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Campagne Semaines Pascales 2003 |
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Cahier d'Animation 2003 |
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Pour travailler en groupesComme déjà mentionné, la Campagne Semaines Pascales désire susciter des activités décentralisées, menées dans le cadre de groupes, paroisses, communautés, associations et clubs désireux de se joindre au mouvement surtout dans le cadre de leurs activités habituelles. C'est pourquoi vous trouvez ici des propositions d'animation pour le travail en groupe.
Introduction: Comprendre les mots Réfléchir sur certaines conséquences Comme en 2002, les propositions d'animation de cette année sont conçues pour constituer en soi un programme plus ou moins cohérent. Celui-ci pourrait ainsi prendre place dans un séminaire d'une semaine environ. Les propositions sont donc agencées selon une logique qui va de la compréhension des concepts, en passant par l'analyse du problème, la réflexion sur certaines conséquences, jusqu'à l'engagement concret de chacune et de chacun. Bien sûr, nous sommes conscients qu'aucun groupe ne pourra dégager le temps nécessaire pour suivre ce programme tel quel, d'un bout à l'autre. Nous espérons pourtant que les divers responsables de groupes, d'associations, de chorales et de clubs auront le loisir et la volonté d'adapter telle ou telle partie de ce programme afin d'approfondir dans leur milieu l'un ou l'autre aspect de la question. Il s'agit donc de se sentir libre par rapport aux propositions faites ici. Ne vous laissez pas enfermer par les suggestions ! En particulier, ne suivez pas une liste de questions comme une marche à suivre ou un ordre du jour ! Concentrez-vous sur ce qui vous paraît intéressant et surtout pertinent dans votre contexte et laissez le reste simplement de côté. Nous rappelons que les propositions faites dans ce Cahier d'animation sont conçues pour un travail participatif. Il s'agit ainsi de favoriser les interactions et les échanges entre les participant(e)s, afin de donner à chacune et chacun l'occasion d'exprimer son point de vue pour enrichir les autres et de construire ainsi un savoir commun. De plus, la conviction des concepteurs de ce Cahier est que le savoir se construit à partir de l'expérience. Or nous en avons tous déjà fait par rapport à l'insécurité. Il n'y a donc pas dans un groupe des gens qui savent et des gens qui ne savent pas. Dans le but de permettre la participation de tous, nous encourageons les animateurs et animatrices à : - faire attention au cadre horaire (prévoir un temps suffisant pour que tout le monde s'exprime) et à l'organisation de l'espace (placer les gens pour qu'ils puissent communiquer entre eux tout en voyant bien le tableau si nécessaire) ; - veiller à la clarté de la démarche pour que chacun(e) puisse suivre et personne ne se sente exclu(e) ; - être à l'écoute et au service de la discussion dans le groupe ; - encourager les débats et les discussions lorsqu'ils semblent toucher des points importants ou problématiques ; - permettre aux participant(e)s d'aller jusqu'au bout de ce qu'ils/elles ont à dire (sans être interrompu(e)s) ; - permettre à chacune et à chacun de s'exprimer en donnant la parole à celles et ceux qui ne parlent pas volontiers ; - encourager les participant(e)s à exprimer leurs propres points de vue, leurs sentiments et leurs émotions; - chercher régulièrement à clarifier, préciser, résumer et synthétiser ce qui est dit, non pas comme conclusion, mais pour permettre aux participant(e)s de prendre position et aux débats d'avancer; - choisir de préférence des modes de travail en petits groupes (4 à 5 personnes) où les échanges sont plus faciles et souvent plus intenses. Nous prions aussi les responsables de groupe d'envoyer aux initiateurs de la Campagne Semaines Pascales 2003 les résultats ou le compte-rendu des réflexions et actions. Cela permettra d'une part de mieux adapter le Cahier d'animation à vos besoins et d'autre part de diffuser vos expériences auprès d'autres groupes intéressés.
I. Introduction : Comprendre les mots (haut)
1. Associations d'idées Comme entrée en matière, nous proposons de procéder par la méthode de l'association d'idées. Celle-ci permettra de mettre en évidence la compréhension spontanée qu'a le groupe du concept d'insécurité et éventuellement de se mettre d'accord sur une compréhension commune. Il s'agira aussi de mettre en évidence les différents sens à donner à ce mot (cf. Les mots pour dire les maux, p.8 de ce Cahier). Temps : 45 à 60 minutes. Matériel : tableau-noir et craie ou papier-conférence et feutres. Déroulement : a) L'animateur(trice) écrit tout d'abord le mot « insécurité » au tableau. Il/elle demande ensuite aux participant(e)s d'y associer d'autres mots. On peut le faire de manière ordonnée (par un « tour de table ») ou désordonnée (comme un « brainstorming »). L'animateur(trice) note chaque association sur le tableau sans commenter et sans censurer. b) On discute alors des propositions faites : y a-t-il des mots qui ne devraient pas se trouver là ? y a-t-il des associations que l'on ne comprend pas ? c) On essaye ensuite de répartir les associations selon qu'elles font référence à une compréhension large ou étroite (journalistique), subjective ou objective de l'insécurité (cf. p.8 du Cahier) d) L'animateur(trice) tente une synthèse de ce que le groupe comprend par l'insécurité et demande au groupe de réagir à cette synthèse. Il/elle peut encore comparer cette compréhension avec des définitions de dictionnaires ou celle proposée dans ce Cahier. Indications pour l'animation : Il ne s'agit pas à la fin d'imposer une définition fût-elle d'un dictionnaire, mais simplement de confronter les diverses compréhensions des membres du groupe, qui surgissent de leurs expériences propres, et de les comparer avec celles des auteurs de dictionnaires. N.B. Il sera néanmoins important d'indiquer clairement à ce moment du travail que pour la suite, on se concentrera sur la compréhension restreinte de l'insécurité (phénomènes de braquages, vols, viols, assassinats et leurs conséquences).
2. La sculpture humaine Une autre manière, plus ludique, d'entrer dans le sujet de l'insécurité est celle de la sculpture humaine. Il s'agit de faire découvrir les concepts clés du problème à travers un jeu de mime. Cette méthode est plutôt adaptée à des jeunes. Temps : 60 à 90 minutes. Matériel : aucun. Déroulement : a) L'animateur(-trice) demande aux participant(e)s de se grouper en équipes de 4 personnes et de se répartir, dans chaque équipe, les rôles suivants : 1 sculpteur et 3 personnages en terre. Chaque groupe devra réaliser une statue humaine sur un thème (concept) déterminé. b) L'animateur(-trice) répartit dans les groupes les concepts clés : insécurité, sécurité, peur, confiance, danger, ordre, désordre, violence, justice, paix, etc. c) Pendant 15 minutes, chaque équipe se met d'accord et prépare la statue qui lui convient. d) En deux-trois minutes par équipe, celles-ci présentent aux autres équipes leur sculpture. Le sculpteur construit petit à petit son uvre devant le public. e) Le public réagit par rapport à la sculpture, ce qui frappe, ce qui plait, ce qui ne plait pas. f) Les membres de l'équipe expliquent le choix de leur sculpture. Ils précisent ce qu'ils voulaient exprimer et pourquoi. g) Lorsque toutes les équipes ont présenté leur sculpture, l'animateur(-trice) propose un temps d'échange où chacun peut dire comment il a vécu son rôle, le fait de devoir se laisser faire ou de devoir manipuler les autres. h) Finalement on peut prendre un temps d'échange sur les concepts. Comment on les comprend, comment on pourrait encore les représenter. Variante : On peut faire le même jeu avec le même concept pour toutes les équipes, par exemple « insécurité ». Indications pour l'animation : Il est important de veiller à ce que les sculpteurs manipulent les personnages avec délicatesse et précaution.
II. Collecter les informations (haut)
3. Mesurer la gravité du problème à travers une enquête Pour connaître véritablement la gravité du problème de l'insécurité dans un contexte donné, nous proposons aux groupes qui le désirent d'entreprendre une enquête auprès de la population. Temps : éventuellement plusieurs semaines. Matériel : papier + stylos, questionnaire, éventuellement magnétophone. Déroulement : a) Au niveau de la préparation, il est important de bien choisir l'échantillon. On pourra ainsi sélectionner les personnes à interroger selon le sexe, le groupe d'âge, la classe sociale, la profession, etc. Dans un contexte particulier, comme l'université, on choisira aussi des personnes de filières, d'années d'études et de professions (étudiants, professeurs, corps administratif) différentes. b) Pour l'enquête, il faudra aussi formuler les questions de manière claire et objective. On pourra par exemple s'intéresser aux expériences objectives vécues des personnes (nombre de braquages subis dans la rue, à domicile, dans le cadre professionnel, etc.) ; aux sentiments subjectifs (vous sentez-vous très en danger, peu, pas du tout, la nuit, chez vous, dehors, etc. ?) et aux mesures de protection prises (gardiens, chien, cadenas, ne plus sortir la nuit, éviter certains quartiers, etc.). On peut aussi finalement s'intéresser à l'opinion des gens par rapport à la justice populaire, la répression policière, l'efficacité de la justice, l'état des prisons, etc. c) L'enquête auprès de la population pourra encore être complétées par des données statistiques obtenues auprès de la police, de la gendarmerie et/ou du parquet. Indications pour l'animation : Pour des groupes inexpérimentés, il serait bon de demander de l'aide auprès de personnes ressources (personnes expérimentées, sociologues, statisticiens, etc.). Il est bon aussi de se pencher sur les données présentées en p.27 de ce Cahier avant de commencer le travail. N.B. Il est évident que les organisateurs de la Campagne Semaines Pascales seront très intéressés d'avoir un rapport de l'enquête menée par votre groupe.
4. Partager les expériences dans le groupe A défaut d'entreprendre une vaste enquête auprès de la population, on peut aussi simplement prendre la mesure du phénomène en partageant les expériences des membres du groupe. Temps : 60 à 90 minutes. Matériel : aucun. Déroulement : a) On commencera par un tour de table où chacun(e) partage sur son niveau d'insécurité subjectif (quels sont les causes principales d'insécurité ? Vous sentez-vous très en danger, peu, pas du tout, la nuit, chez vous, dehors, etc. ?) et sur les mesures de protection prises (gardiens, chien, cadenas, ne plus sortir la nuit, éviter certains quartiers, etc.). b) Chaque participant(e) essaye aussi de deviner la réponse à la question suivante : en mettant ensemble les expériences directement vécues par tous les membres du groupe, combien de braquages aurons-nous comptés ? c) Dans un deuxième temps, on fait le tour de table où chacun(e) partage ses expériences vécues en matière de braquages et vols subis dans la rue, à domicile, dans le cadre professionnel, etc. d) Finalement, le groupe discute du résultat obtenu. Est-il plus élevé ou plus faible que prévu ? Pourquoi ?
5. Inviter une personne ressource Une troisième manière de collecter des données sur le phénomène de l'insécurité (outre l'enquête et le partage d'expériences) est d'inviter un spécialiste en la matière. Cette rencontre peut aussi se faire avant ou après l'une ou l'autre des deux animations précédentes. Temps : trois rencontres et selon arrangement. Matériel : éventuellement magnétophone Déroulement : a) Une telle rencontre demande une préparation au sein du groupe. Il s'agit en particulier de préparer les questions précises à poser afin d'obtenir un maximum d'informations utiles. b) Il faut aussi bien choisir la personne à inviter, capable de donner les informations recherchées. Faut-il un responsable des forces de l'ordre, un membre du barreau ou du parquet, un représentant d'une organisation des droits de l'homme ? c) Une telle rencontre demande aussi une rencontre d'évaluation. Sommes-nous satisfaits des informations obtenues ? Nous attendions-nous à ces informations-là ? Que faire à partir de là ?
III. Analyser le problème (haut)
6. Travail à partir des études de cas Il existe différentes manières d'animer une réflexion à partir des études de cas contenues dans ce Cahier d'Animation (cf. Cahiers d'Animation 2001 et 2002 pour d'autres idées). La proposition faite ici implique un travail comparatif sur plusieurs études de cas. Temps : 90 à 120 minutes. Matériel : photocopies des études de cas, papier-conférence et feutres. Déroulement: a) Après lecture commune ou individuelle des études de cas retenues (cf. pages 16 à 25), les participant(e)s sont réparti(e)s en groupes de 4 ou 5. b) Chaque groupe travaille sur les questions suivantes : Y a-t-il des aspects qui reviennent plusieurs fois dans les différentes études ? Lesquelles ? Quelles sont les choses que vous avez apprises en lisant ces études ? Quelles sont les choses que vous saviez déjà ? Quels sont les aspects qui ont été négligés dans ces études ? c) Puis les groupes réfléchissent sur des questions en lien avec la réalité locale : quelle est la forme que prend le phénomène de l'insécurité localement dans notre région ? d) En plénière, les groupes présentent le résultat de leurs réflexions sur papier conférence. e) Sur la base de ces réflexions, on peut décider éventuellement de rédiger une étude de cas sur la situation locale de l'insécurité. Indications pour l'animation : Cette animation peut précéder une analyse plus poussée de la réalité locale selon l'une ou l'autre des animations qui suivent. N.B. Au cas où votre groupe devait se décider à rédiger une étude de cas, il est évident que les organisateurs de la Campagne Semaines Pascales seraient heureux d'en recevoir une copie.
7. Le tableau « causes, conséquences et solutions ». Une manière relativement simple d'analyser un problème est celle du tableau à doubles entrées « causes, conséquences et solutions ». Temps : 60 à 90 minutes. Matériel : tableau-noir et craie ou papier-conférence et feutres. Déroulement: a) D'abord l'animateur(-trice) dessine un tableau à trois colonnes appelées respectivement : causes, conséquences et solutions. b) On commence par la première colonne, celle des causes. Chacun(e) donne les causes qui lui passent par la tête et l'animateur(-trice) les note dans le tableau. On peut le faire de manière ordonnée (par un « tour de table ») ou désordonnée (comme un « brainstorming »). c) On procède de la même manière pour les deux autres colonnes. d) On peut alors engager une discussion autour des questions suivantes : parmi les causes mentionnées, quelles sont les principales ? Parmi les conséquences mentionnées, quelles sont les plus graves ? Qui est principalement touché par les conséquences ? e) On pourra finalement comparer les résultats obtenus avec l'article « rechercher les causes, voir les conséquences » en p.10 de ce Cahier. Variante : On peut aussi ajouter une quatrième colonne : qui est responsable pour mettre telle solution en pratique ? Indications pour l'animation : Il est important de bien clarifier la différence entre cause et conséquence. La conséquence est ce qui découle du problème alors que la cause est ce qui contribue à le créer ou à le perpétuer. Il est bon aussi, lorsque le groupe a de la peine à trouver des solutions, de faire remarquer que les solutions souvent combattent les causes du problème.
Lorsqu'on a suffisamment de temps, on peut aussi entreprendre une analyse détaillée du problème selon le questionnaire ci-dessous. Ce canevas d'analyse est inspiré de la méthode « voir, juger, agir ». Temps : 5 à 6 heures. Matériel : photocopies du questionnaire, papier-conférence et feutres. a) Les participant(e)s sont réparti(e)s en groupes de 4 ou 5. b) Chaque groupe reçoit une copie du questionnaire et analyse à partir de ces questions le phénomène d'insécurité (ou une forme locale particulière du problème) (3 h. 30). c) En plénière, les groupes présentent le résultat de leurs réflexions sur papier conférence.
9. L'arbre à problèmes Une autre manière d'analyser un problème, très illustrative, est « l'arbre à problèmes ». Temps : 60 à 90 minutes. Matériel : tableau-noir et craie ou papier-conférence et feutres ; cartes (10x23cm) et feutres. Déroulement : a) L'animateur(-trice) dessine un arbre sur le tableau selon la figure ci-jointe. b) Il/elle explique l'arbre : le tronc représente le problème, les racines représentent les causes du problème et les branches, les conséquences. c) Les participant(e)s écrivent d'abord les causes sur des cartes qui sont ensuite collées au niveau des racines. d) On fait la même chose pour les conséquences. e) On peut alors engager une discussion autour des questions suivantes : parmi les causes mentionnées, quelles sont les principales ?Pparmi les conséquences mentionnées, quelles sont les plus graves ? Quelles seront les causes les plus difficiles et les plus faciles à combattre ? Qui peut le faire et comment ? Variante : Il est parfois préférable que ce soit l'animateur(-trice) qui écrive les propositions des participant(e)s sur l'arbre.
IV. Réfléchir sur certaines conséquences (haut)
10. La perte de confiance La confiance est essentielle à la vie en société (cf. le mots pour dénoncer les maux). Une des conséquences graves de l'insécurité est la perte de cette confiance. C'est pourquoi il est intéressant de travailler en groupe sur ce problème. Temps : 90 minutes. Matériel : Papier et stylos Déroulement: a) Les participant(e)s entreprennent d'abord un travail individuel (15 min). Sur une feuille de papier, ils notent tout d'abord les occasions récentes où ils ont fait confiance (où ils ont été obligés de faire confiance). Puis ils notent les occasions récentes où ils se sont méfiés, où ils ont été prudents. Puis ils notent les occasions récentes où on leur a fait confiance. Et finalement les occasions récentes où ils ont eu peur. b) Par groupes de trois, les participants échangent sur leurs découvertes (30 min). c) En plénière, les participants ne discutent que des questions suivantes (45 min) : quelle liste est plus longue ? Quelle liste a été plus facile à remplir ? Quels sont les facteurs qui influencent la confiance que l'on a ? Comment conserver la confiance ? Comment la rétablir ? d) Finalement, on s'interrogera sur les implications de ces réflexions sur la problématique de l'insécurité. Indications pour l'animation : Pour la première partie du travail, il est important que les participant(e)s aillent dans les détails. Pour cela, ils peuvent se limiter à une journée (la journée précédant la rencontre) pour réfléchir à tous les moments où ils font confiance. (même confiance à leurs sens, à leur mémoire, à leurs impressions, etc.)
11. Les précautions individuelles Construire un mur, engager un gardien, ne pas sortir le soir, éviter certains quartiers : chaque personne a ses propres stratégies pour s'éviter des mauvaises surprises face à l'insécurité ambiante. Nous proposons ici d'échanger et de réfléchir sur ces différentes stratégies. Temps : 60 minutes. Matériel : cartes (10x23cm) et feutres. Déroulement: a) Les participant(e)s sont invités d'abord à partager les différentes stratégies qu'ils ont mises en uvre pour se protéger des braquages, vols, viols, etc. Ils écrivent chaque stratégie sur une carte (10x23 cm) différente. b) L'animateur affiche les cartes au tableau en les regroupant au fur et à mesure selon qu'ils expriment des idées semblables. c) Le groupe réfléchit ensuite pour chaque stratégie aux questions suivantes : cette stratégie est-elle généralisable à toute la population ou est-elle réservée à une élite ? Quelles sont les implications sociales, économiques et politiques de cette stratégie (pratiquée individuellement) ? Quelles sont les implications sociales, économiques et politiques d'une généralisation de cette stratégie ? d) L'animateur(-trice) note éventuellement face à chaque stratégie les réponses aux questions ci-dessus. e) Le groupe choisit ensuite les stratégies qui lui paraissent très recommandables, peu recommandables, pas du tout recommandables. Indications pour l'animation : Il y a une nuance importante entre les deux dernières questions du point c). Si je construis un mur autour de ma maison cela a certaines implications (économiques, sociales, etc.), mais si tout le monde se met tout à coup à construire des murs cela aura encore d'autres conséquences économiques, politiques et sociales
12. La justice populaire La « justice populaire » est un problème de plus en plus grave. Des personnes accusées à tort ou à raison de vol ou de banditisme sont attrapées par la foule, battues à mort ; ou alors aspergées d'essence et brûlées vives. Il est très important que les milieux sensibles à la Justice et à la Paix se mobilisent contre ce fléau. Temps : 90 à 12 min. Matériel : tableau-noir et craie ou papier-conférence et feutres. Déroulement: a) La réflexion sur la « justice populaire » commence par un tour de table. Chacun(e) partage ses propres expériences vécues personnellement par rapport à ce problème. b) On peut tirer quelques conséquences sur l'importance du phénomène, sur ses causes et ses conséquences. c) On entreprend ensuite une analyse plus poussée selon le tableau « causes, conséquences et solutions » (cf. ci-dessus). Indications pour l'animation : Cette animation peut être précédée d'une réflexion autour de l'étude de cas « Au Bénin : danger d'une justice populaire » (p.24) ou d'une étude biblique sur Marc 15, 6-15.
13. Le Commandement opérationnel La réponse institutionnelle à l'insécurité prend souvent la forme d'une répression violente, parfois au détriment du respect des droits de l'Homme. Les sentiments de la population sont à cet égard ambivalents : soulagement de voir le nombre de braquages et d'assassinats diminuer et ahurissement devant les débordements nombreux. L'animation proposée ici vise à faire réfléchir sur cette ambiguïté du système mis en place. Temps : 2 à 4 heures. Matériel : Tables et chaises disposées selon le plan d'un tribunal. Au centre : le président et les jurés ; en face à droite : l'accusation ; à gauche : la défense ; une table pour le greffier, une table pour l'huissier. Papier et stylos, éventuellement photocopies de l'étude de cas « Au Cameroun : Forces de l'Ordre hors contrôle ? » p.19 de ce Cahier. Déroulement: a) En introduction l'animateur(-trice) présente le thème et le style d'animation. Il s'agit de jouer le procès du Commandement opérationnel . Il est bon de commencer par lire l'étude de cas « Au Cameroun : Forces de l'Ordre hors contrôle ? ». b) Outre l'animateur(-trice) qui sera président, quelques jurés et éventuellement un greffier et un huissier, les autres participant(e)s sont réparti(e)s en deux groupes : l'accusation et la défense. Dans les deux camps, on répartis les rôles d'avocat et de témoins. c) Pendant 30 à 45 minutes, chaque groupe prépare son argumentation et les témoignages. Il s'agit d'attaquer ou de défendre le Commandement opérationnel. d) L'audience (60 minutes au minimum) est animée par le président qui a charge de donner la parole aux uns et aux autres, veiller à ce que chacun s'exprime l'un après l'autre, faire le point de temps en temps. L'audience se fait en deux phases : l'audition des témoins et puis les plaidoyers. e) Pendant ce temps, les jurés prennent des notes pour délibérer et tirer des conclusions du débat avec le président. f) Lors du verdict, le président lit les conclusions du débat des jurés. Indications pour l'animation : Ce n'est pas le vrai procès d'une ou de plusieurs personnes mais un jeu mettant en lumière une institution telle qu'elle a fonctionné. Il est important de dégager les arguments de la défense aussi bien que ceux de l'accusation.
V. Penser aux actions à mener (haut)
14. Récapitulatif des stratégies déjà mentionnées. Dans les étapes précédentes, des propositions ont été faites comment prévenir ou comment lutter contre l'insécurité. Il est temps de récapituler tout cela pour éventuellement compléter l'éventail. Temps : 30 minutes. Matériel : tableau-noir et craie ou papier-conférence et feutres. Déroulement : a) L'animateur(trice) demande aux participant(e)s de se souvenir des différentes idées qui ont été exprimées jusqu'ici quant à la manière de lutter contre l'insécurité liée à la corruption et au tribalisme. Il/elle note toutes les idées au tableau. b) On peut ensuite essayer de compléter cette liste avec de nouvelles idées. Indications pour l'animation : Il est important de bien faire remarquer que ce qui est recherché, ce sont des idées concrètes et réalistes : que pouvons-nous faire pratiquement pour changer les choses ?
15. Analyse des capacités du groupe en tant qu'acteur de changement social Avant
de
se
lancer
dans
le
feu
de
l’action,
il
est
bon
d’analyser
les
ressources
dont
nous
disposons
pour
apporter
une
amélioration
de
la
situation.
La
méthode
que
nous
proposons
est
celle
dite
du
SWOT :
Strengths,
Weaknesses,
Opportunities
and
Threats
(Forces,
faiblesses,
opportunités
et
dangers).
Il
s’agit
de
rechercher
les
forces
et
les
faiblesses
internes
au
groupe
par
rapport
au
problème,
ainsi
que
les
chances
à
saisir
et
les
dangers
à
éviter.
Temps :
60
minutes.
Matériel :
tableau-noir
et
craie
ou
papier-conférence
et
feutres. Déroulement : a)
Le
travail
se
base
sur
l’analyse
du
problème
(concret
et
local)
et
en
particulier
sur
les
causes
et
les
solutions
dégagées.
Si
ce
travail
n’a
pas
été
fait
c’est
donc
le
moment
de
le
faire. b)
L’animateur(-trice)
dessine
ensuite
le
tableau
à
quatre
colonnes
appelées
respectivement :
forces
internes,
faiblesses
internes,
chances
à
saisir,
dangers
à
éviter. c)
On
commence
par
la
première
colonne,
celle
des
forces
internes.
Chacun(e)
donne
les
forces
qu’il
voit
dans
le
groupe
qui
permettent
de
contribuer
à
l’une
des
solutions
dégagées
précédemment
(combattre
une
des
causes
du
problème).
L’animateur(-trice)
note
les
propositions
dans
le
tableau.
On
peut
le
faire
de
manière
ordonnée
(par
un
« tour
de
table »)
ou
désordonnée
(comme
un
« brainstorming »). d)
On
procède
de
la
même
manière
pour
les
trois
autres
colonnes :
quelles
sont
les
faiblesses
qui
empêchent
de
contribuer
à
la
solution ?
Quelles
sont
les
chances
dans
l’environnement
immédiat
du
groupe
que
l’on
peut
saisir
pour
contribuer
à
la
solution
(synergies
avec
d’autres
groupes,
relations
intéressantes,
moyens
d’accéder
à
des
informations,
etc.) ?
Quels
sont
les
dangers
qui
peuvent
influencer
négativement
(de
l’extérieur)
l’engagement
du
groupe
dans
ce
sens ?
e)
On
pourra
ensuite
réfléchir
aux
moyens
à
mettre
en
œuvre
pour
développer
encore
les
forces,
diminuer
les
faiblesses,
saisir
les
chances
et
éviter
les
dangers. Indications
pour
l’animation :
16. Développer un plan d'action. Afin de passer à l'acte et véritablement produire un changement dans la société il est important de ne pas rester sur les bonnes intentions. Il faut un plan d'action le plus pratique possible face à une situation la plus concrète possible. Temps : 120 minutes. Matériel : tableau-noir et craie ou papier-conférence et feutres. Déroulement: a) Si cela n'a pas déjà été fait, le groupe entreprend l'analyse d'un problème concret et local (cf. animations ci-dessus). b) Tout d'abord, il s'agit de formuler un objectif principal (et éventuellement des objectifs secondaires) pour l'action à entreprendre face au problème analysé (30 min). c) Plan d'action (45min) : En plénière ou en petits groupes, on établit un plan d'action qui pour chaque action porte au moins les indications suivantes : qui fait quoi (jusqu'à) quand avec qui et comment ? Il est important de ne pas se séparer avant d'avoir fixé une rencontre où chacun(e) rendra compte de ce qu'il/elle a fait et où la suite est programmée. Indications pour l'animation : Comme ci-dessus, ce qui est recherché, ce sont des idées concrètes et réalistes : que pouvons-nous faire pratiquement pour changer les choses ? N.B. : La formulation des objectifs est un moment clé de la réalisation d'un plan d'action. Mieux on saura ce que l'on veut atteindre, plus il y aura de chance que l'on y parvienne. Face à une situation, il peut exister plusieurs objectifs. Dans ce cas, il est important de décider de l'objectif principal et des objectifs secondaires sur la base des forces et faiblesses du groupe (cf. méthode SWOT ci-dessus). Pour être efficaces, les objectifs doivent être SMART (specific, mesurable, achievable, relevant, time bound) : spécifiques, mesurables, applicables, réalistes et suivre un calendrier. Le plus sûr sera alors sans doute de les formuler à partir des bénéficiaires et en termes de situation à atteindre au moment prévu. Exemple : au lieu de « promouvoir les groupes de jeunes », il vaut mieux dire « le 1er janvier 2004, il existera 20 organisations de jeunes dans les villages de X et de Y ».
17. Réaliser une campagne de sensibilisation Voici quelques idées et conseils pour les groupes qui, arrivés au bout de leur réflexion, aimeraient s'engager dans une campagne de sensibilisation. a) Préparation : Le plus important, avant même de commencer le travail, est d'être au clair sur le message à transmettre dans la campagne de sensibilisation. Que voulons-nous que les gens comprennent ou fassent à la fin de notre intervention ? b) Conférences et tables-rondes : Ce sont là peut-être les méthodes de sensibilisation les plus courantes. Une conférence est une contribution orale (en principe préparée par écrit) donnée par une personne ressource unique, suivie d'une phase questions-réponses. Alors qu'une table ronde est une succession de contributions orales (pas toujours préparées par écrit), données par plusieurs personnes ressources, avant de donner la parole au public. Quel que soit le cas, il est important de veiller à la qualité des intervenants. Un conférencier devrait être une personne connue qui de par son nom attire déjà le public. Il est aussi important de veiller à la longueur des interventions (pour laisser la place au public) et à l'acoustique. c) Causeries éducatives : Il s'agit là d'une forme d'animation plus participative, plus accessible et plus informelle que la conférence ou la table-ronde. Il s'agit d'opter pour cette approche dès que l'on sort des milieux intellectuels. Plutôt qu'être une personnalité publique connue, l'intervenant devra alors plutôt faire preuve de capacités pédagogiques avérées. d) Affiches et tracts : Une manière de sensibiliser nécessitant moins d'efforts serait simplement d'inonder le milieu dans lequel évolue le groupe d'affiches et de tracts portant des messages clairs et poignants. Le groupe pourrait ainsi prendre le temps d'imaginer des slogans sur le thème de l'insécurité pour les afficher partout où cela est possible. Un slogan doit être conçu de telle sorte qu'il reste facilement en mémoire : p.ex. court, rythmé, faisant référence à quelque chose de connu (un chant ou un slogan déjà entendu). e) Interventions dans les médias : Il n'est pas toujours facile d'avoir accès aux médias. Mais si votre groupe possède cette chance (cf. exercice SWOT ci-dessus), alors il faut l'exploiter. Ecrire un article, une lettre de lecteur, intervenir dans une émission ou donner des éléments à un journaliste.
Canevas pour l'analyse sociale (Cf. animation8)
Première étape : analyse sociale
a) comprendre le problème (30 minutes) : · Décrire le problème en détail. · Quand le problème a-t-il commencé ? · Pourquoi a-t-il commencé ? · Quand s'est-on rendu compte qu `il s'agissait d `un problème sérieux ? · Qu'est-ce qui a attiré notre attention sur ce problème ?
b) Structures en général (20 minutes) · Commencer par une discussion sur les structures et les organisations sociales. · Examiner le problème en relation avec les structures de la société : économique, politique, culturelle, religieuse et en termes de classes.
c) Structures économiques (20 minutes) · Qui cause le problème ? · Y a-t-il des multinationales ou des compagnies locales qui entretiennent ou qui profitent de la situation ? Qui souhaiteraient même que la situation se dégrade pour en · tirer davantage de profits ? · Peut-on identifier des groupes ou des individus qui soutiennent l'injustice ou qui profitent financièrement de la situation ?
d) Structures politiques (20 minutes) · Qui obtient plus de pouvoir de cette situation ? · Trouve-t-on des politiciens ou partis qui profitent de la situation pour maintenir ou renforcer leur pouvoir ? · Qui sont les gens ayant autorité ou pouvoir, qui permettent que cette situation se produise ? · Trouve-t-on des leaders dans la communauté locale qui souhaitent que le problème dure pour maintenir leur pouvoir ?
e) Structures des classes (20 minutes) · Est-ce que ce problème créé, maintient ou soutient la séparation en classes dans la société ? · Y a-t-il certaines personnes qui gagnent en prestige ou en statut social grâce à l'existence de ce problème ? Qui sont-ils ? · Y a-t-il certaines personnes ou groupes de personnes qui perdent de l `importance ou du prestige à cause de ce problème ? Qui sont-ils ?
f) Structures culturelles (20 minutes) · Est-ce que notre culture et nos traditions favorisent la naissance, le maintien et le soutien de la situation ? · Quelles sont les valeurs culturelles et les traditions qui rendent plus sérieux ce problème? · Examiner le problème en relation avec des attitudes et des structures mentales.
g) Structures religieuses (20 minutes) · Quelles sont les structures religieuses ou les organisations ecclésiales qui pourraient être impliquées dans cette situation ? · Comment ces structures religieuses ou organisations ecclésiales favorisent-elles la création, l'assistance ou le maintien de ce problème ? · Est-ce que des structures religieuses ou ecclésiales profitent de cette situation ? · Est-ce qu'elles les utilisent pour maintenir leur importance ou même accroître le nombre de leurs membres ?
h) Structures mentales ou attitudes (20 min.) L'injustice est souvent causée par des structures injustes dans la société. Parfois, même si ces structures sont changées, le problème de l'injustice demeure à cause des attitudes et des mentalités des gens. Ces attitudes, parfois appelées structures mentales, sont très difficiles à changer. Pour changer des structures mentales ou des attitudes qui créent des situations injustes, une conversion est nécessaire. Cette conversion demande que les gens aient des esprits et des curs qui ont « faim et soif de justice ». · Quelles attitudes avons-nous qui aident à créer, maintenir et soutenir cette situation ? · Pouvez-vous reconnaître et nommer quelques attitudes que nous avons individuellement ou en groupes et qui aident à rendre cette situation très sérieuse ?
À la fin de cette première étape, il serait utile de prendre quelques instants pour répondre aux questions suivantes (15 minutes) : · Au terme de ces réflexions et discussions, arrivons-nous à une meilleure compréhension des causes du problème ? · Quels sont les plus importants éclairages ou nouvelles idées qui ont émergé ou qui ont été mis en lumière en cours d'analyse ?
Deuxième étape : Réflexion chrétienne sur le problème à la lumière des Ecritures (25 minutes). · Voir si la Bible et la tradition de l'Eglise peuvent jeter un nouvel éclairage sur la situation? · Qu'est-ce que la Bible dit à ce sujet ? |
Introduction Repères
Études de cas Exemples de lutte Études bibliques Propositions homilétiques Poèmes et prières Travail en groupes Avec les enfants
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