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Campagne Semaines Pascales 2003

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Quelles actions face à l'insécurité ?

par Maître Bernard MUNA , Avocat, Ancien Procureur Adjoint du Tribunal Pénal International pour le RWANDA, Ancien Bâtonnier de l'Ordre des Avocats du Cameroun

 

Mesdames, Messieurs, Chers concitoyens du Royaume de Dieu, permettez moi tout d'abord de saisir cette occasion pour vous saluer tous au nom de Dieu et remercier les organisateurs de cette conférence pour l'honneur qu'ils m'ont fait à travers cette invitation qui me permet de m'adresser à titre inaugurale à cette auguste assemblée.

Nous vivons actuellement au Cameroun, en Afrique et dans le monde entier une période trouble.

Quel que soit le lieu que nous regardons, nous observons qu'il y règne toute sorte d'insécurité.

Au regard de la période que nous traversons ,1e thème de cette conférence est d'une grande pertinence.

En effet, le thème « Ensemble pour la sécurité dans la justice et la paix » saisit parfaitement l'ensemble des besoins humains de ce monde. Tout être humain quelle que soit la partie du monde où il se trouve a besoin de la justice. On ne peut jouir de la sécurité que s'il y a la justice et la paix.

Quand je dis justice, je la saisi dans son sens globale et dans toutes ses formes. La justice sociale qui demande le traitement juste et équitable de tout être humain que ce soit dans le foyer, la communauté, l'Etat ou même dans le monde en général. Je parle également de la justice des tribunaux qui demande que tous les litiges entre parties trouvent leurs solutions dans des décisions justes et équitables.

La paix est ainsi le produit de la justice dans les communautés, dans les nations et entre les peuples.

La justice dans toutes ses formes, c'est-à-dire la justice sociale, la justice des tribunaux doit promouvoir la paix.

La justice est donc un instrument de la paix. Puisque la justice et la paix dépendent de la manière avec laquelle la société est gérée. Il est donc important d'examiner comment nous pouvons promouvoir les valeurs et les mécanismes pouvant instituer la justice et la paix dans la société et par conséquent éliminer l'insécurité.

C'est pour cela que je salue une fois de plus le choix du thème « ensemble pour la sécurité dans la justice et la paix ».

Ceci dit, permettez moi donc de revenir sur le sous-thème qui m’a été soumis « Quelles actions face à l'insécurité ».

A mon avis, l'élimination de l'insécurité dépend de nous. C'est à nous d'ajuster nos comportements individuels pour qu'ils correspondent aux actions qui, au lieu de diviser la société, aident à promouvoir l'harmonie dans la société.

Nous devons commencer par nous même.

Si nous voulons éliminer l'insécurité, II nous est tout d'abord nécessaire de définir clairement cette notion.

Le dictionnaire Robert définit l'insécurité dans ces termes : « manque de sécurité », «la crainte du lendemain » tout en ajoutant les expressions « l'insécurité d'une situation », « insécurité d'une région», « insécurité d'une route ou d'une zone d'insécurité en temps de guerre ».

Plus simplement, on est en insécurité quand on n'est pas sauf. Il existe plusieurs situations dans lesquelles on peut ne pas se sentir sauf. Il y a donc différentes formes d'insécurité. Prenons d'abord l'insécurité physique.

Normalement, l'insécurité physique vient d'une menace à notre intégrité physique ; cette menace vient de l'extérieur de nous même. Elle vient généralement de l'environnement dans lequel nous vivons et peut être caractérisé par un environnement hostile et menaçant vis à vis de notre intégrité physique ou à nos biens matériels. La violence, le vol, l'oppression sont des situations qui peuvent
nous mettre dans l'insécurité. Celle-ci peut être à long terme, lorsque nous vivons dans une société dans laquelle règne l'oppression ou lorsque nous vivons dans un quartier réputé pour la violence.

Elle peut être par contre à court terme lorsque nous nous retrouvons par exemple sur une autoroute réputée pour les accidents ou lorsque nous traversons un quartier réputé par sa violence.

Voilà donc quelques exemples de situations d'insécurité physique. Ensuite, il y a l'insécurité sociale.

Ce type d'insécurité peut être décrit comme celle qui émane de nous c'est à dire de notre intérieur.

Elle peut survenir parce que les conditions de vie sont difficiles et nous craignons de ne pas  pouvoir y faire face. Nous nous sentons par exemple incapables d'affronter les problèmes auxquels nous sommes confrontés dans la société. Nous sentons, par exemple, que les gens nous haïssent ; Nous faisons, par exemple, face aux besoins du minimum nécessaire pour la survie tels que la nourriture,
l'habillement, un loyer, la bonne santé et le travail.

Quand nous vivons dans une société qui n'assure pas tous ces besoins, nous
pouvons nous sentir dans l'insécurité.

Bien souvent, ce type d'insécurité nous rend dépressif.

En dernier lieu, il y a l'insécurité spirituelle.

Tout être humain, plus particulièrement ceux qui croient en Dieu peuvent de temps à autre faire face à une insécurité spirituelle. Combien parmi nous ne cessent de se demander ce qui va se passer après la
mort?

Combien d'entre craignent que Dieu ne les punissent sévèrement pour leurs petits péchés ?

Combien d'entre nous se demandent si Dieu existe en réalité ?

Combien d'entre nous se demandent si Dieu entend nos prières ?

Et enfin combien d'entre nous se demandent pourquoi, Dieu a permis à tel ou tel événement malheureux de survenir ?

Oui dans notre foi, nous aussi nous souffrons de l'insécurité spirituelle.

Nous pouvons comparer la société au corps humain. Les maladies attaquent le corps humain quand nous négligeons de I' entretenir et créons ainsi des conditions favorables l'installation, à la multiplication des germes et enfin à la survenance de la maladie.

Quand le corps humain est maintenu dans les conditions saines, les germes ne peuvent pas l'attaquer, même si quelques germes trouvent leur refuge dans le corps, les anticorps viendront les détruire.

Dans tous les cas, lorsque le corps tombe malade, il faut le traiter immédiatement. Si cela n'est pas fait, les germes vont se multiplier, la maladie va s'aggraver et peut atteindre son stade terminal qui est la mort.

La société est donc comme le corps humain avec plusieurs membres et parties qui ont des fonctions différentes.

Dans son ensemble, tous ces membres et parties doivent travailler en harmonie.

Nous avons besoin d'entretenir ce corps qui est notre société pour qu'il soit propre et en bonne santé.

Pour que les germes de l'insécurité physique, sociale et spirituelle que nous avons énumérés plus haut ne soient pas en mesure d'attaquer notre corps, nous sommes obligés de prendre des mesures préventives.

Cependant, lorsque ces germes existent déjà dans le corps de la société, nous sommes obligés de prendre les mesures les plus drastiques pour guérir le mal.

Comment pouvons nous bâtir une société propre et en bonne santé ?

Je crois fermement qu'il faut commencer avec les individus c'est-à-dire chaque citoyen dans sa capacité individuelle et collective en tant que membre du même corps c'est-à-dire la société.

Nous avons des obligations en tant que individu d'œuvrer pour une société saine et sauve. Je veux dire une société en bonne santé.

Nous pouvons bâtir une telle société en promouvant les valeurs morales et spirituelles qui nous conduisent vers l'harmonie, la paix et la justice dans la société.

Ces valeurs morales, sociales et spirituelles trouvent leurs racines dans les traditions et coutumes que nous avons héritées de nos ancêtres.

En effet, la société africaine pré-coloniale avait un caractère communautaire.

C'était une société dans laquelle l'intérêt commun de la communauté primait sur les intérêts individuels parce que le bonheur de chaque individu était lié à celui de tous les membres de la communauté c'est-à-dire le bonheur de la société.

Une telle société par sa nature, veillait à ce qu'aucun de ses membres ne vive dans une insécurité quelconque puisque la communauté avait l'obligation de protéger ses membres.

Tout être humain partage un agrégat de valeurs morale, sociale et spirituelle. Même au Cameroun où on compte une multitude de tribus, d'ethnies et même de religions, l'ensemble du peuple camerounais a des valeurs morales, sociales, et spirituelles communes qu'il partage.

Tous les camerounais reconnaissent l'hospitalité, la charité, la vérité, l'honnêteté, la gentillesse, la solidarité et l'existence de Dieu parmi plusieurs autres valeurs comme des valeurs qu'un véritable être humain doit avoir.

Au contraire, les camerounais reconnaissent aussi que la haine, la malhonnêteté, le mensonge, le meurtre, le vol, égoïsme, comme des maux qui doivent être éliminés dans la société.

Cependant, si nous voulons bâtir une société propre et en bonne santé, nous devons nous même en tant qu'individu promouvoir la construction d'une société qui a ces valeurs morale, sociale et spirituelle comme fondation.

Dans le contexte de notre conférence, je suis obligé d'aller plus loin que cela puisque, à part nos traditions et coutumes héritées de nos ancêtres, nous sommes des croyants, nous croyons en l'existence d'un Dieu divin et éternel, nous avons par conséquent, des valeurs émanant de Dieu lui-même .

Si nous sommes véritablement des croyants, nos valeurs morales et sociales auront aussi comme source d'inspiration notre foi en Dieu.

La Bible et le Coran énoncent clairement et sans ambiguïté des valeurs morales et sociales qui se doivent d'être respectées dans la société.

Nanti individuellement de ces valeurs puisées dans nos traditions et dans notre foi en Dieu, nous pouvons commencer à bâtir des structures et institutions dans notre nation qui répondent à nos besoins.

Dans le contexte de notre discussion, notre besoin se traduit en sécurité physique et sociale.

Lorsque nous parlons de la construction des structures institutionnelles dans la nation, qu'on le veuille ou pas nous entrons dans le domaine politique. Cependant en tant que croyant, sommes nous concernés par la chose politique?

Devons nous suivre ceux parmi nous qui nous demande de ne pas mélanger la religion avec la politique ?

Encore mieux, devons nous garder Dieu loin de la politique ?

En bref, est-ce que Dieu s'occupe de la politique ?

Si Dieu s'occupe de la politique comment aimerait-il que nous la fassions ?

Je crois que nous devons trouver des réponses honnêtes à ces interrogations.

Si nous sommes des véritables croyants, nous devons accepter les enseignements de nos religions sur la manière selon laquelle Dieu aimerait nous voir mener nos vies. Non
seulement notre vie religieuse mais aussi notre vie en société.

Je viens de terminer le manuscrit d'un opuscule qui s'intitule : « Dieu le politicien ».

Dans cet opuscule, j'ai essayé de répondre à la question : Est-ce que Dieu est un politicien et si oui comment souhaiterait-il nous voir faire la politique ?

Je crois fermement que Dieu est un politicien. En effet, une personne qui entreprend de construire une nation est un politicien.

Dieu a déclaré à ABRAM dans Genèse 12 verset 2 «je ferai de toi l'ancêtre d'une grande nation, je te bénirai, je ferai de toi un homme important et tu deviendras une source de bénédiction pour les autres » et parlant de SARAH il a également dit «Je la bénirai et je vous donnerai à travers elle un fils. Je la bénirait et elle deviendra la mère de plusieurs nations ; les rois de nombreux peuples viendront d'elle » (genèse 17 verset 16)

Ce sont là des promesses que Dieu lui même avait faites lorsqu'il a décidé d'établir
une nation qui sera appelé ISRAËL. Cette nation sur laquelle dieu régnera directement lui
même.

Dans le livre de l'Exode, de Lévitique et bien d'autres, nous voyons comment Dieu le Roi institue les lois aux quelles la nation d'ISRAËL devra se soumettre.

Je ne voudrais pas qu'en parlant de Dieu le politicien que beaucoup parmi vous peuvent considérer comme controversé ne vienne nous divertir et ne nous égare de notre thème principal.

Le but de cette déclaration était d'établir une base solide sur le fait que Dieu nous demande de faire la politique d’une façon particulière. C'est à dire qu'il y a une manière particulière pour nous les croyants de gouverner et de diriger la nation.

Dans la bible, il est clairement établi que Dieu n'a pas seulement institué des lois spirituelles mais a aussi institué des lois pour gouverner la société et réguler les relations entre individus.

En tant que croyant, nous devons participer activement dans l'œuvre de construction des structures et institutions dont notre nation a besoin pour gérer une société de sorte qu'il n'y existe aucune insécurité.

La volonté de Dieu requiert que ces structures et institutions soient justes et équitables. Dieu aime la justice et la paix. Dieu est un Dieu de la paix, de la justice et de la sécurité.

Dieu aimerait que nous élisions des leaders politiques justes, honnêtes, droits et disponibles, capables d'édicter des lois justes à ses yeux et aux yeux des êtres humains.

En tant que croyants, nous ne pouvons pas porter deux chapeaux, le chapeau religieux et lorsque cela nous convient le chapeau politique.

Avant d'aller plus loin, permettez-moi de dire clairement que le mot politique dans le contexte de ma présentation désigne la politique dans le meilleur sens du mot. Politique, entendu comme l'art de gérer la société humaine en prenant en compte le fait que tous les êtres humains sont les créatures de Dieu et sont à l'image de Dieu lui même. Sans oublier que Dieu existe dans chaque être humain. La vraie politique est une œuvre sacrée.

Il n'utilise pas le mot politique dans son sens banalisé par une population devenue sceptique et considérant la politique comme l'art de mentir, de décevoir et de faire des promesses qui ne seront jamais respectées.

Quand mon père était vivant, les gens qui venaient souvent le visiter laissaient remarquer que la politique était un sale jeu. Et à chaque fois il leur répondait que la politique est un sale jeu lorsqu'il est joué par des gens sales.

Dieu le politicien est un Dieu de vérité, d'amour, de justice et de paix. Dieu le politicien est un Dieu qui tient à toutes ses promesses.

Si le Croyant que nous sommes abandonne la chose politique, alors, la politique sera dominée par les non croyants. Ce qui sera un danger pour la société.

Si nous voulons bâtir une société juste, paisible et sans insécurité, nous serions obligés de nous engager dans la politique. Pas nécessairement pour être élu dans des postes mais au moins pour s'assurer que ceux-là qui seront élus seront des gens guidés par des principes moraux, sociaux et spirituels.

Une société guidée par des personnes dotées de ces valeurs nous garantira une société propre et en bonne santé.

Je ne peux pas terminer ce propos sans compléter l'image de Dieu le politicien.

Parmi les questions qui surgissent il y a celle de savoir si Dieu est un démocrate.

Dans de nombreuses conférences auxquelles j'ai participées, j'ai simplifié la définition de la démocratie.

La démocratie veut dire simplement le droit ou la liberté de choisir.

Dieu est effectivement un démocrate parce qu'il nous donne en toute circonstance la possibilité de choisir. Lorsque nous faisons les mauvais choix, nous souffrons de ses conséquences, mais ça c'est une autre chose.

Explorons un peu la notion de Dieu le démocrate c'est-à-dire une personne qui nous laisse le loisir de choisir.

Examinons encore Genèse 17 versets 15 à 22 c'est là que Dieu a dit à ABRAM qu'il aura un enfant à travers sa femme SARAH qui sera père d'une nation. ABRAM a décliné cette offre. Au verset 17 nous lisons que lorsque ABRAM a appris cela il a éclaté de rire jusqu'à tomber car il disait qu'une personne âgée de 100 ans ne pouvait faire des enfants. Il a donc choisir de demander à Dieu de bénir ISMAEL et Dieu n'a pas refusé (verset 20 Genèse) "En ce qui concerne ISMAEL, j'ai aussi entendu ta prière en sa faveur ..." mais Comme Dieu avait déjà déclaré qu'ISAAC sera né, en tant que politicien il a tenu sa parole. Au verset 21, il déclare « Mais, j'établirais mon alliance avec ISAAC, le fils que SARAH te donnera l'année prochaine à cette époque »

Plus loin dans la bible, nous voyons Dieu le premier démocrate en action. Lorsqu'il édicté des lois pour la nation Israélienne dans le désert au pied du mont SINAI.

Chaque fois qu'il dictait un article de loi, il demandait au peuple ISRAELIEN de manifester son accord.

L'exemple de Dieu le démocrate qui est prêt à céder son droit d'être le roi d'Israël est trouvé dans le 1er livre de Samuel. C'est là où le peuple ISRAELIEN souhaitait avoir un roi comme dans tous les autres pays qui les entouraient. Le prophète Samuel était fâché et Dieu lui a dit de ne pas se fâcher car ce n'est pas lui qu'ils ont rejeté mais c'est Dieu qu'ils ont rejeté comme leur roi. Malgré cela Dieu a accédé à leur choix et leur a donné un roi en la personne de SAUL.

Trouvez moi un roi en Afrique, je veux dire un président qui va abandonner son palais parce que le peuple ne veut plus de lui. Au même titre un premier Ministre ou Président dans le monde entier qui peut quitter le pouvoir parce que le peuple ne veut plus de lui.

Dieu est un véritable démocrate.

Si j'ai pris la peine de vous parler de Dieu le politicien et de Dieu le démocrate, c'est parce que je veux qu'en tant que croyant nous embrassions les principes démocratiques.

Même si nous sommes tellement sûr de nous, nous n'avons pas le droit d'imposer aux autres.

Imitons l'exemple de Dieu lui-même. Si nous sommes des vrais croyants, nous devons être guidés par des principes démocratiques dans nos relations avec les autres êtres humains dans le domaine politique et dans tous les autres domaines où nous sommes appelés à respecter les choix fait pas nos concitoyens.

En effet, le peuple de Dieu que nous sommes, doit être lié aux principes de droits de l'homme car la plupart des insécurités donc souffrent notre société vient du non-respect des droits de l'homme soit par des individus soit par institutions étatiques.

Croyants que nous sommes, nous ne pouvons pas tolérer l'oppression du peuple et des citoyens. Nous devons lutter contre cette oppression dans toutes ses formes.

C'est pour garantir le droit à l'intégrité à l'être humain, les créatures de Dieu que nous sommes doivent être à l'avant garde de la lutte pour les droits de l'homme dans nos églises et dans nos mosquées.

Dieu lui-même est contre la souffrance de toute sorte de l'être humain. Dieu est contre la dictature, l'oppression, la famine, la maladie, la mauvaise gouvernance, la violation des droits de l'Homme, etc.

Cela fait presque deux ans que je suis retourné de KIGALI au RWANDA où j'assurais les fonctions de procureur adjoint du Tribunal pénal International pour le Rwanda.

Le Rwanda était un pays où les germes d'insécurité de toute sorte avaient envahi la société, l'avaient rendu malade jusqu'au point de menacer de la tuer.

C'est un terrible exemple de ce qui peut arriver à une société qui a abandonné ses valeurs sociale, morale et spirituelle ; d’une nation qui s'est empressée de construire un soit disant Etat moderne dénué de toutes valeurs.

Le résultat était le génocide des TUTSIS et le massacre des HUTUS modérés. Une terrible tragédie qui coûté la mort à plus d'un million d'êtres humains.

Le problème survenu au RWANDA mérite sa propre conférence et cette conférence n'est pas le lieu pour discuter à fond de ce problème. Néanmoins, le moment venu, je serais prêt à répondre à des questions relatives à ce qui s'est passé dans ce pays.

Ce qui je voudrais illustrer, c'est le fait que ce qui s'est passé au RWANDA représente non seulement la faillite des églises et des religions mais aussi, la faillite de ceux qui se disent croyants.

Au RWANDA, certains pasteurs, prêtres et évêques avaient participé à ce génocide d'une manière ou d'une autre.

Ce qui s'est passé au RWANDA peut arriver à de nombreux pays Africains. Les conflits, violences et guerres qui envahissent plusieurs pays Africains trouvent leurs racines dans l'intolérance, le tribalisme, et les conflits ethniques ;

L'insécurité qui existe au Cameroun de nos jours, représente également la faillite de nos églises, de nos mosquées et surtout la faillite de ceux parmi nous qui se disent croyants.

Peut être ceci peut s'expliquer par le fait que nous souffrons aussi de l'insécurité spirituelle. Nous prétendons croire en un Dieu vivant alors qu'au fond de nous souffrons de l'insécurité dans notre foi.

Les personnes qui souffrent de l'insécurité ne prennent jamais d'initiatives.

Si nous souffrons de l'insécurité spirituelle nous ne pouvons jamais prendre d'initiative parce que la confiance et la détermination nous manquent.

Souvent nous doutons de ce que Dieu entend nos prières, de ce qu'il peut donner des réponses à nos requêtes.

Parmi nous, il y a des gens qui doutent encore de l'existence de Dieu et fréquentent les églises et mosquées comme une prime d'assurance pour l'après mort.

Je note que cette conférence est organisée dans le cadre de la campagne semaines pascales 2003.

Pour les chrétiens, la scène de pâques qui s'est passée il y a plus de deux mille ans constituent la fondation de la foi chrétienne. Sans vendredi saint et dimanche de pâque la foi chrétienne est inexistante.

La fête de Pâques nous fait penser à ce qui constitue le véritable amour et le libération de l'être humain condamné par ses péchés.

La fête de Pâques est aussi célébrée par les juifs qui commémorent la libération physique des juifs qui étaient des esclaves en Egypte par cette fête nous constatons la jonction du spirituelle et du politique.

La bonne gouvernance est en effet une bénédiction de Dieu et représente dans l'accomplissement d’une exigence spirituelle en matière politique.

La bonne gouvernance dans son sens profond et ultime est un acte d'amour.

C'est la démonstration ultime par ceux qui gouvernent qu'ils aiment ceux qu'ils gouvernent. Parce qu'ils aiment ceux qu'ils gouvernent, ils respectent leurs libertés, ils s'assurent qu'ils ne font pas face aux besoins élémentaires, ils s'assurent qu'il y a la justice dans la société et dans les tribunaux.

En un mot, ils s'assurent que la justice, la paix et la sécurité existent dans la société.

Pour donner une autre réponse à la question posée , une réponse ancrée dans la foi et dans notre croyance en Dieu. Il convient de se reporter à l'évangile de Saint Jean chapitre 13 verset 34 où Jésus Christ nous dit : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ».

Le message de pâque est un message d'amour.

Bâtissons une société dans laquelle règne l'amour et je vous assure que vous verrez la disparition de toute insécurité.

L'amour est un important élément dans la lutte contre l'insécurité c'est une arme formidable entre les mains des croyants.

Aimons-nous les uns et les autres pour construire une société juste et paisible dans laquelle l'insécurité est inexistante

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