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Campagne Semaines Pascales 2003

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Prédication sur Jean 15, 1-8 lors de la Célébration Oecuménique à Nkongsamba

Par le Rév. Pasteur Salomon Mfouapon, Président de la Région Synodale du Moungo Nord de l'EEC, Nkongsamba, le 18 mai 2003

Textes :    Actes 9/26-31
1 Jean 3/18-24
Jean 15/1-8

Chers frères et sœurs en Christ,

C'est depuis 1998 que le Cercle International pour la Promotion de la Création organise avec divers partenaires œcuméniques une campagne  de sensibilisation annuelle intitulée « Campagnes Semaines Pascales » pour sensibiliser les communautés religieuses aux implications profondes dans notre vie de tous les jours.

Pâques signifie en effet la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ. Cela veut dire dans notre contexte que si le Christ meurt avec nos péchés personnels, il meurt aussi avec les fléaux qui minent notre société, pour ressusciter à une réalité nouvelle. L'édition de cette année 2003 est : « Ensemble pour la Sécurité dans la Justice et la Paix »

Les organisateurs ont proposé comme base de notre réflexion les trois textes lus. Mais notre méditation portera sur Jean 15/1-8, le dernier texte lu.

Jésus sentait que le moment où il devait mourir arrivait. Il savait bien que cela allait avoir des conséquences importantes dans la vie de ses disciples. D'une part ceux-ci ne devraient plus avoir la possibilité de marcher avec lui comme ils 1e faisaient auparavant. Même après sa résurrection, Jésus apparaîtra seulement à ses Apôtres, mais il n'ira plus avec eux à travers les sentiers de Galilée.

D'autre part sa mort allait priver ses disciples de bouclier, de défenseur. Devant cette situation, il était nécessaire et même indispensable à Jésus de faire une sorte de mise au point sur la réalité de la vie à laquelle les disciples sont appelés. C'est ainsi qu'il les rassembla et leur transmit cet enseignement fondamental.

Dans les 8 premiers versets du chapitre 15 de Jean, Jésus donna à travers les images courantes dans la vie quotidienne en Israël un enseignement sur la réalité de la vie. Le point de comparaison c'est entre Christ, le cep et les sarments. Et comme la sève qui habite dans les sarments est celle qu'ils tirent du cep, la vie chez les disciples sera celle qu'ils puiseront en Jésus-christ glorifié.

Le cep a alors pour fonction de porter les branches ou les sarments, d'envoyer les racines dans le sol pour y chercher la nourriture et d'en apporter aux sarments. C'est donc dire que sans le cep, les sarments ne peuvent pas vivre.

Le vigneron est celui qui s'occupe de la vie de la vigne et des sarments. C'est lui qui les soigne et les rend apte à se développer et à produire du fruit. C'est lui qui enlève les sarments stériles ou gourmands, afin de laisser la possibilité aux sarments productifs de bien s'épanouir.

Comme un bon vigneron, le père attend quelque chose de sa peine. Il attend du fruit et surtout du bon fruit. Porter du fruit va devenir une sorte de refrain sur les lèvres du Christ. Les sarments quant à eux, ont pour raison d'être de produire et de porter du fruit, étant donné que leur vie et leur santé sont déjà assurées par le cep et le vigneron.

Mais pour produire du fruit, les branches doivent être solidement liées au tronc. Ainsi le sarment qui ne produit pas du fruit est simplement inutile. Un pareil sarment serait comme un investissement perdu pour son propriétaire.

C'est pourquoi Jésus dit que son Père retranche tout sarment qui est en lui et qui ne porte pas du fruit.

En effet, la culture du cep comprend deux opérations principales : la purification du cep et la purification des branches. La première est celle par laquelle tout rameau stérile est retranché ; la seconde celle par laquelle les rameaux fertiles sont émondés, c'est-à-dire nettoyés des jets inutiles, afin que la sève se concentre sur la grappe qui se forme.

Les deux conditions pour produire du fruit sont : être émondé et demeurer en Christ. Face aux assassinats, aux braquages odieux, aux cambriolages, aux tortures et exécutions sommaires, l'Evangile du jour nous invite à « demeurer » en Christ. Dans le passage des actes, les Apôtres sont bien obligés d'être prudents. Et c'est par amour vécu dans des actes concrets que nous pourrons reconstruire les relations humaines régénérées pour que les causes de l'insécurité
diminuent dans la société.

Or Jésus dit que c'est sa Parole qui émondé. Donc la parole de Dieu ne devrait pas passer sur nous comme l'eau de pluie qui passe sur une tôle. Elle doit avoir des effets sur nous. Ce culte doit nous interpeller pour qu'ensemble nous luttions contre l'insécurité, tout en privilégiant la justice et la paix.

Nous devons toujours nous demander quel est l'effet que cette parole de Dieu a produit en nous. Car elle est comme une épée et c'est avec cette épée que Dieu peut nous émonder. Il est vrai que ce n'est pas facile de nous laisser émonder, car s'il est facile d'enlever un gourmand d'une branche de caféier, il est difficile d'enlever une habitude qui est presque collée sur notre peau.
Surtout que nous aimons dire : « L'habitude est une seconde nature, » donc très difficile de changer.

La plupart des hommes vous diront qu'ils recherchent désespérément la paix, même si, pour y parvenir, ils se livrent à toute espèce d'actes de violence.
L'exemple de cet empereur romain me vient en tête. Il était en guerre, pour, élargir son empire. Un philosophe de l'antiquité lui a demandé : « Quand tu domineras sur ce royaume que feras-tu ? - J'irai à la conquête du suivant - Et quand tu auras asservi le suivant que feras-tu ? - J'irai plus loin, jusqu'au bout de la terre - Et quand tu auras conquis toute la terre, que feras-tu ? - Ce sera la paix ! - Alors ? pourquoi ne commences-tu pas par la paix ? ».

Chers frères et sœurs, peuple de Dieu.

L'homme veut la paix par lui-même, par ses propres forces ! Il peut y avoir une accalmie, mais la guerre reprendra» tôt ou tard. C'est considéré, voire accepté, comme une fatalité. Les haines, les rancœurs, l'esprit de vengeance font partie intégrante de la nature de l'homme.

Face à la violence, à l'insécurité, les seules voies vers la sécurité, c'est l'amour et la tolérance. La condition sine qua non pour porter du fruit, c'est de demeurer en Christ, c'est - à - dire lui faire confiance « Demeurez en moi » exprime l'acte constant pour puiser tout en Christ.

Jésus appelle ses disciples à ne pas dire seulement de leur bouche qu'ils lui font confiance, mais à le montrer concrètement par leur vie et par leur disponibilité à obéir à ses paroles, à suivre les commandements de Dieu.

En prenant l'exemple de la vie du couple, nous constatons que si le mari dit qu'il fait confiance à sa femme et ne fait pas ce qu'elle lui demande, il serait impossible à cette dame de croire que son mari lui fait réellement confiance car c'est à travers les actes que la confiance se découvre et non les paroles.

« Demeurez en moi, comme je demeure en vous, » nous dit Jésus. Cette confiance est réciproque. Mais c'est Christ qui le premier, fait confiance à ses disciples. Et cette confiance est capitale pour la vie chrétienne. Sans elle, cette vie est impossible. Car la vie qui est celle du chrétien ne se pense pas. C'est le tronc qui définit la qualité de ses fruits et non les branches. Et on ne peut jamais trouver des avocats sur un oranger.

Oui, celui qui se confie en Christ mène une vie fructueuse, c'est - à - dire que la vie de Christ coule en lui. Quand nous disons que Jésus est notre Sauveur, les autres doivent voir effectivement que nous sommes sauvés, à travers notre comportement. Mais le Seigneur précise : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Nous pouvons faire beaucoup d'activités, mais cela restera un feu de paille. Nous serons comme une branche enlevée du tronc. Elle peut
servir de fourche aux enfants pour leurs cerceaux, ou bien quelqu'un peut l'utiliser pour ses plantes rampantes. Donc la branche enlevée reste utile, mais non plus pour le propriétaire. Et la finalité de cette branche retirée est le feu.

C'est donc dire que notre raison d'être en tant que chrétien est de produire du fruit, fruits d'amour; de justice et de paix pour lutter contre l'insécurité. Tout est déjà accompli du côté de Dieu : II a ressuscité Jésus, une façon de nous
montrer que le tronc qui nous porte ne peut plus être affecté ni par la maladie, ni par la mort. Il est donc nécessaire que chacun de nous s'interroge pour savoir si honnêtement il porte du fruit pour Dieu ou pour lui-même. S'il n'est pas acteur des fléaux qui minent notre société à savoir, le tribalisme, la corruption, la violence, l'insécurité.

Pour les vaincre, Jésus nous demande de demeurer en lui. Et la condition pour demeurer en lui, c'est de rester sous l'action de sa parole. C'est pourquoi demeurer en Jésus a un effet capital. C'est le point d'aboutissement, quand on trouve, on demeure auprès de sa trouvaille « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » Mais avec moi, vous pouvez quelque chose. Il y a donc cette relation triangulaire : cep - sarment - vigneron. Nous portons un bon nombre de sarments qu'il   faut retrancher. Demandons au Seigneur de nous aider à demeurer en lui afin de pouvoir porter les fruits qu'il attend de nous.

Que le Seigneur nous aide à être tous des sarments qui portent beaucoup
de fruits.

AMEN!

  

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