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Campagne Semaines Pascales 2003 |
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Les
communautés
religieuses
face
à
la
montée
de
l'insécurité par l'Abbé Guy-Noël TCHAPDA, curé de la Paroisse Anglophone, Bafoussam le 24 avril 2003 Le
thème
qu'il
m'a
été
demandé
de
présenter
à
l'occasion,
et
dans
ce
grand
moment
de
réflexion
sur
l'engagement
concret
à
prendre
devant
la
montée
de
l'insécurité
est
:
«
les
communautés
religieuses
face
à
la
montée
de
l'insécurité
».
Je
voudrais
axer
mon
exposé
sur
deux
grands
chapitres.
Tout
d'abord,
je
voudrais
comprendre
le
sens
que
nous
donnons
à
la
communauté
religieuse
;
Je
vais
aussi
voir
si
je
peux
en
quelques
mots,
présenter
ces
communautés
religieuses
dans
ce
qui
fait
leur
spécificité
et
enfin
voir
les
moyens
que
celles-ci
peuvent
nous
offrir
ou
mieux
qu'elles
nous
donnent
pour
faire
face
à
l'insécurité.
LES
COMMUNAUTÉS
RELIGIEUSES Lorsque
nous
parlons
de
communautés
religieuses,
il
faudrait
les
prendre
dans
le
sens
général.
En
effet,
dans
l'Eglise
Catholique,
quand
on
parle
de
communauté
religieuse,
on
pense
aux
sœurs,
aux
frères
qui
font
partie
d'une
famille
religieuse.
Ces
familles
religieuses
sont
caractérisées
par
une
règle
de
vie
évangélique
dont
l'orientation
originelle
vient
d'un
fondateur
ou
d’une
fondatrice
qui
aurait
voulu
à
la
suite
du
Christ,
imiter
une
de
ses
vertus.
Ainsi,
les
communautés
religieuses
dans
ce
sens
sont
dans
le
monde
ces
personnes
consacrées
pour
le
Seigneur
dans
les
vœux
de
chasteté,
de
pauvreté
et
d'obéissance
pour
témoigner
d'un
charisme
que
le
fondateur
ou
la
fondatrice
aurait
reçu
de
manière
spéciale
du
Seigneur
pour
manifester
la
présence
de
son
Royaume
dans
le
monde.
Il
ne
s'agit
pas
de
ce
sens
que
nous
donnons
aux
communautés
religieuses.
Nous
pensons
bien
plus
à
ces
communautés
constituées
sur
la
base
de
ce
que
je
pourrais
appeler
une
expérience
religieuse
originelle,
laquelle
expérience
donne
une
orientation
à
leur
existence.
Celles-ci
veulent
donc
ainsi
orienter
la
vie
de
tous
ceux
et
celles
qui
s'engagent
à
suivre
le
même
chemin,
soit
d'après
un
choix
personnel
libre
ou
parental
dès
le
plus
bas
âge.
Ainsi
donc,
il
s'agit
pour
nous
de
parler
de
communautés
religieuses
dans
le
sens
des
institutions
telles
que
les
Catholiques,
les
protestants,
les
musulmans
et
pourquoi
pas,
les
communautés
religieuses
traditionnelles
qu'on
appelle
dans
certains
milieux
Religions
Traditionnelles
Africaines. Je
ne
voudrais
pas,
après
celte
précision
de
termes,
rentrer
dans
la
description
des
formes
d'insécurité,
car
il
me
semble
que
tous
nous
en
avons
soit
été
victimes
l'une
ou
l'autre
fois,
soit
encore
nous
avons
été
témoins
d'une
forme
d'insécurité,
ou
même
seulement
nous
l'avons
rencontrée
dans
les
journaux.
De
toutes
les
façons,
chacun
de
nous
en
sait
quelque
chose.
Je
vous
renvoie
simplement
à
la
description
de
quelques
cas
décrits
dans
le
cahier
d'animation
des
semaines
pascales.
Les
causes
de
cette
insécurité
sont
bien
analysées.
depuis
les
approches
à
ces
causes
jusqu'aux
conséquences
qui
en
découlent
dans
un
article
du
Pasteur
Reto
GMUNDER
en
pages
10.
11
et
12.
Mon
objectif
est
de
nous
aider
à
comprendre
le
rôle
que
joue.
ou
que
pourrait
jouer
la
communauté
religieuse
dans
ce
combat
contre
toutes
les
formes
d'insécurité,
à
partir
d'une
force
intérieure
que
je
trouve
présente
dans
la
structure
ou
l'institution
elle-même. Je
voudrais
donc
commencer
par
la
religion
traditionnelle
Africaine,
en
Abrégé
RTA.
On
dit
des
africains
qu'ils
ont
une
religiosité
naturelle
c'est-à-dire
que
le
sens
du
divin
traverse
l'africain
dans
tous
les
sens.
J'emprunte
les
mots
des
pères
du
synode
africain
pour
dire
avec
le
pape
Jean
Paul
II
ceci,
«
que
les
africains
ont
un
profond
sens
religieux,
le
sens
du
sacré,
le
sens
de
l'existence
de
Dieu
créateur
et
d'un
monde
spirituel.
La
réalité
du
péché,
sous
ses
tonnes
individuelles
et
sociales,
est
très
présente
dans
la
conscience
de
ces
peuples,
comme
le
sont
également
les
rites
de
purification
et
d'expiation
».
N°
42.
Il
faut
dire
que
la
société
traditionnelle
africaine
s'articule
sur
un
certain
nombre
de
croyances
dont
le
fondement
se
trouve
dans
le
culte
des
ancêtres,
rendu
de
père
en
fils
selon
une
succession
pour
la
plupart
patriarcale.
Ici.
la
personne
qui
incarne
le
symbole
de
la
société
aussi
bien
politique
que
religieuse,
c'est
le
chef
traditionnel
qui
est
en
même
temps
chef
politique
du
village
et
chef
religieux.
11
est
le
grand
sacrificateur
même
s'il
le
fait
par
des
personnes
interposées.
La
vie
de
l'homme
traditionnel
est
très
marquée
par
ce
culte
des
ancêtres
dont
on
pense
qu'ils
sont
dans
le
«
village
des
bienheureux
»
pour
employer
les
tenues
de
Dieudonné
Watio
dans
son
Etude
sur
le
culte
des
ancêtres
comme
Pierre
d'achoppement
de
l'évangélisation.
Ils
se
tiennent
entre
Dieu
et
le
inonde
comme
des
intermédiaires,
pour
lui
transmettre
les
doléances
des
créatures,
et
obtenir
de
Lui
des
faveurs.
Ainsi,
il
faut
tout
faire
pour
être
en
bons
termes
avec
les
ancêtres
afin
d'être
sûr
de
ne
pas
encourir
une
éventuelle
punition
ou
malédiction
qui
pourrait
s'abattre
sur
nous
pour
une
désobéissance.
Ceux
qui
sont
les
interprètes
de
la
volonté
de
ces
ancêtres
(notamment
les
prêtres
traditionnels,
Nkamsi,
Megnisi
et
les
autres
devins)
acquièrent
une
importance
capitale
et
sont
vénérés
avec
le
plus
grand
respect.
Ils
sont
les
prescripteurs
de
rites
et
rituels
que
les
gens
doivent
accomplir.
La
vie
s'articule
donc
autour
de
ces
rites
qu'on
retrouve
à
tous
les
instants
importants
de
la
vie. On
ne
peut
s'empêcher
de
remarquer
que
cette
religion
traditionnelle
qui
a
déterminé
la
vie
des
africains,
avec
son
système
moral
contenant
de
grandes
valeurs
et
richesses
spirituelles
propres
(citons
le
grand
respect
de
la
vie
à
toutes
ses
étapes,
et
même
jusqu'à
sa
vieillesse,
le
sens
de
la
famille,
le
respect
de
l'autre
et
de
ses
bien
etc.
même
parfois
contrôlés
par
des
techniques
de
répressions
bien
élaborés
pour
garder
l'homogénéité
de
la
communauté),
a
rencontré
avec
le
contact
de
la
nouvelle
société
occidentale
une
mutation
si
profonde
qu'on
ne
peut
plus
la
retrouver
dans
sa
pureté
originelle. La
colonisation
et
la
poussée
de
l'Islam
nous
ont
fait
entrer
en
contact
avec
d'autres
institutions
religieuses
qui
ont
aussi
leurs
manières
de
faire
et
de
concevoir
le
monde,
sur
des
bases
parfois
différentes
de
nos
sociétés
traditionnelles
originelles. Considérons
d'abord
l'Islam.
Dans
une
analyse
que
fait
Michel
Malherbe
dans
le
document
Les
religions
de
l'humanité,
il
affirme
que
«
rare
sont
les
religions
qui
modèlent
autant
l'homme
que
l'Islam.
»
En
effet,
la
religion
islamique
touche
à
l'homme
dans
tous
les
aspects
de
sa
vie
aussi
bien
sociale
que
personnelle.
La
société
musulmane
et
tous
les
pays
musulmans
se
réfèrent
à
l'Islam,
même
s'il
existe
des
différences
dans
l'interprétation
du
coran.
Ceci
est
très
différent
des
sociétés
de
culture
chrétiennes
qui
ont
renoncé
à
une
référence
à
l'Eglise
catholique
ou
protestante,
même
si
leurs
cultures
en
sont
profondément
marquées.
La
religion
islamique
donne
à
ses
adeptes
le
sentiment
d'appartenir
à
une
communauté,
qu'on
appelle
Wmma,
qui
unit
les
croyants
au
delà
des
évidentes
différences
culturelles.
Wmma,
c'est
un
mot
abstrait,
dérivé
de
Umm,
«
mère
»
de
la
façon
que
le
mot
patrie
vient
de
Père.
Pour
être
membre
de
cette
société,
les
formalité
sont
simples
:
le
nouveau
converti
se
purifie
par
des
ablutions,
une
douche
par
exemple,
et
il
prononce
en
toute
sincérité
la
formule
de
la
profession
de
foi,
la
Shahada
:
je
voudrais
citer
si
je
le
peux,
cette
profession
sans
pour
autant
devenir
musulman
:
«
La
ilah
ila'ilah
wa
Muhammed
rasu
Allah
»,
ce
qui
signifie
littéralement
«
Pas
de
divinité
sauf
Dieu
et
Mohamed
est
le
prophète
de
Dieu
».
Shahada
signifie
«
témoignage
»
et
le
shahid
est
celui
qui
témoigne,
souvent
un
martyr.
Mais
il
est
plus
difficile
de
sortir
de
l'Islam,
car
celui
qui
l'abjure
mérite
la
mort.
Le
célèbre
verset
257de
la
sourate
2
du
coran,
intitulé
«
la
vache
»,
«
la
ikrah
fid-din
»
qui
signifie
«
pas
de
contrainte
en
matière
de
religion
»
voudrait
tout
simplement
dire
qu'il
ne
faudrait
pas
convertir
de
force
les
infidèles. L'islam
a
des
principes
très
simples.
Dieu,
unique
et
Tout
Puissant,
a
révélé
aux
hommes
un
texte,
le
Coran,
qu'il
a
transmis
par
l'intermédiaire
d'un
homme,
Mahomet.
Le
coran
est
la
parole
de
Dieu,
Mahomet
n'en
n'est
pas
l'auteur,
il
en
a
reçu
le
texte
d'un
ange
de
Dieu,
Gabriel
qu'on
appelle
Djibril.
Ce
texte,
parfait
et
complet
suffit
à
tous
les
besoins
de
l'homme
et
de
la
société.
Le
coran
est
la
référence
suprême
en
toute
matière
:
spiritualité,
droit,
politique,
économie,
sciences,
morale
individuelle
ou
collective.
Reconnaître
la
toute
puissance
de
Dieu,
c'est
se
soumettre
à
sa
volonté.
Le
sens
du
mot
Islam
est
précisément
« soumission
»
;
la
soumission
à
Dieu
consiste
à
obéir
à
sa
parole,
c'est-à-dire,
observer
scrupuleusement
les
prescriptions
du
Coran.
Les
plus
fondamentales
de
ces
prescriptions
sont
les
cinq
piliers
de
l'Islam
:
la
profession
de
foi,
(Shahada),
la
prière
cinq
fois
par
jour,
le
jeûne,
l'aumône
(Zakkat)
et
le
pèlerinage
(Hadj).
Nous
aurions
bien
voulu
entrer
plus
en
détails
dans
les
moments
de
prière
de
l'islam
pour
montrer
combien
leur
foi
influence
leur
vie,
mais
le
temps
nous
fait
défaut,
et
les
musulmans
qui
sont
avec
nous
dans
l'initiative
auront
une
autre
occasion
pour
nous
en
parler
plus
longtemps. Avant
de
passer
à
la
communauté
religieuse
chrétienne,
je
voudrais
faire
quelques
remarques
liées
au
rapport
entre
l'Islam
et
les
autres
religions
du
livre.
En
effet,
la
croyance
en
un
seul
Dieu
pour
le
musulman
est
si
rigoureusement
affirmée
qu'elle
conduit
beaucoup
d'entre
eux
à
reprocher
aux
chrétiens
d'adorer
un
Dieu
en
trois
personnes. Les
anges
sont
très
présents
dans
le
Coran
qui
a
été
transmis
par
Gabriel
au
prophète
Mahomet.
D'autres
anges
sont
aussi
mentionnés,
même
si
on
ne
mentionne
pas
leurs
noms
et
leurs
attributs.
Malik,
gardien
de
l'enfer
serait
l'archange
Michel.
Ils
ont
des
différentes
fonctions,
notamment,
soutenir
le
trône
de
Dieu,
glorifier
Dieu,
Lui
servir
de
Messagers. La
révélation
de
Dieu
ne
se
limite
pas
seulement
au
Coran
qui
est
la
parole
de
Dieu
à
l'état
pur.
Elle
s'étend
aussi
au
message
d'autres
livres
;
le
Coran
mentionne
aussi
«
les
feuilles
d'Abraham
»
dont
il
ne
reste
pas
trace,
c'est-à-dire
les
cinq
premiers
livres
de
la
Bible,
la
Torah,
dite
«
feuilles
de
Moïse
»,
les
Psaumes
de
David
qui
font
partie
de
la
Bible,
et
l'évangile.
L'islam
fait
une
place
à
part,
à
ceux
qui
se
réfèrent
à
l'un
ou
l'autre
de
ces
livres
;
ils
sont
considérés
comme
«
les
peuples
du
livre
»
en
arabe
«
Ahl
el
kitab
».
L'une
des
conséquences
est
qu'il
est
permis
à
un
musulman
de
se
marier
à
une
juive
ou
à
une
chrétienne
en
la
laissant
pratiquer
sa
religion. Dieu
seul
connaît
le
bien
et
le
mal.
La
morale
à
respecter
pour
être
sauvé
est
contenue
dans
le
coran,
ou
tout
au
moins
dans
les
principes.
Cette
morale
est
codifiée
par
la
loi
musulmane,
la
Chari'a
qui
comprend
aussi
des
éléments
purement
législatifs. Pour
un
musulman,
l'islam
est
la
religion
parfaite
:
il
est
le
couronnement
et
l'accomplissement
de
la
révélation
divine.
La
Torah
et
l'Evangile
sont
les
livres
sacrés
révélés
par
Dieu,
comme
le
Coran.
On
peut
donc
y
retrouver
des
références
communes
à
la
Bible.
L'islam
reconnaît
la
naissance
miraculeuse
de
Jésus,
de
la
Vierge
Marie
;
II
est
le
plus
grand
prophète
ayant
vécu
avant
Mahomet
;
il
sera
appelé
à
présider
le
jugement
dernier.
Ce
rôle
exceptionnel
de
Jésus
rend
inadmissible
pour
un
musulman
qu'il
soit
mort
sur
une
croix.
Il
y
aurait
donc
eu
une
substitution
et
c'est
un
inconnu
qui
serait
mort
sur
la
croix.
Mais
si
les
musulmans
reprochent
aux
juifs
de
ne
pas
reconnaître
Jésus
comme
prophète,
les
chrétiens
divaguent
en
qualifiant
Jésus
de
Fils
de
Dieu.
C'est
faire
injure
à
la
grandeur
de
Dieu
d'imaginer
qu'il
puisse
avoir
pris
la
condition
humaine,
et
il
est
contraire
à
son Nous
avons
parlé
longuement
de
l'Islam,
comme
religion
qui
est
incarnée
dans
une
communauté
de
personne
que
nous
voulons
appeler
religieuse.
Pour
dire
clairement,
la
communauté
religieuse
musulmane
est
profondément
marquée
par
ces
convictions
que
j'ai
succinctement,
mais
aussi
très
brièvement
décrites,
car
ce
contexte
ne
permet
pas
plus
de
détails.
J'ai
terminé
en
parlant
de
la
religion
islamique
en
rapport
avec
certaines
convictions
religieuses
des
autres
religions
du
livre
telles
que
les
juifs
et
les
chrétiens.
Maintenant,
j'aimerai
parler
plus
en
longueur
des
chrétien. Parler
du
Christianisme
est
très
compliqué,
car
il
faut
partir
d'un
point,
et
il
y
a
beaucoup
de
points
de
départ.
On
peut
commencer
par
l'histoire
du
salut
qui
commence
avec
la
création,
jusqu'à
l'accomplissement
des
promesses
faites
par
Dieu
dans
l'Ancien
Testament
qui
se
réalisent
dans
le
Nouveau
Testament,
ou
encore
commencer
par
l'événement
de
la
fin
qui
donne
un
sens
à
toute
l'histoire.
Je
dois
dire
que
le
Christianisme
est
une
religion
qui
prend
en
compte
l'aspect
humain
et
l'aspect
divin.
Au
centre
de
cette
religion,
se
trouve
un
Homme,
Jésus
qui
est
la
source
de
beaucoup
de
controverses,
tant
les
interprétations
sont
divergentes
par
rapport
aux
événements
qui
ont
marqué
sa
vie,
sa
mort
et
l'événement
qui
a
suivi
sa
mort.
Jésus
est
aussi
compris
et
cela
par
beaucoup,
comme
une
star,
une
vedette
dont
les
actes
et
les
paroles
étaient
extraordinaires.
Mais
qui
est-il
en
fait. Jésus
est
un
juif;
II
est
né
à
Bethlehem
il
y
a
un
peu
plus
de
deux
mille
ans,
d'une
famille
juive.
Sa
«
biographie
»
se
trouve
dans
les
Saintes
Ecritures,
qui
le
décrivent
avec
une
vision
particulière.
Il
est
né
dans
des
conditions
de
grande
pauvreté,
au
cours
d'un
voyage
imposé
par
le
recensement
de
la
population
qui
avait
été
décrété
par
l'occupant
Romain.
Sa
mère.
Marie,
était
toute
jeune
fille
de
réputation
irréprochable,
trouvée
enceinte
sans
avoir
connu
l'homme
que
sa
famille
lui
destinait
comme
époux.
Mais
celui-ci
accepta
l'explication
d'une
naissance
surnaturelle. Le
peuple
dans
lequel
Jésus
naît
est
dans
l'attente
d'un
sauveur,
un
libérateur
dont
certains
espéraient
un
rétablissement
de
l'indépendance
politique
d'Israël.
Ce
personnage
tant
attendu
devait
porter
le
titre
de
Messie,
c'est
à
dire
celui
que
Dieu
a
choisi,
'l'oint
du
Seigneur.
Les
Ecritures
promettent
cette
naissance
miraculeuse
d'une
Vierge.
Tout
le
monde
admet
cette
naissance
particulière
de
L'homme
Jésus.
Pour
les
chrétiens,
Jésus
n'est
pas
seulement
un
homme
extraordinaire,
mais
il
est
Dieu
qui
est
devenu
homme,
Dieu
qui
s'est
incarné
; C'est
en
effet,
le
seul
être
à
la
fois
homme
et
Dieu
que
l'histoire
ait
connu
sur
cette
terre.
Pour
les
chrétiens,
le
fait
que
Dieu
ait
voulu
devenir
un
homme
pour
vivre
au
milieu
des
hommes
en
toutes
choses,
a
apporté
une
révolution
profonde
au
tissu
social.
Il
voulait
transmettre
aux
hommes
un
message,
que
Dieu
est
Amour.
Il
a
voulu
dire
que
Dieu
n'a
pas
jeté
ses
créatures
dans
le
monde
pour
voir
ce
que
pourrait
en
faire
l'évolution,
mais FACE
A
L'INSÉCURITÉ.
LES
COMMUNAUTÉS
RELIGIEUSES
NOUS
INTERROGENT Les
religions
telles
que
nous
avons
essayé
de
les
présenter
sont
des
facteurs
déterminants
dans
la
formation
de
nos
communautés
humaines.
Les
hommes
se
réclament
toujours
partie
prenante
de
l'une
ou
de
l'autre.
Ce
qui
signifie
qu'on
s'attendrait
à
ce
que
la
vie
de
l'homme
qui
se
réclame
de
l'une
ou
de
l'autre
de
ces
religions
ou
communautés
religieuse
fasse
correspondre
ses
actes
à
ses
convictions
religieuses.
Mais
le
constat D'abord,
pour
être
direct,
la
distance
qu'on
remarque
entre
la
vie
de
Foi
et
la
vie
morale
vient
de
deux
raisons
à
notre
avis.
D'abord,
on
ne
sait
pas
exactement
quelle
est
l'identité
de
notre
conviction
religieuse,
et
du
coup
on
est
emballé
dans
les
apparences
extérieures
de
notre
communauté,
sans
jamais
chercher
à
savoir
réellement
ce
qui
fait
de
moi
un
chrétien
catholique
ou
un
chrétien
protestant,
ou
encore
un
musulman
ou
aussi
un
adepte
de
la
religion
traditionnelle.
Ainsi,
le
manque
d'identité
de
notre
être
implique
aussi
un
manque
d'identité
de
notre
action.
C'est
ici
que
je
retrouve
la
deuxième
raison
de
ce
grand
fossé,
notamment,
la
honte
de
se
déclarer
fidèle
de
telle
ou
telle
autre
communauté
religieuse
en
société.
Ici.
les
musulmans
ont
beaucoup
à
nous
enseigner,
car
dès
qu'on
les
voit,
on
sait
qu'on
a
affaire
à
un
fidèle
de
l'Islam.
Et
lui
aussi,
se
sent
obligé
d'agir
selon
la
conviction
religieuse
qui
le
porte.
Car
en
effet,
dès
que
nous
aurons
fait
connaître
quelle
est
notre
communauté
religieuse,
ou
quelles
sont
les
convictions
religieuses
de
ma
religion,
tout
le
monde
s'attendra
à
ce J'aimerai
ajouter
une
autre
raison
à
ce
fossé
entre
la
vie
de
Foi
et
la
vie
morale.
C'est
la
conception
que
nous
avons
de
la
prière.
Prier,
disons-nous,
c’est
tourner
son
cœur
vers
Dieu
pour
l'écouter
et
lui
parler.
Il
y
a
une
composante
de
la
prière
qui
est
essentielle.
C'est
le
silence.
Mais
dans
le
silence,
il
y
a
deux
dimensions.
Le
silence
peut
être
le
contexte
favorable
à
la
rencontre
avec
Dieu,
mais
aussi
le
silence
est
le
lieu
de
ma
rencontre
avec
moi-même.
C'est
ici
que
se
trouve
le
problème.
Le
silence
qui
nous
tourne
vers
nous-même
est
celui
de
la
conscience
qui
nous
interroge
en
toute
honnêteté
devant
les
actes
que
nous
avons
posés.
Un
bon
examen
de
conscience
de
cette
nature
doit
nécessairement
nous
porter
à
prendre
des
résolutions
pour
agir
mieux.
Et
lorsque
nous
ne
pouvons
pas
nous
soumettre
à
cet
examen,
lorsque
nous
préférons
aller
boire
pour
noyer
nos
soucis,
aller
dans
les
boîtes
de
nuit
pour
nous
amuser
et
rentrer
fatigué
pour
tomber
dans
le
lit
comme
un
sac
de
macabo,
ou
encore
nous
lancer
dans
un
activisme
pour
éviter
de
rencontrer
notre
conscience
dans
le
silence
de
nos
cœurs,
on
ne
peut
éviter
d'entretenir
l'insécurité
dans
notre
manière
de
faire. La
rencontre
vraie
avec
le
Christ
nous
donne
de
retrouver
le
courage
de
l'imiter
devant
les
situations
difficiles.
Dans
sa
première
lettre.
Saint
Pierre
écrit
ceci
:
«
soyez
soumis
à
toute
institution
humaine,
à
cause
du
seigneur
:
soit
au
roi
en
sa
qualité
de
souverain,
soit
aux
gouverneurs,
délégués
par
lui
pour
punir
les
malfaiteurs
et
louer
les
gens
de
bien.
Car,
c’est
la
volonté
de
Dieu
qu’en
faisant
le
bien,
vous
réduisiez
au
silence
l'ignorance
des
insensés.
Comportez-vous
en
hommes
libres,
sans
utiliser
la
liberté
comme
un
voile
pour
voire
méchanceté,
mais
agissez
en
serviteurs
de
Dieu.
Honorez
tous
les
hommes,
aimez
vos
frères,
craignez
Dieu,
honorez
le
roi.
Soyez
soumis
avec
une
profonde
crainte
à
vos
maîtres.
Car
c’est
une
grâce
de
supporter,
par
respect
pour
Dieu
des
peines
que
l'on
souffre
injustement.
Quelle
gloire
v
a-t-il
en
effet,
à
supporter
les
coups
si
vous
avez
commis
une
faute
?
Mais
si,
après
avoir
fait
le
bien,
vous
souffrez
avec
patience,
c’est
là
une
grâce
aux
yeux
de
Dieu.
Or,
c’est
à
cela
que
vous
avez
été
appelés
par
Dieu,
car
le
Christ
aussi
a
souffert
pour Ce
texte
a
été
cité
longuement
pour
nous
permettre
de
voir
comment
concrètement
le
chrétien,
depuis
les
origines,
est
appelé
à
se
comporter. Finalement,
je
voudrais
dire
et
cela
avec
grande
force,
que
devant
la
montée
de
l'insécurité,
les
communautés
religieuses
ont
deux
choses
à
faire
concrètement.
D'abord
elles
doivent
être
courageuses
pour
s
identifier
comme
telles,
ainsi
la
société
saura
quelles
sont
les
convictions
de
chacun
au
moment
où
il
agit.
Ceci
obligerait
le
sujet
à
rester
consonant
avec
sa
conviction
religieuse.
L'autre
chose
que
je
trouve
extrêmement
importante
est
que
nous
ne
devons
pas
agir
seul.
Il
s'agit
de
nous
organiser
en
groupes
de
fidèles
chrétiens
catholiques,
protestants,
musulmans
qui
sommes
dans
les
professions
diverses
:
les
policiers
entre
eux,
les
journalistes
entre
eux,
les
vendeurs
à
la
sauvette
entre
eux,
les
taximen
entre
eux,
etc.
pour
réfléchir
non
pas
à
ce
que
nous
pourrions
faire
pour
tromper
mieux
ou
aller
sans
nos
papiers
donner
de
l'argent
aux
policiers,
ou
encore
comment
trouver
les
infractions
les
plus
saugrenus
pour
obliger
les
taximen
à
payer
500
francs
quand
ils
sont
corrects,
mais
pour
voir
comment
concrètement
le
message
de
notre
communauté
religieuse
nous
interpelle
dans
notre
vie
sociale.
Je
suis
sûr
que
nous
pourrons
arriver
à
diminuer
au
mois
d'un
petit
pourcentage.
L’insécurité
dans
nos
milieux.
Autrement
dit,
je
ne
vois
pas
quelle
approche
on
pourrait
adopter,
étant
donné
notre
contexte
social.
Je
vous
remercie. |
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