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Campagne Semaines Pascales 2003

Cahier d'Animation 2003

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Tradition africaine et Insécurité: «La sécurité de chacun se trouve dans la solidarité de tous»

Nul n'a besoin aujourd'hui d'être futé pour comprendre l'importance sans cesse croissante que prend la sécurité sur l'échelle des besoins de la société moderne en général et de notre pays, le Cameroun, en particulier.

En fait nous devions plutôt dire l'importance de l'insécurité dans la liste des fléaux de l'humanité. Car non seulement l'insécurité représente aujourd'hui le plus grand handicap au développement de nombreux pays, à l'intégration économique, notre sous-région par exemple, mais elle justifie de plus en plus sur le plan international ou interne des nations des comportements belliqueux (conflits frontaliers, guerres civiles, génocides ou guerres préventives)… des structures ou des actes de violence (justice populaire, représailles militaires, blockhaus autour des résidences, milices privées, comités de vigile ou d'auto-défense…), toutes choses qui rendent prisonniers sans pour autant apporter ni sérénité individuelle, ni paix sociale.

L'insécurité ressemble à une industrie industrialisante dont la matière première est la menace que l'individu ou la société sent peser sur son bien-être ou sur sa vie, en l'absence de toute protection préétablie et sûre. En général donc le sentiment d'insécurité engendre chez l'individu ou le groupe un réflexe de défense préventive qui entraîne à son tour l'insécurité chez les autres… pour finalement installer le conflit (ouvert, latent, ponctuel ou permanent, interne ou frontalier).

L'insécurité est d'ordre économique et social lorsqu'elle est liée à la pauvreté et la précarité, lesquelles sont elles-mêmes liées à l'exclusion ou aux inégalités sociales entretenues ou dans une moindre mesure naturelles.

Elle est d'ordre politique lorsqu'elle est la conséquence des violences d'Etat (violations multiformes des droits fondamentaux et/ou civiques, absence de l'Etat de droit, système judiciaire unique…)

Ce n'est donc pas par hasard si le grand banditisme, le crime organisé et la révolte primaire qui s'expriment dans les comportements sociaux agressifs, plongent le Cameroun dans le syndrome sécuritaire dans le courant des années d'ajustement structurel qui a multiplié les facteurs de précarité et apporté de nouvelles et nombreuses formes de pauvreté.

Mais, si l'insécurité devient un handicap majeur au développement et au bien-être général dans notre pays aujourd'hui, c'est moins parce qu'elle est nouvelle que parce qu'elle est exaspérée par un déficit du rôle de l'Etat comme garant du bien-être social de la nation.

Si la sécurité publique est une mission de l'Etat, c'est parce que l'insécurité est potentiellement existante dans la société. Elle exige donc une stratégie de prévention se traduisant par la création d'un système et des structures de protection des populations.

Dans la société traditionnelle camerounaise, du moins dans la province de l'Ouest dont nous pouvons parler en connaissance de cause, le problème de l'insécurité était résolu au mieux possible par un système structuré de solidarités et de générosités de toute nature, dont l'objectif était d'éviter l'individualisme , l'exclusion et la marginalisation sociales génératrices de précarité, voire de pauvreté existentielle.

On peut aujourd'hui retrouver le témoignage de cette culture de la sécurité collective dans le proverbe suivant : « La sécurité de chacun se trouve dans la solidarité de tous. »

Cette notion de solidarité dont la survivance est aujourd'hui qualifiée de « système traditionnel informel » peut se vérifier dans les mutuelles familiales, les tontines sociales ou économiques, les entraides inter-quartiers ou inter-familiales dans les zones rurales (travaux champêtres, construction des cases individuelles, et récoltes,'assistance collective relative à des événements heureux ou malheureux nécessitant un déploiement inhabituel des moyens humains, matériels ou financiers). Même s'il n'est pas écrit, ce « système informel » est parfaitement codifié et respecté par tous sur la base de la confiance mutuelle et selon les coutumes de chaque communauté.

La question à poser aujourd'hui, au regard de la faillite, ou à tout le moins des insuffisances de notre système moderne de protection sociale, c'est de savoir pourquoi un système de sécurité par la solidarité et la générosité qui a fait ses preuves dans l'intégration des plus démunis et la limitation de l'exclusion sociale ne peut pas être adopté par l'Etat, et associé au système moderne qu'il s'efforce de mettre sur pied. Tout est affaire de législation pédagogique.

Par Jean-Baptiste Sipa

Journaliste au Messager, Cameroun.

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Repères

Études de cas

Exemples de lutte

Études bibliques

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Poèmes et prières

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