Campagne Semaines Pascales

Campagne Semaines Pascales 2005

CSP 2006 : L'opinion publique camerounaise mobilisée contre la prostitution infantile, la perversion de la dot et la déshumanisation des rites de veuvage

Depuis 1998, la  Campagne Semaines Pascales  mobilise au Cameroun les croyants catholiques, protestants et musulmans ainsi que toute personne de bonne volonté contre un fléau social, sous l'éclairage de la foi.

Après la Campagne Semaines Pascales à Yaoundé, où avec Amélie James Koh Bela, du 17 au 21 juillet 2006, nous avons mobilisé la capitale politique du pays contre le trafic des Africaines à des fins de prostitution, un véritable enthousiasme public s’est emparé des milieux intellectuels et socio-religieux, ainsi que des médias des autres villes du Cameroun. Le problème de la prostitution infantile et du trafic des filles africaines à des fins d'exploitations sexuelles en Occident s’est trouvé pratiquement à la une de tous les journaux. Les invitations pour recevoir Madame Koh Bela sur les plateaux des télévisions, sur les antennes des radios et pour des interviews dans la presse écrite se sont multipliées à une vitesse vertigineuse. Des appels nous sont parvenus de plusieurs autres villes pour que Madame Koh Bela vienne y donner des conférences et animer des causeries éducatives. Nous n’avons pu répondre à cette sollicitation que pour les villes d’Ebolowa, Bafoussam et Douala où nous y sommes rendus et où la conférencière-militante a rencontré des journalistes, animé des causeries éducatives et donné des conférences.
          

Ebolowa

Dans l’imagerie populaire camerounaise, Ebolowa est une ville ou règne le vagabondage sexuel. C'est pourquoi, bien que les activités de la CSP y ont déjà eu lieu du 20 au 26 février 2006, nous avons tenu y aller de nouveau avec Madame Koh Bela. C'est ainsi que le 22 juillet 2006, la conférence publique qu'elle a donné a réuni, de 16 heures à 22 heures, la crème médiatique, intellectuelle et religieuse dans la grande salle de délibération de la Commune Urbaine d'Ebolowa. Plus de 300 personnes ont écouté la conférencière rendre compte de ce qu’elle sait et de ce qu’elle a récolté comme témoignages sur les circuits de la prostitution africaine en Europe au cours de 15 années d'enquête. La projection de deux films documentaires, le premier sur la prostitution africaine en occident et le deuxième sur la pédophilie au Cameroun a largement illustré les propos de Madame Koh Bela. En effet, s’appesantissant sur le cas du Cameroun aujourd’hui premier pourvoyeur africain de prostitué(e)s dans le monde occidental, elle a interpellé les  camerounaises et camerounais sur la dérive qui mène le pays vers l’abîme d’une image internationale désastreuse. Les débats qui ont suivi son intervention ont montré que Madame Koh Bela a su poser les questions qu’il faut et qu’elle a suscité une forte conscience de lutte contre la prostitution dans son pays.

La conférence publique avait été précédée par une émission radiodiffusée en direct sur les antennes régionales de la radio nationale. Outre Madame Koh Bela, le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne, le Prof Kä Mana et Sa Majesté René Désié Effa étaient des invités de l'émission. Au cours de cette émission, Madame Koh Bela s’est adressé au grand public pour marteler le même message qu’elle ne cesse de diffuser depuis le début de ses interventions : "La prostitution des camerounaises et camerounais, sous toutes ses formes dans le pays comme en Occident, est un véritable désastre. Il est temps de se mobiliser et d’agir avant qu’il ne soit trop tard pour notre image dans le monde et pour notre dignité en tant que nation et peuple. Nous pouvons stopper l’avalanche et redonner une espérance à tous ceux et toutes celles qui croient qu’il n’y a pas d’autre solution que de nous prostituer en Occident en mangeant les excréments humains et en offrant nos filles et nos femmes aux chiens et aux chevaux". La question qu’Amely James Koh Béla pose aux hommes camerounais à chacune de ses interventions a retenti fortement sur les ondes de la radio à Ebolowa : "Où sont les hommes camerounais ? Qu’ont-ils fait et que sont-ils devenus pour que les femmes les fuient aujourd’hui pour aller se prostituer en Europe ?" La même question, elle l’a posée aux femmes camerounaises : "Que nous arrive-t-il pour que nous perdions à ce point le sens de notre honneur et de notre dignité ?".
assistance ebolowa
Une vue des participants
à la conférence publique à Ebolowa

C'est avec la pleine conviction qu'Ebolowa, malgré l'image qu'elle véhicule d'elle, est gagnée à la cause, que nous l'avons quittée le dimanche 23 juillet 2006. Destination : Bafoussam.

panel ebolowa
ebolowa
Panel des intervenants à la conférence à Ebolowa
Photo de famille avec le COS/CSP d'Ebolowa

Bafoussam

Quand nous avons réalisé l'étude, en 2004, sur l'exploitation des jeunes à des fins commerciales au Cameroun, nous avons découvert, avec horreur, que Bafoussam constitue un point de transit entre le Nord-Ouest du Cameroun, pourvoyeur de jeunes filles et les grandes villes du pays et même certains pays africains et occidentaux. Bien que la caravane de la Campagne Semaines Pascales ait déjà séjournée à Bafoussam du 15 au 20 mai 2006, il était important que Madame Amely James Koh Bela y fasse une escale. A près Ebolowa, nous nous sommes donc dirigés vers Bafoussam. Ici, Madame Koh Bela a animé une causerie éducative et donné une conférence publique.

Mardi, 24 juillet 2006 à 16 heures. La salle de réunion de la Chapelle Saint Patrick, la Paroisse Catholique anglophone de Bafoussam, contient une centaine de personnes, majoritairement des femmes et des jeunes. Médusées, elles écoutent Madame Koh Bela décrire la criminalisation de la prostitution camerounaise en Occident. Des questions-réponses et des témoignages survenus à l'ssue de la causerie, on retiendra d'une part la nausée provoquée par cette nouvelle forme traite de la traite négrière et, d'autre part, la détermination des un(e)s et des autres à nous accompagner dans le campagne contre ce fléau.

Plus de 1 200 personnes ont participé
à la conférence publique à Bafoussam
Amely James Koh Bela a aussi présenté une grande conférence au public de Bafoussam, le mercredi 25 juillet 2006, de 18 heures à 22 heures, à la salle des conférences de la CAPLAMI, sur le même sujet de la prostitution africaine en Europe et de la prostitution camerounaise dans le monde.  Avec la projection de deux documentaires qui ont servi de point d’ancrage de son discours : le documentaire sur la situation africaine en Europe et celui sur le Cameroun, nouvelle destination du tourisme pédophile. La salle fut trop petite pour plus de 1 200 personnes accourues pour écouter la conférencière. Beaucoup de personnes ont suivi la conférence dehors, malgré la pluie. L’attente était à son paroxysme et le discours de madame Koh Bela a largement comblé la soif d’information et le besoin de comprendre exprimé par le public. En même temps, les éclairages philosophiques et socio-anthropologiques donnés par le Prof. Kä Mana sur la situation actuelle de l’imaginaire camerounais et sur la déroute morale et la décomposition spirituelle de la société ont permis de mettre en perspective la lutte à engager en matière éducative et dans la transformation de la conscience publique.

Madame James Koh Koh Bela a été aussi accueilli avec enthousiasme par les médias de Bafoussam. Elle est intervenue sur les ondes de toutes les grandes radios locales (CRTV, radio Batcham, Poala FM) et a pu ainsi atteindre un public plus vaste dont la conscience est maintenant fécondée par une forte volonté d’engagement contre le fléau de la prostitution.

Pasteur Jean-Blaise Kenmogne introduisant la conférence
Amely James Koh Bela donnant sa conférence
Rév. Dr. Kä Mana introduisant les débats

Panel des intervenants à la conférence à Bafoussam
Bain de foule de Amely James Koh Bela aprés la conférence à Bafoussam

Douala

Deux raisons ont justifié l'escale de Douala avec Amely James Koh Bela. Premièrement, quand nous l'avons invitée, c'était pour animer la Campagne Semaines Pascales à Yaoundé et à Douala. Deuxièmement, Douala, en tant que capitale économique et porte d’entrée du Cameroun, est en passe de devenir le bassin par excellence de production de délinquants et de prostituées, ainsi qu’une nouvelle escale du tourisme pédophile. C'est pour ces deux raisons qu'après Bafoussam, nous y sommes rendus du 31 juillet au 4 août 2006.

Douala a été une splendide étape de la Campagne Semaines Pascales 2006. Une étape où les médias et le grand public ont pu découvrir d'abord la CSP comme une dynamique de transformation sociale et ensuite le sens du combat de Amely James Koh Bela, cette camerounaise dont le franc-parler et l’énergie ont séduit tout le monde.

Conférence de presse

A l’hôtel Lewat, la conférence de presse que Madame Koh Béla,  le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne et le Prof. Kä Mana ont offerte à 42 journalistes a été un véritable plaisir d’intelligence et de réflexion. Plus qu’un temps d’information, elle a été un moment où les interrogations de fond ont surgi pour comprendre le phénomène de la prostitution camerounaise dans le monde : ses causes, ses dimensions, sa signification. Les intervenants ont cherché à lier ce phénomène à l’état  global de l’imaginaire camerounais aujourd’hui, à la décomposition morale de la société et aux blocages socio-politiques qui se perçoivent partout. En même temps, ils ont ouvert l’horizon d’une recherche commune des stratégies d’information, de conscientisation et de mobilisation contre l’effondrement auquel la prostitution conduit la nation. Ces stratégies sont celles de l’éducation et des synergies de toutes les composantes intellectuelles, éthiques et spirituelles de la nation.
42 journalistes ont participé
à la conférence de presse à Douala

Causeries éducatives

Une vue des participants à la causerie éducatie
à la paroisse EEC de New-Bell 1
Madame Amély James Koh Bela a également animé une causerie éducative dans la Paroisse Catholique Saint Paul de la ville de Douala, auprès d’un public d’une centaine de jeunes venus l’écouter sur le problème de la prostitution camerounaise en Occident. A cette occasion, l’interpellation a été adressée particulièrement aux Eglises sur leur mission dans une société de la prostitution à vue d’œil.  On a noté de la part des jeunes une écoute très attentive et un intérêt profond pour les propos de Madame Koh Béla. La Paroisse Protestante de New Bell I (Eglise Evangélique du Cameroun) a aussi accueilli la conférencière pour une soirée de causerie-débat. Un moment d’une tension humaine et d’une ardeur réflexive extraordinaire, où le discours de Madame Koh Bela a suscité des interventions fortes et fécondes de la part des paroissiens dont les yeux et les oreilles  s’ouvraient sur le phénomène de la prostitution de leurs compatriotes. On signalera également ici la profondeur de l’attention des 250 paroissiens, hommes, femmes et jeunes, venus découvrir et écouter Madame Koh Bela, et la qualité de l’intérêt suscité.

Conférence publique

Le moment le plus fort de la campagne de Douala a été la conférence publique présentée par Madame Koh Bela devant plus de 600 personnes, dans la salle du Foyer des femmes de Njoh-Njo. A partir de deux documentaires sur la prostitution africaine en Europe et sur le Cameroun comme nouvelle destination du tourisme pédophile, la conférencière a donné moult détails sur les statistiques qui font du Cameroun le premier pays africain pourvoyeur de prostitué(es) dans le monde. Elle a décrit les circuits et les filières de la prostitution camerounaise face à un public médusé. Elle a présenté toutes les formes criminelles que cette prostitution prend dans la société occidentale, depuis les trafics des enfants jusqu’aux humiliations les plus abjectes subies par des femmes et des hommes prostitués dans des réseaux sans foi ni loi. Inutile de noter ici la vigueur de l’indignation du public et le souci de trouver  des solutions d’urgence auprès non seulement de la population, mais des pouvoirs publics plusieurs fois indexés par les intervenants au cours du débat pour leur complicité et leur laxisme face au fléau. Ce débat, introduit par le Prof. Kä Mana sur le sens du discours et du combat d’Amely James Koh Béla a fortement marqué les esprits.
Plus de 600 personnes ont participés
à la conférence publique à Douala

Débat télévisé

Deux (2) heures d’émission télévisée. C’est le temps qu’a duré l’émission-débat sur les filières africaines de la prostitution sur la chaîne privée STV de Douala. Quatre invités autour de Madame Amely James Koh Bela : le Député Owona Nkono, le Pasteur Jean Blaise Kenmogne, le Prof. Kä Mana et une chanteuse connue, Nounou. A cette occasion, la question de la prostitution africaine en Occident et de la place du Cameroun dans cette prostitution a été au cœur du débat non seulement entre les intervenants, mais aussi avec le public qui intervenait en direct par téléphone. Les échos suscités par cette émission télévisée ont montré toute l’ampleur des réactions positives suscitées par la tournée de conférences de Madame Koh Bela au Cameroun.
Pasteur Jean Blaise Kenmogne et Amely James Koh Bela (au centre) au studio de la ratio Veritas
Madame Koh Bela a été aussi reçu par deux autres chaînes de télévision privées à Douala : la chaîne Equinoxe TV et la chaîne Canal 2 International comme invités spéciale à leurs éditions d'information. A cette double occasion, Amely James Koh Bela a été à la hauteur des enjeux  et des attentes d’un public de plus en plus mobilisé autour de la question de la prostitution.
Par ailleurs, le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne et Madame Amely James Koh Bela ont été des invités de plusieurs émissions de Radio Veritas, la radio catholique de l'Archidiocèse de Douala. Au total, c'est près de 4 heures d'émission que cette radio a consacré au problème du trafic des filles africaines à des fins d'exploitation sexuelle (écouter audio1, audio2, audio3).

Ateliers de formation

En marge du séjour de Madame Koh Bela à Douala,  deux ateliers de travail dans le cadre de la Campagne Semaines Pascales ont été organisés donc un pour les responsables des associations de jeunes et un pour les responsables des mouvements de femmes. Ils portaient  sur la lutte contre la perversion de la dot et contre la déshumanisation des rites de veuvage dans la société camerounaise. Ces deux ateliers ont constitué les deux autres piliers de la campagne, à côté de la question de la prostitution. L’atelier pour les jeunes fut animé par Théophile Kana et Madame Aicha, de la communauté musulmane. Il a réuni 82 jeunes au foyer des femmes de Njo-Njo. L’atelier avec les femmes fut animé par le Prof. Kä Mana  et Madame Aïcha. Une soixantaine d’invitées s’y sont retrouvés. A ces deux occasions, le message fut de redécouvrir le sens authentique de la dot comme lieu d’union et de communion entre les familles dans la vision traditionnelle du monde. Il fut aussi de redécouvrir la signification profonde des rites de veuvage comme moment de triomphe de la vie sur la mort et dynamique de victoire de l’énergie familiale d’amour et de cohésion sur les forces de la douleur et du désespoir, sous l’œil attentif et la présence enveloppante des mânes ancêtres. Puisque ce sens profond de la dot et du veuvage sont pervertis, gauchi et complètement dénaturé, force est d’en enseigner la substance dans la société et de renouer avec l’énergie vitale des ancêtres, pour redonner aux symboles vitaux de nos traditions leur richesse et leur dynamisme.
Photo de famille des leaders
des associations de femmes

Christian Cardinal Tumi avec la CSP

Christian Cardinal Tumi reçoit l'équipe de la CSP

En juin 1996, il avait déjà participé au colloque Ethique écologique et reconstruction de l'Afrique, dont la Campagne Semaines Pascales est l'un des résultats. C'est d'ailleurs lui qui avait donné la leçon inaugurale de ce colloque. Il est resté l'un des conseillers spirituels du CIPCRE et l'un des Parrains de la Campagne Semaines Pascales. Il s'agit bien de son Eminence Christian Cardinal Tumi.
Lors du séjour de la caravane de la Campagne Semaines Pascales à Douala, le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne et Madame Amely James Koh Bela ont eu l'insigne honneur d'avoir une séance de travail avec lui. Le Prélat leur a renouvelé son engagement et son soutien pour la cause défendue par la CSP, notamment la lutte contre prostitution infantile, la perversion de la dot et la déshumanisation des pratiques du veuvage. Il s'est dit prêt à avoir une rencontre avec les responsables protestants et musulmans pour envisager avec eux les stratégies les meilleures pour soutenir activement la CSP dans le Plaidoyer pour la femme au Cameroun.

Africa Prostitution et CIPCRE désormais ensemble

Après Douala, Amély James Koh Bela s’est envolée vers Paris, le cœur plein de souvenirs de son passage dans son pays natal et l’âme chargée de tous les messages de soutien, de sympathie et d’amitiés qu’elle a reçus de tous les horizons de la société. A l'issue de la séance de travail qu'elle a eu avec le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne, la résolution a été prise, entre autre, que Africa Prostitution, Association que Amely James Koh Bela vient de créer à Paris, et le CIPCRE, travailleront désormais ensemble, au Cameroun et dans les autres pays africains touchés par le phénomène, dans le cadre d'une vaste campagne contre le trafic des filles africaines à des fins d'exploitation sexuelle.

Bertoua entre dans la danse

Après le départ de Madame Amely James Koh Bela, la caravane de la Campagne Semaines Pascales s’est dirigée vers Bertoua, dans l’Est du pays. Les activités s'y sont déroulées pour la première fois depuis le lancement de la CSP en 1998. L'équipe y a animé, du 7 au 12 août 2006, quatre ateliers de formation et une grande conférence publique. L'enthousiasme manifesté par les médias, les participants aux ateliers de formations, les ches traditionels, les autorités administratives et religieuses, les participants à la conférence publique à la Maison du Parti ne laissent aucun doute : Bertoua accueille favorablement la Campagne Semaines Pascales et s'engage dans la lutte avec nous.

Ateliers de formation

Photo de famille des leaders des jeunes

Premier atelier : la rencontre avec les responsables des associations de jeunes de Bertoua. L’iman Yaya et le Prof Kä Mana se sont chargés de la formation de plus d’une soixantaine de responsables de jeunes sur les trois piliers du plaidoyer pour la femme au Cameroun : la lutte contre la prostitution infantile, la lutte contre la perversion de la  dot et la lutte contre la déshumanisation des rites de veuvage. L’imam Yaya a parlé du point de vue de la foi islamique. Le Prof. Kä Mana s’est chargé de l’éclairage du problème du point de vue de la foi chrétienne et du point de vue de la sagesse ancestrale africaine. De leurs interventions, il est apparu des convergences éthiques et spirituelles extraordinaires, susceptibles de fonder aujourd’hui une stratégie commune de plaidoyer pour la femme au Cameroun.

Deuxième atelier : la rencontre avec les responsables des associations de femmes. Les mêmes intervenants ont animés cet atelier, avec un ancrage coranique et biblique plus profond, pour montrer comment l’image de la femme, dans le Coran comme dans la Bible, ne se prête à aucune manipulation herméneutique pour justifier la perversion actuelle de la dot, la déshumanisation des rites de veuvage et la prostitution infantile. Si on enracine le message biblique et le message du Coran dans les profondeurs de la tradition africaine, il devient encore plus clair que nous devons aujourd’hui rompre avec les pratiques actuelles de la trahison de l’authenticité humaine de la femme par notre société.
Photo de famille des leaders des femmes
Photo de famille des forces intéllectuel(e)s

Troisième atelier : la rencontre avec les forces intellectuelles islamo-chrétienne de Bertoua. L’iman Yaya et le Prof. Kä Mana ont consacré cet atelier à une discussion approfondie sur le sens spirituel à donner au plaidoyer pour la femme au Cameroun, à partir du Coran, de la Bible et de la sagesse ancestrale. Ce sens, c’est l’humanisation de la société et la fertilisation des relations entre les hommes et les femmes par l’énergie spirituelle de Dieu et de sa parole aujourd’hui.

Quatrième atelier : la rencontre avec les Chefs Traditionnels. Cet atelier fut animé par le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne et le Prof. Kä Mana, sous forme d’une concertation avec les autorités traditionnelles sur les questions de la prostitution, de la dot et du veuvage à la lumière de la sagesse ancestrale. Après un moment d’information sur le sens de la Campagne Semaines Pascales en cours et sur les attentes des organisateurs à l’égard des Chefs Traditionnels en tant que gardien de la sagesse ancestrale, la parole a été donnée à ceux-ci pour un échange de points de vue. Ces échanges ont abouti à la nécessité d’organiser un colloque à Bertoua avec les Chefs Traditionnels de l'Est dans les mois qui viennent, pour concevoir ensemble des stratégies adéquates sur le terrain, en milieu rural comme en milieu urbain.
Photo de famille des Chefs Traditionnels

 

Conférence publique

Une vue des participants à la conférence

Le séjour de l’équipe de la Campagne Semaines Pascales à Bertoua s’est achevé par une grande soirée publique à la Maison du Parti de Bertoua. Une soirée autour de trois grands axes : la présentation du problème de la prostitution infantile au Cameroun par le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne, la projection de deux documentaires sur la prostitution africaine en Europe et sur le tourisme pédophile au Cameroun, et le débat avec le public autour des questions posées par les documentaires, débat introduit et animé par le Prof. Kä Mana.

Lobbying

Il faut signaler que l'équipe de la CSP a rencontré le Gouverneur de la Province de l'Est, l'Archevêque de Bertoua et le Pasteur Président de la Région de Bertoua pour l'Eglise Evangélique du Cameroun. Il s'agissait d'informer es autorités de la présence de la caravane de la CSP à Bertoua et de solliciter leur concours dans la lutte contre la prostitution infantile, contre la perversion de la  dot et contre la déshumanisation des rites de veuvage. A l'issue de ces différentes séances de travail, nous savons que nous pouvons compter sur leur appui.
Une délégation envoyée par
le Gouverneur de la Province
visite un des ateliers de formation

Le chemin déjà parcouru montre que la CSP 2006 a touché un problème de société qui interpelle toutes les couches de notre peuple. Nous savons qu’une conscience de lutte est née et qu’il faudra désormais la fertiliser, l’organiser, la structurer et l’ancrer dans des stratégies concrètes de transformation sociale. C’est l’horizon qui s’ouvre maintenant !