veuvage au Cameroun. Des condamnations de la déshumanisation de ces rites ont fusé de partout. Des témoignages bouleversants ont été racontés au public, avec un tableau poignant des souffrances et des malheurs. Des engagements ont été pris par certaines femmes et certains hommes dans la perspective d’œuvrer pour des nouvelles stratégies d’action. Sous l’œil médusé des femmes musulmanes qui se découvraient heureuses d’être libérées de tous ces rites par le Coran et la foi islamique, le débat a pris les allures d’une énergie de libération. Il a fallu toute la diplomatie du Pasteur Jean-Blaise Kenmogne pour mettre fin à la soirée en demandant que de nouveaux horizons s’ouvrent pour un engagement des croyantes et des croyants dans la réinvention des rites de veuvage, selon l’esprit des textes sacrés.

pasteur ka mana
Panel des intervenants de la table ronde


 A droite, Veuve témoignant à la table ronde.
A gauche, sa fille qui a servi d'interprète



Une célébration œcuménique et interreligieuse pour les droits des veuves.

Dès 8 heures ce dimanche 28 juin, ils ont convergé par centaines à la Place des Fêtes d’Akwa pour un défilé qui devait les conduire jusqu’à la Paroisse du Centenaire de l’EEC : hommes, femmes et enfants arborant pour les uns des tricots estampillés Ensemble pour humaniser les rites de veuvage, portant pour les autres des pancartes aux messages suivants :

- Non à la perversion des rites de veuvage,
- Stop aux violences faites aux femmes,
- Oui à la dignité de la femme,
- Face aux violences faites aux femmes, j’agis,
- Ensemble contre toutes les violences faites aux femmes,
- Violences faites aux femmes : une menace contre la sécurité et la paix dans nos sociétés,
- Retrouvons la signification symbolique de la dot et des rites de veuvage,
- Combattons toutes les violences faites aux femmes : c’est la condition d’un lendemain meilleur,
- Non à l’atteinte à la dignité et à l’intégrité de la femme par les rites de veuvage,
- Pour vivre en paix, combattons les violences faites aux femmes.

Sur plus d’un kilomètre et au rythme d’une musique jouée par une fanfare, toute cette foule a défilé, attirant ici et là les regards curieux des spectateurs massés tout au long de l’itinéraire. Lorsqu’elle arrive dans la grande cour du Temple du Centenaire autour de 9 h 30, de nombreux autres fidèles les y attendent. C’est autour de 10 h 15 que la Célébration Œcuménique et Interreligieuse proprement dite a commencé. Présidée par le Rév. Dr. Samuel Hendje Toya, Secrétaire Général de l’Eglise Evangélique du Cameroun, entouré du Pasteur Emmanuel Mbenda, Président Général de l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun, de Mgr Paul Nyaga, Vicaire Général de l’Archidiocèse de Douala et représentant son Eminence Christian Cardinal Tumi, du Pasteur Job Salomon Nsoga, Directeur du Département d’Evangélisation et d’Education Chrétienne de la Native Baptist Church et représentant le Président Général de la NBC/EBC, cette célébration a connu cinq temps forts : la liturgie d’entrée, l’homélie du Vicaire Général, la Déclaration des Chefs Traditionnels, les messages du Coordinateur de l’Union Islamique du Cameroun, Son Excellence Mbombouo Moubarack et du Secrétaire Général de l’EEC, Dr. Hendje Toya et le mot de remerciement du Directeur Général du CIPCRE, représentant des 8 organisateurs de la CSP.

Défilé dans les rues de Douala

C’est le Président Général de l’UEBC, le Pasteur Emmanuel Mbenda, qui a introduit la célébration par la liturgie d’entrée. De l’Accueil à la Loi, en passant par l’Adoration, la Confession des péchés et l’Annonce de la Parole de Grâce, il a invité l’assemblée à prendre conscience que, hommes et femmes, Dieu nous a créé à son image et sa ressemblance, et qu’Il nous engage aujourd’hui dans la lutte pour l’humanisation des rites de veuvage.

Centré sur Deutéronome 10 : 17 à 18, Jacques 1 : 27 et Mathieu 25 : 31 à 46, Mgr Nyaga a centré l’homélie sur la nécessité de prendre les droits des veuves et des orphelins comme partie intégrante de la foi chrétienne. Il convient de noter la force de communication et de conviction du prédicateur tout au long de cette prédication qui aura nourri les mille cinq cents de fidèles environ présents dans la chapelle. 

Pasteur Emmanuel Mbenda, Président Général de l'UEBC pendant la liturgie.

Mgr Paul Nyaga, Vicaire général de Douala pendant l'homélie.
A la suite de cette homélie, la parole a été donnée aux dix (11) Chefs Traditionnels présents à la célébration et qui, deux jours auparavant, s’étaient réunis au cours d’un atelier sur le thème Chefferies Traditionnelles et humanisation des rites de veuvage, pour présenter leur déclaration. L’honneur est revenu à Sa Majesté Maurice Njocke Essawe, Chef Supérieur du canton Bakoko de s’acquitter de ce devoir (voir Déclaration des Chefs Traditionnels).

Les chefs traditionnels lors de leur intervention pendant la célébration oecumenique

Dans son message, le Grand Imam Bombo Ibrahim Moubarak, Coordinateur de l’Union Islamique du Cameroun, a d’abord vivement salué les efforts du CIPCRE en matière de coopération interreligieuse. Il a ensuite remercié les organisateurs de la CSP pour l’initiative prise en faveur de la lutte pour l’humanisation des rites de veuvage. Il a également relevé pour s’en féliciter que la protection des veuves et des démunis est une préoccupation centrale dans le Coran. Nous devons, a-t-il poursuivi, non seulement nous aider les uns les autres comme Jésus l’a recommandé, mais aussi et surtout nous assister les uns les autres. Il a pour terminer exhorté les femmes à réclamer leurs droits et à les exercer en tant que créatures sacrées et égales de l’homme. Le Rév. Dr. Samuel Hendje Toya a, quant à lui, reconnu que nous sommes dans un projet commun dont les grands axes ont été développés par des prédécesseurs. Pour lui, il convient de saisir l’opportunité offerte par le CIPCRE pour s’engager dans la bataille pour plus de dignité pour les femmes. Pour ce faire, il a réitéré l’engagement de l’EEC en particulier et des Eglises Protestantes en général dans ce combat.


Le grand Imam Bombo Ibrahim Moubarak, Coordinateur national de l'Union Islamique du Cameroun pendant son intervention à la célébration oecumenique
Pasteur Jean Samuel Hendje Toya pendant son intervention à la célébration oecumenique

Au terme de la célébration, le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne, Directeur Général du CIPCRE et représentant des Organisateurs de la CSP, s’est dit comblé pour plusieurs raisons :

-  son Eglise mère l’EEC a accepté d’accueillir la célébration œcuménique, d’où ses sincères remerciements au Rév. Isaac Batomen, Président de l’EEC
   et Vice-Président du CEPCA ;
-  la présence d’une dizaine de Chefs Traditionnels et à travers eux de la bénédiction de Sa Majesté le Prince René Bell, Chef Supérieur du Canton Bell ;
-  la participation de l’Eglise Catholique, de l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun et de la Native Baptist Church, à toutes les activités organisées
   à Douala ;
-  l’implication active des groupes et mouvements religieux ;
-  les délégués de 9 COS (sur 11 au total) venus de toutes les Régions du pays pour prendre part à l’événement. 


Pour terminer, le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne est revenu sur le sens de la Campagne Semaines Pascale qui, bien que rappelant la victoire de Jésus-Christ sur les forces du mal et de la mort, se réfère à la libération des enfants d’Israël de l’esclavage d’Egypte. C’est en cela, a-t-il conclu, que la Campagne Semaines Pascales est un concept fédérateur pour les fils et les filles spirituel(le)s d’Abraham en général, et pour les chrétien(ne)s et les musulaman(e)s au Cameroun en particulier.

Il est 13 heures, ce dimanche 28 juin 2009, quand la célébration a pris fin. Les un(e)s et les autres étaient tous et toutes ému(e) par tout ce qu’ils/qu’elles viennent de vivre ensemble. Rendez-vous est pris, sur l’appel du Pasteur Jean-Blaise Kenmogne, dans les Paroisses, les Mosquées, les associations et mouvements des Communautés de Foi, pour partager et incarner les messages reçus.

Deux vues partielles de la célébration oecumenique

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